"Il y a 40 ans, un cadre au chômage ça n'existait pas !"

Publié le 14/02/2014 - 11:00
Mis à jour le 14/02/2014 - 11:10

Face à une situation économique tendue, y compris en Franche-Comté, l’Apec reçoit de nouveaux cadres à la recherche d’emplois. Sa mission n’est plus simplement de l’accompagnement mais aussi une aide au retour sur le marché du travail. Entretien.

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Macommune.info : La région Franche-Comté compte t-elle de nombreux cadres et sont-ils touchés par le chômage ?

Annick Preux : "La région compte 13% d'effectif cadre. Ce n'est pas énorme mais cela augmente petit à petit. Il y a cinq ou six ans, c'était 11%. Même si ce n'est pas les premiers concernés, nous recevons des cadres au chômage. Les seniors sont aujourd'hui les plus touchés. Le recrutement des jeunes diplômés est aussi plus difficile. Il y a quelques années, les jeunes ingénieurs ne venaient pas nous voir, ils étaient quasiment recrutés sur le parking de leur école, comme l'ENSMM.

En 2013, les entreprises franc-comtoises interrogées dans le cadre de notre enquête nous avaient fait savoir qu'elles ne les recruteraient pas les jeunes diplômés ou jeunes cadres et finalement, au cours de l'année, une fois plus en confiance, elles ont procédé à des recrutements. Le taux de chômage des cadres en région reste inférieur à 4,2% et au niveau national.

Toutefois, si au départ l'Apec avait une simple mission d'accompagnement dans la carrière des cadres, elle se charge dorénavant aussi de leur retour à l'emploi. Il y a 40 ans, un cadre au chômage, cela n'existait pas ! C'est au début des années 90 que la situation a changé."

Y a t-il des flux importants : des départs de cadres francs-comtois vers d'autres régions ?

"On ne peut pas dire ça. La fuite de la matière grise franc-comtoise s'est faite il y a une dizaine d'années vers les deux gros pôles attractifs et proches que sont Paris et Lyon. Mais ce n'est plus vrai aujourd'hui. La notoriété des deux grandes écoles locales d'ingénieurs et le fait que les entreprises régionales jouent le jeu permettent même d'attirer des personnes des régions voisines.

La Suisse s'est également déjà montrée intéressée par nos jeunes diplômés mais en général, ce sont davantage les cadres confirmés qui s'y rendent."

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