Grève à La Poste au centre-ville de Besançon : "Les factrices et facteurs n'en peuvent plus"

Publié le 27/06/2026 - 13:23
Mis à jour le 27/06/2026 - 13:23

Après quatre jours de grève quotidienne de 59 minutes, de 11 h à 11 h 59, les factrices et facteurs de l'îlot Proudhon de La Poste à Besançon ne comptent pas mettre fin à leur mouvement. Leur objectif reste inchangé : obtenir une rencontre avec la direction afin d'exposer leurs difficultés et leurs revendications. Nous les avons rencontrés vendredi 26 juin.

Depuis mardi 23 juin, cinq des six factrices et facteurs de l'îlot Proudhon cessent le travail près d'une heure chaque jour. Ce mouvement fait suite à la réorganisation mise en place le 19 mai 2026 sur l'ensemble de la plaque de Besançon et du Haut-Doubs. Les agents dénoncent notamment "des suppressions d'emplois massives", "une charge de travail surdimensionnée" ainsi que "la publicité intégrée à la charge".

Une réorganisation jugée trop lourde

Présent aux côtés des grévistes, Julien Juif, co-secrétaire du syndicat Sud PTT et facteur depuis 30 ans sur un autre secteur bisontin, estime que la réorganisation mise en œuvre le 19 mai est devenue ingérable pour les équipes. "Cette réorganisation est trop conséquente. Ils n'arrivent pas à absorber toute la charge", résume-t-il.

Selon lui, cette situation trouve son origine dans la fermeture de l'activité de distribution des imprimés publicitaires assurée jusqu'au mois de mai par une filiale de La Poste.

"Jusqu'au mois de mai, les imprimés publicitaires étaient distribués par une filiale, Mediaposte. Cette activité a été fermée, ce qui a entraîné la suppression de 8.000 à 10.000 emplois, et toute cette charge a été redonnée aux factrices et facteurs. Depuis le 19 mai, ils et elles ont désormais cette charge supplémentaire sur leur vélo, qui est devenu un cargo tricycle. Avant, ils distribuaient uniquement le courrier. Aujourd'hui, ils assurent le courrier, les recommandés, les colis et les imprimés publicitaires, qui sont très difficiles et très lourds à distribuer", explique le délégué syndical.

Une baisse des effectifs dénoncée

Le représentant syndical souligne également la diminution importante des effectifs sur l'îlot Proudhon :

"Avant, il y avait 17 factrices et facteurs à l'îlot Proudhon. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 7,5 pour couvrir la Boucle, avec en plus la charge des imprimés publicitaires. Nous, au syndicat Sud, on l'avait dit dès le début : ça ne passerait jamais. Et force est de constater que, depuis un mois, les collègues n'y arrivent pas. Ils dépassent sans arrêt leurs horaires, ne parviennent plus à rendre un service public de qualité aux usagers. Ça pose un vrai problème."

Face à cette situation, Sud PTT demande à la direction de "recalculer de la charge convenablement et qu'on remette un emploi, voire deux tournées, pour faire passer la charge, afin que les usagers et les commerçants puissent recevoir leurs plis dans les délais et surtout que nos collègues aient des conditions de travail acceptables".

"Les conditions de travail n'ont fait que se dégrader"

Si le volume de courrier traité par La Poste diminue depuis près de 20 ans, Julien Juif estime que cela ne signifie pas pour autant une baisse de la charge de travail :

"Avant, la maison mère de La Poste comptait 360.000 salariés. En 15-20 ans, on a perdu la moitié des emplois. Effectivement, il y a moins de courrier, mais il y a une augmentation des colis et de la publicité, qui n'était pas distribuée auparavant par les factrices et facteurs. Cela fait 30 ans que je travaille à La Poste et je peux vous garantir que les conditions de travail n'ont fait que se dégrader."

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Selon Julien Juif, "d'ici un à deux ans", le centre de tri de Dijon devrait fermer. Le courrier des habitants de Franche-Comté serait alors redirigé vers d'autres centres de tri, notamment à Lyon, Strasbourg ou en Île-de-France.

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