Alerte Témoin

Vote sous tension à l'Assemblée sur le Ceta

Publié le 23/07/2019 - 09:48
Mis à jour le 23/07/2019 - 09:48

Après des débats musclés, l'Assemblée s'apprête à voter ce mardi 23 juillet vers 16h15 la ratification du controversé traité de libre-échange entre l'UE et le Canada (Ceta), "positif" pour l'économie française selon ses défenseurs, mais porteur de "risques" environnementaux et sanitaires d'après ses opposants.

drapeau canada ceta
© greg70 CC0 PXB

Le texte, entré pour partie en vigueur de manière provisoire il y a bientôt deux ans, suscite des réticences jusque dans la majorité LREM-MoDem, où a minima des abstentions pourraient être observées.

Lundi, l'ex-ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot a appelé dans une lettre ouverte les parlementaires à avoir "le courage de dire non" à ce traité, qui risque à ses yeux d'ouvrir la porte à des substances dangereuses par un abaissement des normes sanitaires.

Une ratification irait "dans le bon sens", lui a répondu Emmanuel Macron, tout en réaffirmant la nécessité de s'assurer qu'il soit "bien mis en oeuvre". Le chef de l'Etat a souligné que l'ex-ministre s'était "battu pour améliorer" le texte de l'accord.

Négocié pendant plus de sept ans, l'"Accord économique et commercial global" (AECG) - en anglais Ceta - avait été approuvé par le Parlement européen en février 2017. Il doit être ratifié par les 38 assemblées nationales et régionales d'Europe, d'où son passage par l'Assemblée, puis au Sénat à une date qui reste à définir. Treize Etats dont l'Espagne et le Royaume-Uni l'ont déjà ratifié.

Le Ceta, qui supprime notamment les droits de douanes sur 98% des produits échangés entre les deux zones, est vivement critiqué par agriculteurs et ONG, et les oppositions de droite comme de gauche.

Son examen au Palais Bourbon mercredi dernier avait donné lieu à environ 10 heures de vifs échanges, jusque tard dans la nuit.

Alors que le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian avait loué d'emblée un "accord important" dans un climat mondial "préoccupant", les socialistes avaient défendu en vain une motion de rejet, repoussée par seulement 136 voix contre 110. Les LR avaient ensuite plaidé sans succès pour un "ajournement" de la ratification (134 voix contre 116).

Initialement, le texte devait être soumis à un vote "simple" dans la foulée des débats. Mais après des protestations de l'opposition, le sujet donnera finalement lieu à un scrutin public, mardi après les questions au gouvernement dans l'après-midi.

Ceta et Greta en même temps

Hasard du calendrier, ce vote se déroulera lors d'une journée copieuse à l'Assemblée, marquée aussi par la visite de l'égérie suédoise de la lutte contre le changement climatique Greta Thunberg, laquelle n'est pas la bienvenue aux yeux de certains députés LR et RN.

Sébastien Chenu, porte-parole du RN, a dénoncé lundi sur BFMTV un "coup de com'", alors qu'"une heure après" la majorité "va nous demander de voter ce traité avec le Canada qui ruine notre agriculture".

Julien Aubert (LR), qui taxe aussi l'adolescente de 16 ans de "prophétesse en culottes courtes", a relayé le double risque pointé par son groupe sur la viande bovine: "sanitaire" et de "déstabilisation de la filière bovine". "Acheter à l'autre bout du monde une viande qu'il est possible de produire soi-même", c'est "une erreur écologique", avait-il grincé dans l'hémicycle.

Plusieurs élus d'opposition se sont aussi inquiétés de l'importation de viande nourrie par des farines animales interdites en France. "Fake news", rétorque le président de la commission des Affaires économiques Roland Lescure (LREM), soulignant que seules 36 fermes canadiennes peuvent exporter aux normes européennes.

"Nous ne transigerons jamais sur la santé et la qualité de l'alimentation", a insisté le secrétaire d'Etat Jean-Baptiste Lemoyne dans un entretien à l'Yonne Républicaine.

"Capitulation"

Les UDI et indépendants, "très majoritairement contre", ont évoqué de "vraies menaces", et "Libertés et Territoires" l'"accord de trop".

PS, PCF et LFI ont critiqué à l'unisson un texte "incompatible avec les accords de Paris" et avec un "veto" climatique "introuvable".

Ce traité "négocié dans l'ombre" permettrait "éventuellement à des industriels, à de grands groupes puissants canadiens, de venir contester ce que nous avons voté ici", fustige le Premier secrétaire du PS Olivier Faure. "Le principe de précaution est battu en brèche", déplore Hubert Wulfranc (PCF).

Le Ceta, "c'est la fin de notre souveraineté populaire, la capitulation du pouvoir politique", selon l'Insoumise Mathilde Panot.

(AFP)

1 Commentaire

Monsieur Alauzet ex Vert , ex Socialo puis Lrem par intéret , va t-il nous dire s'il vote pour ou contre cette ratification ??? les Bisontins veulent savoir , ils n'ont pas envie de viande aux hormones , ni de soja OGM , ni de glyphosate largement utilisé dans les pays du CETA notamment le Brésil , l'Argentine et le Canada !!!!! ce fameux glyphosate pour lequel vous en avez prolongé son utilisation aux agriculteurs ( céréaliers , viticulteurs ) et interdit pour les particuliers !!!!
Publié le 23 juillet 2019 à 16h45 par yvon belin • Membre

Un commentaire

Laisser un commentaire

Nature

Déminer les guerres de l’eau

Alors qu'une nouvelle sécheresse est crainte pour cet été, l'eau génère en France "convoitise et concurrence, parfois de façon intense", notamment en agriculture, indique un rapport de l'Assemblée nationale présenté en fin de semaine et qui propose 25 recommandations pour remédier aux "conflits d'usage" qui se multiplient.

Peut-on faire pousser un palmier en Franche-Comté ?

Avec l'été qui approche à grands pas vient l'envie de retourner dans son jardin. Et même en Franche-Comté, certains d'entre nous rêvent pour leur espace vert de bambous, cactus, bananiers, palmiers et autres plantes exotiques. Problème : ces végétaux originaires de pays chauds pourront-ils s'adapter au climat régional peu clément une fois l'été passé ? maCommune.info vous donne ses conseils pour réussir à créer et garder en vie votre jardin exotique…

Touche pas au blaireau

EELV Bourgogne-Franche-Comté s'inquiète de la chasse sous terre au blaireau. Le parti explique que 49 consultations publiques sont en cours pour des projets d'arrêtés qui prévoient d'autoriser, pour la saison prochaine, la vénerie sous terre. Les départements de la Nièvre, la Côte d’Or, le Doubs et la Saône-et-Loire sont concernés 

Risque de sécheresse pour 53 départements

Plus de la moitié des départements français sont exposés à des degrés divers à un risque de sécheresse estivale, selon une prévision rendue publique jeudi par le ministère de la transition écologique et solidaire, qui veut ainsi améliorer l'anticipation à ce phénomène. La Haute-Saône fait partie des 11 départements où le risque est "très probable". Dans les autres départements de Bourgogne-Franche-Comté, le risque est "probable".
Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

 13.68
légère pluie
le 07/06 à 9h00
Vent
2.85 m/s
Pression
1009 hPa
Humidité
93 %

Sondage

MUNICIPALES 2020

Les résultats dans votre commune