Congrès des maires de France : Macron défend pied à pied ses projets pour les collectivités

Publié le 24/11/2017 - 09:58
Mis à jour le 24/11/2017 - 09:59

Ferme malgré quelques huées, Emmanuel Macron a présenté, lors du Congrès des maires de France à Paris jeudi 23 novembre 2017, devant plusieurs milliers de maires inquiets, ses projets pour les collectivités locales, dont une refonte des impôts locaux, sans rien lâcher sur les économies qu'il leur demande.

MacronMicronoraBesanon140.JPG
© damien poirier
PUBLICITÉ

Arrivé sous quelques sifflets, le chef de l’Etat a conclu son plaidoyer d’une heure et quart devant un auditoire finalement amadoué. Comme il le demandait à ses partisans durant sa campagne, il a enjoint aux maires, rétifs à la suppression de la taxe d’habitation et aux économies demandées aux collectivités, de ne pas le siffler. « Les sifflets ne m’ont jamais beaucoup étourdi », a-t-il rétorqué, « je n’ai pas peur d’affronter une grogne lorsque l’action publique l’exige ».

La suppression de la taxe d’habitation n’est que le premier acte…

Principale annonce : le chef de l’Etat a souhaité pour 2020 la « mise en oeuvre (d’)une refonte profonde de la fiscalité locale et notamment communale ». La suppression en trois ans de la taxe d’habitation pour 80% des Français « n’est que le premier acte d’une réforme ambitieuse des finances locales », a-t-il promis. Il a même laissé entendre que cette taxe pourrait disparaître à terme car si cet impôt « n’est pas bon pour 80% des ménages, il y a peu de chances qu’il soit bon pour les 20% restants ». « Je veux garantir pleinement votre autonomie financière et fiscale », a ajouté M. Macron, répondant à une priorité des élus locaux. 

Le chef de l’Etat est en revanche resté intransigeant sur l’objectif de limiter à 1,2% par an la hausse des dépenses de fonctionnement des collectivités, tout en annonçant que cet impératif serait modulé en fonction de la situation économique et budgétaire locale. « Notre pays aime la finance magique où on peut baisser les impôts sans que la dépense publique ne baisse », a-t-il fait valoir, en réponse à quelques mouvements d’humeur.

« J’ai besoin de vous »

« J’ai besoin de vous », a lancé celui qui n’a jamais été maire pour apaiser des élus en mal de reconnaissance, « parce que le pays ne réussira que parce que partout sur les territoires, il y a les engagés que vous êtes ». « Ce que je vais vous dire n’a pas toujours vocation (…) à vous contenter », mais a vocation « en tous cas à être appliqué », a-t-il néanmoins prévenu en préambule. 

Le président de l’Association des maires de France (AMF), François Baroin, avait auparavant vivement critiqué les mesures d’encadrement des dépenses et des emprunts des collectivités prévues par l’exécutif. 

« Contrats léonins »

Tout en ménageant globalement le chef de l’Etat, les maires sont très remontés contre les décisions prises depuis l’été qui ont un impact sur les finances et le fonctionnement des communes. L’objectif de 13 milliards d’euros d’économies de leurs dépenses sur cinq ans cristallise leur mécontentement, ainsi que la baisse des aides au logement, la diminution des emplois aidés et l’exonération pour 80% des foyers de la taxe d’habitation, compensée par l’Etat. Pour apaiser les maires, le chef de l’Etat a en outre promis de ne pas toucher à la carte territoriale ni de « forcer aux regroupements de communes ». 

Emmanuel Macron a également annoncé une réforme de la fonction publique territoriale et la création d’une « agence de la cohésion des territoires » pour accompagner les projets locaux. Autre nouveauté, une réforme constitutionnelle qui permettra un droit à l’expérimentation des collectivités, sans nécessairement une extension nationale, et la possibilité d’adapter les normes aux situations locales. 

Il prévoit enfin une « conférence du consensus » sur le logement début décembre, qui préparera la loi logement de 2018, avec des mesures encourageant la construction tout en réduisant les aides au logement. 

L’exécutif entend à présent des 300 plus importantes collectivités (régions, départements, grandes villes…) qu’elles signent un « contrat » sur la maîtrise de leurs dépenses. François Baroin a dénoncé des contrats « léonins » qui n’en sont pas vraiment, car « obligatoires et assortis de sanctions ». 

Dans la résolution finale de leur 100e congrès, les maires maintiennent leur menace de « suspendre leur participation à la conférence nationale des territoires », prévue mi-décembre, si leurs revendications n’étaient pas prises en compte. L’AMF se réserve également la possibilité de saisir le Conseil constitutionnel pour défendre leur autonomie financière.

(Source : AFP)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Dans la catégorie

Voile au conseil régional : les réactions en Bourgogne Franche-Comté

Voile au conseil régional : les réactions en Bourgogne Franche-Comté

Mise à jour à 14h14 • Suite à l'attitude de l'élu RN qui avait pris à partie vendredi 11 octobre 2019 au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté une mère voilée accompagnatrice d'un groupe d'enfants, le groupe d'Europe Écologie - Les Verts Bourgogne Franche-Comté mais aussi France Insoumise condamnent la réaction de l'élu du Rassemblement National.

Jacob (LR) veut interdire le port du voile lors des sorties scolaires

Jacob (LR) veut interdire le port du voile lors des sorties scolaires

Le tout fraîchement élu président des Républicains Christian Jacob a réclamé ce lundi 14 octobre 2019 l'interdiction du port du voile lors des sorties scolaires, en réponse au débat relancé par un élu RN qui a pris à partie une mère voilée lors d'une séance du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté vendredi.

Mère voilée au conseil régional de Bourgogne Franche-Comté : M-G Dufay se « réserve le droit de porter plainte » et souhaite rencontrer la mère de famille

Mère voilée au conseil régional de Bourgogne Franche-Comté : M-G Dufay se « réserve le droit de porter plainte » et souhaite rencontrer la mère de famille

Suite à l'attitude de l'élu RN qui avait pris à partie le 11 octobre une mère voilée accompagnatrice d'un groupe d'enfants, la présidente de Région Bourgogne Franche-Comté Marie-Guite Dufay indique dans un communiqué de ce lundi, qu'elle souhaite faire "un signalement au procureur de la République de tous les propos tenus tout au long de la session du conseil régional." Elle souhaite également rencontrer la mère de famille visée par l'élu RN "sans élu et sans presse".

Un nouveau président chez Les Républicains : une « foule dans nos bureaux de vote » à Besançon (LR)

Un nouveau président chez Les Républicains : une « foule dans nos bureaux de vote » à Besançon (LR)

Christian Jacob a été élu ce dimanche 13 octobre 2019 président des Républicains, devenant à cinq mois des municipales le patron d'un parti en crise profonde après deux années de délitement. A Besançon, "il y avait foule dans nos bureaux de vote et plus spécialement dans le bureau centralisateur à Besançon", précisent les membres LR :  "Dans notre Fédération le taux de 42% de participation était dépassé à 16h", est-il précisé.

Mère voilée au conseil régional Bourgogne Franche-Comté : Ndiaye et Blanquer condamnent l’élu RN

Mère voilée au conseil régional Bourgogne Franche-Comté : Ndiaye et Blanquer condamnent l’élu RN

La porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye et le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer ont condamné dimanche l'attitude de l'élu RN qui avait pris à partie vendredi 11 octobre 2019 au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté une mère voilée accompagnatrice d'un groupe d'enfants.

Conseil régional Bourgogne-Franche-Comté: un élu RN prenant à partie une femme voilée devant des écoliers

Conseil régional Bourgogne-Franche-Comté: un élu RN prenant à partie une femme voilée devant des écoliers

La vidéo d'un incident survenu vendredi au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, postée par un élu Rassemblement national (RN), où l'on voit ce dernier prendre à partie une femme voilée dans le public, est devenue virale sur Twitter samedi après-midi, où elle a été vue plus de 800.000 fois.

Municipales 2020 : Nicolas Bodin souhaite rejoindre l’Equipe

Municipales 2020 : Nicolas Bodin souhaite rejoindre l’Equipe

Sous réserve du vote de ses militants, Nicolas Bodin (PS) a décidé de rejoindre l'Equipe (union de gauche) ce jeudi 10 octobre 2019. Le parti Generation.s (crée par Benoît Hamon) ainsi que Barbara Romagnan ont également rejoint cette alliance hier soir. Qu'adviendra-t-il de la candidature PS de Nicolas Bodin ? Nous lui avons posé la question…

Municipales 2020 : Géneration.s rejoint l’Equipe 

Municipales 2020 : Géneration.s rejoint l’Equipe 

Après Europe Écologie les Verts, le PCF, ou encore "À Gauche Citoyen", c'est au tour des membres du parti Génération.s (parti créé par Benoit Hamon) dont Barbara Romagnan de rejoindre l'union de gauche aussi appelée l'Equipe depuis le 3 juillet dernier. Marcel Ferreol, référent Géneration.s nous explique ce choix politique à cinq mois des élections municipales de Besançon.

« Touche pas à nos paysans ! » : les agriculteurs manifestent depuis lundi en Franche-Comté

« Touche pas à nos paysans ! » : les agriculteurs manifestent depuis lundi en Franche-Comté

La Fédération Départementale des Syndicats d’Exploitants Agricoles du Doubs (FDSEA 25) et les Jeunes Agriculteurs du Doubs (JA 25) ont décidé de se mobiliser lundi 7 octobre 2019 pour manifester leur "ras-le-bol" des politiques menées pour le secteur agricole en France. Ce mardi, des ralentissements ont été constatés en périphérie de Vesoul ainsi que sur les axes routiers N19 et N57. En Saône-et-Loire, plusieurs ralentissements ont été également été notés.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

 15.13
couvert
le 14/10 à 21h00
Vent
2.17 m/s
Pression
1010.63 hPa
Humidité
79 %

Sondage