Un acte 29 des Gilets Jaunes dans le calme ce samedi à Besançon

Publié le 01/06/2019 - 18:01
Mis à jour le 01/06/2019 - 18:01

Mise à jour à 17h55 • Une nouvelle mobilisation des Gilets Jaunes se déroule ce samedi 1er juin 2019 depuis 14h00 place de la Révolution à Besançon.
 

 © Hélène Loget
© Hélène Loget

La circulation des Bus et des tramways a été à nouveau perturbée dans l'après-midi, notamment au centre-ville. Les manifestants sont partis vers Battant pour s'arrêter un "long moment à la gare", indique la Préfecture qui précise à 17h55 que l'acte 29 s'est déroulé dans le calme "sans gêne ni interpellation". Ils se sont ensuite dirigés vers la prison et la préfecture pour s'orienter vers le commissariat.

D'après les chiffres du ministère de l'Intérieur, qui sont toujours contestés par les "gilets jaunes", 2.600 manifestants ont été dénombrés dont 1.300 à Paris, soit un peu moins que la semaine passée. "Justice sociale, justice fiscale", "anti, anti, anticapitaliste", "Macron démission pour un monde meilleur" pouvait-on lire et entendre dans les cortèges. Mais certains manifestants n'hésitent plus à afficher leur blues. Comme Josiane mobilisée dès la première heure depuis le mois de novembre et présente dans les rues de Toulouse, l'une des places fortes du mouvement, où seules quelques centaines de personnes étaient réunies samedi.

"C'est la première fois qu'il y a si peu de monde à Toulouse, ça me fait mal au cœur. Le gouvernement, le pouvoir, ils sont trop forts, au final on n'a rien gagné et en plus on s'est fait insulter et taper dessus", déplore cette retraitée.

Un essoufflement ?

Après des mois de mobilisation variable, attirant de plusieurs dizaines de milliers à plus de 280.000, les dernières semaines ont en effet montré un essoufflement de la mobilisation : le 18 mai, ils étaient environ 15.500 à travers la France, et 12.500 le 25.

Pourtant beaucoup dans les cortèges gardent espoir.

"On ne lâche rien ! Les médias disent que le mouvement est mort mais c'est faux", affirme Sandrine 53 ans, de Massy-Palaiseau, auxiliaire familiale, présente chaque samedi depuis le 17 novembre. "On est hyper résistants. Il y aura peut-être un petit creux pendant l'été, mais en septembre ça va repartir de plus belle".

"Le mouvement va continuer", abonde Luca, 48 ans, également dans le cortège parisien qui imagine "à long terme des organisations de démocratie directe au niveau local" issues du mouvement.

"Pour continuer à venir, il faut vouloir aller au-delà, penser un peu politiquement, structurer l'élan qu'a été les +gilets jaunes+. Mais pas dans un parti, en tout cas", estime Jean-Marc, 64 ans, enseignant à la retraite, de Créon, dans la grande banlieue de Bordeaux.

Pour lui les "quelques mesurettes du gouvernement ont pu donner un peu d'oxygène à certains, mais la souffrance est toujours là. Des gens au point de rupture, j'en vois toujours".

Même constat à Montpellier pour Eric, 61 ans, qui est balayeur pour la ville: "J'ai grandi en HLM. Depuis tout petit, je constate trop d'inégalités. Je suis +gilet jaune+ depuis que je suis né, et encore pour longtemps. Même si ça dure encore deux ans, je serai là".

Des policiers jugés pour violences

Des manifestants qui dénoncent tous par ailleurs la "répression policière". Cette semaine le procureur de Paris a assuré que des policiers seraient jugés pour violences lors des manifestations, suscitant la colère des organisation syndicales de la police.

"Cela reste de la communication, l'arbre qui cache la forêt et je pense que l'on est loin du compte donc j'appelle tous les blessés à aller porter plainte", a commenté Jérôme Rodrigues, figure du mouvement, qui a lui-même perdu un œil le 26 janvier.

Selon le procureur de Paris, 171 enquêtes ont été confiées à l'inspection générale de la police nationale (IGPN) et trois à l'inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN). Les investigations sont désormais terminées pour 57 d'entre elles et le parquet doit décider d'éventuelles suites judiciaires.

Depuis le début du mouvement le 17 novembre, 2.448 personnes ont été blessées côté manifestants et 1.797 parmi les forces de l'ordre, selon des chiffres du ministère de l'Intérieur arrêtés au 13 mai.

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