La Sunday Assembly, Eglise sans Dieu ni messe, débarque à Paris

Publié le 29/09/2014 - 08:55
Mis à jour le 29/09/2014 - 08:55

Ca se passe le jour du Seigneur, on chante, parle, fait la quête comme à l’office, mais la comparaison s’arrête là: Paris a accueilli dimanche matin 28 septembre 2014 sa première Sunday Assembly, une Eglise sans Dieu ni messe.

INSOLITE

Cette "congrégation non religieuse" a été fondée à Londres en janvier 2013 par deux comédiens britanniques athées, Sanderson Jones et Pippa Evans, avec une idée simple: retrouver la chaleur d'une communauté une fois par semaine "pour célébrer la vie", sans référence à Dieu.
L'initiative a fait des petits dans le monde anglo-saxon. Un nouveau cap a été franchi dimanche matin avec la formation de 35 assemblées locales s'ajoutant au 28 existantes, et des implantations pour la première fois en France, Allemagne ou Belgique.
Onze heures à Paris, près de la porte de Clichy: une grosse centaine de bobos trentenaires ou quadras et de seniors décontractés se pressent dans une salle anonyme mais cosy. A l'heure de la prière pénitentielle dans les églises catholiques, Sanderson Jones lance deux chansons : "Alexandrie" de Claude François et "Hakuna Matata" (Disney). Le ton est donné, léger et décalé.
Le fondateur de la Sunday Assembly met l'assistance dans sa poche avec ses blagues, son franglais, son énergie communicative et sa barbe de hipster qui, s'amuse-t-il, peut faire penser à ces gourous "qui vivent au Nevada avec beaucoup d'armes". Pas de ça chez Sanderson Jones, qui n'a qu'une devise: "vivre mieux, aider souvent, s'émerveiller plus" ("live better, help often, wonder more").
Pas d'oraison ici mais un orateur, ce dimanche le philosophe Charles Pépin, qui postule que la joie est "plus folle, plus infondée" quand elle se passe de Dieu. Pas de lecture non plus, sinon celle d'un poème. Mais, comme à la messe, il y a un temps de recueillement en silence, que le "célébrant" appelle "moment de réflexion". Et même une quête pour couvrir au moins les frais de réservation de la salle. "On a piqué beaucoup de choses traditionnelles de l'Eglise", s'excuse Sanderson Jones tout en s'en amusant.
Julie, 36 ans, venue voir si cette "assemblée du dimanche" n'était "pas une secte", se dit plutôt convaincue par l'expérience. "J'ai bien rigolé. Le personnage est assez charismatique, il désamorce toutes les bombes", dit-elle.
"J'aime bien l'idée de communauté, de créer du lien à l'heure où les gens sont tellement isolés", confie pour sa part Norman Ancenys, 28 ans, lors du pot de l'amitié - sans alcool - offert par les organisateurs. "Moins le côté club Med", dit-il.
Sanderson Jones, jouant avec le cliché de la morosité des gens dans le métro parisien, prédit: "Si ça peut marcher à Paris, ça peut marcher partout dans le monde..."

(Source AFP)

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