Lutte contre le cancer à l'EFS de Besançon : un médicament "vivant" pour vaincre la leucémie

Publié le 24/03/2019 - 12:45
Mis à jour le 24/03/2019 - 16:04

C’est une première mondiale. Après cinq années de recherche, les Dr Christophe Ferrand et Dr Marina Deschamps aidés de  leur équipe de l’établissement français du sang Bourgogne Franche-Comté à Besançon ont développé de nouvelles immunothérapies dans le traitement de la leucémie. La création d’une start-up est en réflexion afin de lever deux à quatre millions d’euros.

L'équipe de chercheurs de l’Établissement français du sang (EFS) vient de mettre au point un médicament « vivant » pour combattre la leucémie. En 2016, cette même équipe de l’Unité mixte de recherche 1098, hébergée au sein de l’EFS  - sous la tutelle de l’INSERM, de l’EFS, et de l’Université de Bourgogne-Franche-Comté  - avait découvert un traitement afin d’éviter les complications liées au rejet pour les patients greffés de moelle osseuse (voir notre article).

Des cellules-suicides

Afin d’éviter que les cellules du système immunitaire ne s’attaquent aux cellules saines du patient, un processus de « cellules suicides » couplées à un « interrupteur » avait été imaginé : dès que les cellules saines sont attaquées, l’interrupteur est placé sur off et un gène suicide est activé, donnant l’ordre aux cellules de se « suicider ».

Une découverte qui ouvre une nouvelle voie  Une fois que l’on a su faire cela, on a migré vers l’immunothérapie cellulaire pour mieux cibler la tumeur” explique le Dr Christophe Ferrand, également biologiste médical, et responsable du laboratoire d’Onco-Hématologie Moléculaire, et qui habite à Dampierre dans le Jura (ancien 1er adjoint et ancien Vice-Président de la Communauté de communes Jura Nord).

Une approche non chimique

L’immunothérapie vise à mobiliser les lymphocytes T (les globules blancs). Il s'agit d'une approche non chimique qui utilise notre  système immunitaire, ou celui d’un donneur sain, pour lutter contre le cancer. "Ces cellules sont modifiées ici, en laboratoire, pendant dix jours".

Les « CART-Cells », nouvelles armes de destruction massive

Ces cellules sont infectées avec un virus modifié et sécurisé. Ce dernier va apporter un nouveau gène à cette cellule appelée CART-cells, explique Marina Deschamps, chercheur en thérapie cellulaire et génique. "Pendant ces dix jours, nous prenons des petits bouts de molécules, mis bout à bout, pour créer un récepteur spécifique de la tumeur que l’on fait exprimer par la cellule la plus tueuse de notre organisme, le lymphocyte T" .

Il s'agit en fait d'un traitement « à la carte », mieux ciblé, évitant les prises en charge lourdes telles que chimiothérapies et radiothérapies traditionnelles, qui s’en prennent également aux cellules saines avoisinantes. A terme, ce médicament à large spectre pourrait aussi combattre contre d’autres types de cancers.

Une start-up pour lever deux à quatre millions d’euros

Depuis la découverte, les essais sur des souris humanisées et immuno-déficientes ont été validés. "Nous leur avons injecté une leucémie, puis nos cellules génétiquement modifiées. Cela a fonctionné, et nous sommes parvenus à contrôler la prolifération tumorale. Mais il faudra passer aujourd’hui d’une souris de 100 grammes à un humain de 70 kg", explique le Dr Ferrand.

Un premier brevet a été déposé en 2017, puis étendu à l’international en 2018. Évalués et validés par leurs pairs, les travaux des chercheurs ont fait l’office d’une publication dans une revue scientifique internationale.

Désormais, deux difficultés se posent à l’équipe. D’une part, la réglementation liée aux médicaments de thérapie innovante (MTI), naissante à ce jour. "Elle s'appuie sur la réglementation existante des médicaments classiques, ce qui est problématique, car les méthodologies sont totalement différentes" explique le scientifique.

Second écueil : les financements pour espérer un jour voir cette thérapie appliquer à l’homme. Deux à quatre millions d’euros seraient nécessaires pour faire la preuve du concept. "Aujourd’hui, les sphères publiques et académiques n’ont pas cette force de financement. Nous réfléchissons donc à l’éventualité d’un partenariat public-privé, via la création d’une start-up". Une nouvelle casquette d’entrepreneurs pour les biologistes. Malgré tout, face aux États-Unis, à la Chine et aux grands laboratoires pharmaceutiques, la France affiche un sérieux retard dans ces recherches innovantes.

Les Drs Deschamps et Ferrand espèrent obtenir l’autorisation de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) d’ici 2022, signifiant la mise sur le marché du médicament. D’ici là, des citoyens ont spontanément lancé une cagnotte en ligne afin de soutenir financièrement la démarche des chercheurs.

  • Une cagnotte pour soutenir le projet a été mise en ligne sur le site internet Leetchi

CG

Santé

Comment connaître la qualité de l’eau du robinet dans sa commune ?

En France, l’eau du robinet fait l’objet d’un suivi sanitaire permanent assuré par les Agences régionales de santé (ARS). Les consommateurs peuvent désormais accéder facilement aux résultats des contrôles grâce à des outils en ligne proposés par le ministère chargé de la Santé.

Alerte pollinique en cours sur toute la Bourgogne-Franche-Comté

Le temps ne fait rien à l’affaire, entre chaque averse, la pollinisation des arbres est bel et bien présente rappelle Atmo Bourgogne-Franche-Comté dans son bulletin du 18 février 2026. Le pic de pollen sera atteint ce mercredi où le risque allergique est jugé « élevé » par l’organisme en charge du contrôle de la qualité de l’air. 

Gel des tarifs des complémentaires santé : l’UFC-Que Choisir Besançon-Belfort veut faire appliquer la loi

INTERVIEW • Alors que les tarifs des complémentaires santé ne cessent d’augmenter, la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 prévoit un gel exceptionnel des cotisations. Une mesure contestée par les organismes assureurs, qui refusent pour l’instant de l’appliquer. À l'UFC-Que Choisir Besançon–Territoire de Belfort, son administrateur Jean-Pierre Courtejaire appelle au respect de la loi et invite les assurés à faire valoir leurs droits. Il revient pour nous sur les enjeux juridiques, économiques et politiques de ce bras de fer inédit entre pouvoirs publics, complémentaires santé et défenseurs des consommateurs.
 

Noisetier, cyprès, aulne, frêne : les pollens d’hiver bien installés en Bourgogne Franche-Comté

Selon le bulletin pollinique publié jeudi 12 février 2026 par Atmo Bourgogne Franche-Comté, les conditions météorologiques prévues pour cette semaine devraient rester pluvieuses et humides. Ces conditions sont favorables pour maintenir les pollens déjà présents dans l’air plaqués au sol, offrant ainsi un certain soulagement aux personnes allergiques.

Municipales à Besançon : quatre candidats détaillent leurs priorités pour la santé avec la CPTS

À l’approche des élections municipales, la Communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) CaPaciTéS Besançon et Métropole a interrogé les candidats à la mairie de Besançon sur leurs priorités en matière de santé. Objectif affiché : mieux comprendre "quels choix demain pour la santé des Bisontins" et "comment agir ensemble pour améliorer l’offre de soins " selon la CPTS. Quatre candidats sur six ont répondu à cette sollicitation : Éric Delabrousse, Ludovic Fagaut, Séverine Véziès et Anne Vignot.

La CPAM du Doubs recrute un.e infirmier.e du service médical

offre d’emploi, infirmier(e) • La CPAM du Doubs recrute un·e infirmier·e du service médical pour intégrer sa Direction Médicale à Besançon.
Le poste propose des missions médico-administratives, d’accompagnement des professionnels de santé et de contribution à la qualité des prises en charge, au sein d’un organisme public engagé au service de la solidarité nationale.

Top départ de la 6e édition de Tout Besançon donne

L’Établissement français du sang (EFS) Bourgogne-Franche-Comté lance la 6e édition de l’opération Tout Besançon Donne, qui se déroulera du 4 février au 4 mars 2026. Cette mobilisation vise à sensibiliser largement les habitants du Grand Besançon au don de sang et de plasma, en s’appuyant sur un réseau de partenaires locaux et d’ambassadeurs engagés.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 9.87
couvert
le 22/02 à 18h00
Vent
2.79 m/s
Pression
1026 hPa
Humidité
81 %