Au cours d’une vie, nous consommons en moyenne près de 30 tonnes d’aliments. Oui, trente mille kilos.
De quoi remplir plusieurs camions… qui passeront pourtant tranquillement par notre assiette, repas après repas.
Ce chiffre peut sembler abstrait. Pourtant, il dit quelque chose de très concret : l’alimentation est l’une des influences les plus constantes sur notre organisme.
On réduit souvent notre assiette à une question d’énergie ou de calories. Pourtant, chaque repas apporte des nutriments qui participent au renouvellement des cellules, au fonctionnement du métabolisme, à l’équilibre du microbiote intestinal et à de nombreux mécanismes essentiels à notre santé.
Autrement dit, nous construisons et entretenons notre organisme avec ce que nous mangeons.
La recherche scientifique confirme aujourd’hui que les habitudes alimentaires influencent de nombreux processus biologiques : inflammation, santé cardiovasculaire, équilibre digestif ou métabolisme. Mais ces effets ne se jouent pas sur un repas isolé. Ils résultent surtout de l’accumulation de milliers de repas au fil des années.
C’est précisément cette accumulation qui rend l’alimentation si déterminante. Un repas imparfait n’aura que peu d’impact. En revanche, des habitudes répétées dans la durée peuvent progressivement influencer notre santé, en bien… ou en moins bien.
La prévention nutritionnelle ne repose pas sur la perfection, mais sur des habitudes simples dans la durée. Après tout, depuis l’Antiquité, on rappelle déjà que l’alimentation pourrait bien être notre première médecine...
Quand un geste aussi quotidien que manger influence autant notre organisme, il est étonnant qu’en santé globale on ne s’interroge pas davantage sur ce que le patient mange — ou a pu manger — au fil des années. Après tout, cela peut parfois suffire à bouleverser bien des équilibres.
Valentine Caput, Diététicienne Nutritionniste à Besançon


