Salariés exposés à l'amiante : 40.000 euros d'amende avec sursis requis contre l'hôpital de Besançon

Publié le 14/06/2018 - 20:52
Mis à jour le 15/06/2018 - 09:45

Une peine de 40.000 euros avec sursis a été requise jeudi contre l'hôpital de Besançon, jugé en appel pour avoir mis en danger la vie de ses salariés en les exposant délibérément à l'amiante pendant plus de quatre ans. 

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La décision de la cour d’appel de Besançon a été mise en délibéré au 18 octobre à 13H30. L’avocat général, Jean-François Parietti, a requis la confirmation du jugement de première instance. Le Centre hospitalier régional universitaire (CHRU) Jean Minjoz avait été condamné à 40.000 euros d’amende avec sursis pour « mise en danger d’autrui par violation manifeste et délibérée d’une obligation réglementaire de sécurité », d’avril 2009 à juin 2013.  

La direction de l’établissement a fait appel de cette décision« pour expliquer tout ce qu’on a mis en oeuvre et tout ce qu’on a fait du mieux qu’on a pu »face à l’amiante, a déclaré la directrice, représentante morale de l’établissement.« Il y a toute une équipe qui, à partir de 2009, a pris à bras-le-corps ce dramatique problème et a agi. Elle ignorait le poids de l’amiante », a-t-elle affirmé. 

La présence d’amiante à l’hôpital Jean Minjoz a été clairement établie en 2006 et des travaux de désamiantage ont débuté en 2009. En 2011, un rapport de l’Inspection du travail avait déjà conclu à une « mise en danger délibérée de la vie d’autrui »

À plusieurs reprises, des salariés des services technique et sécurité incendie se sont trouvés en présence de poussières d’amiante, voir « tout blanc d’amiante », sans protection et sans savoir qu’ils étaient exposés à cette poudre cancérigène. 

Pour Me Anne-Sylvie Grimbert, avocate de l’intersyndicale et de la cinquantaine de salariés qui se sont portés partie civile « la mauvaise volonté du CHRU est assez évidente »et sa gestion du risque amiante est « calamiteuse »« Il n’y a pas eu d’évaluation des risques, donc évidemment il n’y avait pas de prévention », a renchéri Me Michel Ledoux, avocat de la fédération santé CFDT et de l’Andeva (Association nationale de défense des victimes de l’amiante). « On est dans la délinquance de l’indifférence et de l’indifférence qui se répète », a-t-il ajouté. 

C’est la première fois qu’un établissement public, et de surcroît un hôpital, est visé pour « mise en danger »de salariés concernant le risque amiante. Jusqu’à présent, un seul salarié du centre hospitalier régional, parti en retraite en 1995, a été diagnostiqué malade de l’amiante, selon l’intersyndicale. Ce dernier n’est pas concerné par ce procès.

(AFP)

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