Police : Le Roux veut "repositionner l'exigence de formation au cœur de l'institution"

Publié le 26/02/2017 - 11:03
Mis à jour le 26/02/2017 - 11:03

Le ministre de l’Intérieur, Bruno Le Roux qui a officiellement installé, vendredi 24 février 2017, la nouvelle direction du recrutement et de la formation de la police nationale, entend « repositionner l’exigence de formation au cœur de l’institution« .

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déontologie

En déplacement à Sens (Yonne) où il a participé à la cérémonie de sortie de la 242e promotion d'élèves gardiens de la paix, le ministre a indiqué vouloir faire de la formation initiale et continue, la clef de voûte permettant aux policiers de s'adapter "aux évolutions de la société, des techniques, du droit et des phénomènes criminels", alors qu'environ 9.000 nouveaux policiers auront été recrutés sous le quinquennat.

Lancée par Bernard Cazeneuve, le 2 juin 2016, la réforme de la formation dans la police nationale se traduit par la création d'une nouvelle Direction centrale du recrutement et de la formation (DCRFPN) et l'installation d'un nouveau patron, Philippe Lutz. "Cette nouvelle direction renforce la formation des policiers, la qualité des enseignements dispensés, la compétence des agents et, au bout du compte, la qualité du service rendu aux Français", a souligné M. Le Roux dans un communiqué.

150.000 policiers concernés

Plus de 150.000 policiers sont concernés par cette réforme structurelle qui aura également des impacts concrets sur la pratique au quotidien de leur métier.

Lors de son déplacement dans l'Yonne, M. Le Roux en a profité pour tacler la précédente majorité qui avait choisi de supprimer cette direction. "En 2010, l'ancienne Direction de la formation avait été supprimée au nom d'impératifs purement comptables : cela s'appelait, à l'époque, la RGPP. Cette politique avait alors entraîné un émiettement des structures de formation, ce qui avait considérablement affaibli la capacité de la Police concevoir, animer et coordonner une véritable stratégie nationale de recrutement et de formation des agents", a déclaré M. Le Roux.

Insister sur la déontologie du métier

Si l'objectif d'adaptation de la formation doit répondre au contexte sécuritaire marquée par la menace terroriste ou le nouveau cadre législatif (nouvelle doctrine d'emploi pour l'armement, les équipements de protection, etc.), il insiste également sur les aspects déontologiques du métier. "Le rôle des Écoles de Police, c'est de dispenser les compétences, les savoirs et les savoir-faire nécessaires pour que vous puissiez exercer avec efficacité le dur métier de policier. J'entends par là les connaissances théoriques et techniques. Les gestes réglementaires. Le travail en équipe. Mais aussi les valeurs républicaines au nom desquelles vous serez amenés à agir et que vous devrez défendre, et même illustrer, en toutes circonstances", a affirmé M. Le Roux, alors que la polémique suite à l'affaire Théo reste vive.

Le 2 février, ce jeune homme noir de 22 ans était victime d'un viol présumé au moyen d'une matraque, lors d'une interpellation brutale à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

"Nous allons augmenter le nombre de formateurs aux techniques de sécurité et d'intervention sur la voie publique", a précisé le ministre. "Nous élaborons un "référentiel métier" détaillant l'ensemble des compétences que l'on attend sur un premier poste. Il permettra d'élaborer des programmes adaptés ; celui des gardiens de la paix n'existe pas encore, nous allons le créer", a-t-il complété.

Le nombre d'élèves actuellement en formation s'élève à 3.647 gardiens de la paix, 1.206 adjoints de sécurité et 222 cadets de la République.

(Source AFP)

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