Le plan de déconfinement de la France dévoilé mardi

Publié le 26/04/2020 - 09:48
Mis à jour le 26/04/2020 - 10:00

A deux jours de présenter son plan, le gouvernement doit faire des choix cruciaux pour sécuriser le déconfinement et le redémarrage de la France à partir du 11 mai, avec le défi de surmonter avec succès la complexité concernant les établissements scolaires. Les consultations vont bon train pendant tout le week-end car le Premier ministre Edouard Philippe a rendez-vous mardi 28 mars 2020 à 15 heures avec les députés pour présenter « la stratégie nationale du plan de déconfinement« . Un débat et un vote suivront cette prestation.

Édouard Philippe le 2 avril 2020 sur TF1 © Capture TF1  ©
Édouard Philippe le 2 avril 2020 sur TF1 © Capture TF1 ©

L'application de traçage "Stop Covid", qui doit permettre de retrouver les contacts avec des personnes porteuses du coronavirus, doit également être présentée à cette occasion. Sa mise au point pour le 11 mai constitue "un défi", souligne dimanche Cedric O, secrétaire d'Etat au Numérique, dans un entretien au Journal du Dimanche (JDD).

C'est un véritable exercice d'équilibriste auquel le gouvernement doit se livrer: relancer l'économie sans relancer l'épidémie. Et ceci avec le doute des Français qui ne sont que 39% à avoir confiance dans le gouvernement pour faire face efficacement au coronavirus, soit sept points de moins en une semaine, selon un sondage Ifop pour le JDD.

"Approximation" 

Dans un entretien à cet hebdomadaire, le président du Sénat Gérard Larcher (LR) a estimé que "la pénurie, le manque de masques et de tests" avaient été "gérés par l'approximation". Il a aussi reproché "les prises de paroles incessantes et contradictoires" de l'exécutif dans cette crise.

Le confinement est en vigueur en France depuis mi-mars pour bloquer la propagation du nouveau coronavirus qui, selon le dernier bilan samedi, a fait depuis le 1er mars 22.614 morts dans le pays. Dont 369 nouveaux décès en 24 heures. Les signaux d'une amélioration de la situation dans les hôpitaux perdurent avec le bilan quotidien de décès le plus faible enregistré depuis plus d'un mois (198 entre vendredi et samedi) et une baisse continue depuis 17 jours du nombre de patients en réanimation (4.725 personnes samedi soir).

Mais avec la levée progressive du confinement à partir du 11 mai, les questions fusent: masques obligatoires au collège, au lycée, dans les transports ? Combien de tests, pour qui ? Réouverture des commerces au niveau national, par régions ? Quid pour les entreprises? Et les vacances d'été ? Le Conseil scientifique chargé d'éclairer le gouvernement a livré samedi soir ses recommandations pour une "levée progressive et contrôlée du confinement". Dans deux documents, l'un centré sur l'école et l'autre sur les modalités générales du déconfinement à un horizon de deux mois.

Il y précise notamment qu'il était favorable plutôt à ce que crèches et établissements scolaires restent fermés jusqu'en septembre. Mais il dit avoir pris "acte de la décision politique" du gouvernement de les rouvrir progressivement dès mai, en "prenant en compte les enjeux sanitaires mais aussi sociétaux et économiques".

Cette instance présidée par le professeur Jean-François Delfraissy préconise notamment le port obligatoire d'un masque antiprojection, industriel ou artisanal, dans les collèges et les lycées, à la fois pour le personnel et pour les élèves.

Déjeuner en classe 

Elle suggère aussi le déjeuner en classe, la prise de température à la maison par les parents, des stratégies dans les établissements pour éviter les brassages d'élèves. Tout en écartant la faisabilité et l'intérêt d'un dépistage massif des élèves et des personnels. "Avec cette note du Conseil scientifique, nous avons la base pour l'élaboration du protocole sanitaire annoncé pour donner un cadre sûr au déconfinement scolaire. Ce protocole national sera la référence de tous les acteurs pour la préparation de rentrée", a tweeté Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale.

Au-delà des questions scolaires, le Conseil scientifique préconise aussi d'autoriser les déplacements d'une région à l'autre par transports en commun si les mesures de précaution sont respectées. Mais il déconseille "fortement" les déplacements internationaux "durant les mois suivant la période de sortie de confinement", les voyageurs s'exposant à des risques de mise en quarantaine à l'étranger comme à leur retour en France.

En visite samedi dans un laboratoire de tests de Saint-Denis, son premier déplacement depuis un mois, le ministre de la Santé Olivier Véran a réaffirmé l'objectif de pouvoir "réaliser au moins 500.000 à 700.000 tests par semaine", contre plus de 50.000 par jour actuellement. L'objectif est de pouvoir tester toutes les personnes présentant des symptômes ainsi que celles ayant été en contact rapproché avec des cas confirmés de coronavirus.

En revanche, tester l'ensemble des Français serait "impossible" et "n'a pas de sens au niveau médical", a-t-il répété, alors que certaines entreprises entendent dépister leurs salariés.

(Source AFP)

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