Décès de Michel Rocard : les hommages se multiplient

Publié le 03/07/2016 - 08:36
Mis à jour le 04/07/2016 - 07:10

Michel Rocard, ancien Premier ministre de François Mitterrand, est décédé ce samedi 2 juillet à 85 ans. Il s’est éteint dans l’après-midi dans un hôpital parisien, a fait savoir son fils à l’AFP.

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Hommage national

Lundi soir, une minute de silence est prévue à la mairie de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), dont Michel Rocard fut maire. Un hommage national lui sera également rendu, à une date qui reste à fixer. Quantité de politiques à gauche, mais aussi plusieurs figures de droite et du centre, ont salué dès samedi soir et l'annonce de son décès un socialiste "au parler vrai", réformateur mêlant "réalisme" et "inventivité", "scout moderne", "Européen convaincu", devenu "une grande figure de la République et de la gauche".

Né à Courbevoie, près de Paris, le 23 août 1930 dans une famille de la bourgeoisie, catholique par son père - un des scientifiques à l'origine de la bombe atomique française -, protestant par sa mère. Socialiste réformiste, Michel Rocard a été Premier ministre de 1988 à 1991 de François Mitterrand, avec lequel il a toujours eu des relations conflictuelles, avant de diriger le PS en 1993 et 1994.

 Michel Rocard Père de la "deuxième gauche", il voulait incarner une vision rénovée de la gauche, prenant en compte "les contraintes de l'économie mondialisée" sans "renoncer aux ambitions sociales".

 Le président François Hollande a d'ailleurs aussitôt salué l'incarnation d'"un socialisme conciliant utopie et modernité" par un "rêveur réaliste".

 Manuel Valls, issu du rocardisme et ayant travaillé à Matignon auprès de Michel Rocard, a jugé que l'homme à l'origine de son engagement politique incarnait "la modernisation de la gauche et l'exigence de dire la vérité". Toujours "fier" d'être "rocardien", le Premier ministre s'est dit "un peu orphelin".

 A l'unisson d'autres voix à gauche, Martine Aubry a salué un Michel Rocard n’ayant cessé toute sa vie "de vouloir transformer la société, de réconcilier l’économique et le social".

 A droite, Nicolas Sarkozy, qui lui avait confié une mission quand il était à l'Elysée, a salué son refus du sectarisme et son "sens de l'Etat", Alain Juppé retenant "esprit agile, culture historique, goût du débat sans concessions mais sans sectarisme", et l'expérience du grand emprunt.

 Voici les autres réactions politiques à la  mort samedi de l'ancien ministre Michel Rocard:

Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre et président d'honneur du MRC: 

  •  "Il reste pour moi (...) avant tout un militant sincère qui croyait à la force des idées et à bien des égards, l'espoir de sa génération. Il est devenu ensuite un acteur incontournable du Parti Socialiste. Il a campé, en 1977, au congrès de Nantes, une opposition entre deux cultures du socialisme, l'une jacobine, l'autre autogestionnaire et décentralisatrice. Cette opposition qui m'a toujours parue un peu factice a gouverné nos relations sans nuire à leur cordialité. Sa culture était plus mendésiste que mitterrandienne" (communiqué)

Pierre Moscovici, commissaire européen: 

  • "Profonde tristesse après la mort de Michel Rocard: un homme de sincérité, un innovateur, un grand socialiste, une source d'inspiration" (tweet)

Jean-Christophe Cambadélis, Premier secrétaire du PS: 

  • "C'est une partie de nous-mêmes qui s'en va avec Michel. La douleur est immense, l'héritage aussi. Nous continuerons tes combats. #MichelRocard"

Martine Aubry, maire de Lille et ancienne numéro un du PS:

  • "Ce soir, la gauche française et européenne vient de perdre une de ses grandes figures et nous sommes très nombreux à ressentir une profonde tristesse". "Michel Rocard, homme de convictions, n'a cessé toute sa vie, du PSU au Parti Socialiste, de vouloir transformer la société, de réconcilier l'économique et le social, et de s'appuyer sur l'Etat comme sur les acteurs de la société pour agir et changer la réalité. Jacques Delors, Edmond Maire et Michel Rocard sont les trois personnalités  qui m'ont amenée à croire en la politique et à m'y engager". (communiqué) 

Michel Sapin, ministre des Finances: 

une "personnalité de référence de la gauche française, avec lequel j'ai longuement milité et partagé de nombreux combats politiques. Michel Rocard a su réconcilier la gauche et l'économie, il a su établir un dialogue fécond entre la gauche et l'entreprise. Son réalisme économique était une ambition pour notre pays et pour nos valeurs. Michel Rocard ne séparait jamais l'exigence de vérité et de réforme de l'impérieuse nécessité de la justice et du dialogue social. Sa disparition est une perte immense. Mais son engagement politique laisse une oeuvre décisive pour l'avenir de la gauche et de la France". (communiqué)

Emmanuel Macron, ministre de l'Economie: 

  • "Michel Rocard est parti. Il est resté passionné, engagé, lucide et optimiste jusqu'au bout. Il aura été un homme d'Etat et un homme de convictions. Au-delà de la France, il aura marqué les sujets climatiques, de l'Afrique aux Pôles. Précurseur et militant il aura changé le visage de la gauche, réconcilié l'Etat avec la société civile, et repensé l'économie sociale de marché. Européen passionné, il aura pour elle mené nombre de batailles. Il va manquer au pays. Il va manquer aux engagés. Ses idées doivent lui survivre et être servies" (communiqué)

Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Education: 

  • "La France vient de perdre l'un de ses plus grands serviteurs, un géant de cette seconde moitié du XXe siècle qui a donné tout son sens aux mots égalité et solidarité. Michel Rocard a porté avec une volonté inlassable la réforme de l'État pour plus de justice sociale. (...) Sa dernière interview m'avait encore marquée, l'ancien Premier ministre avait donné à voir encore toute la finesse de son esprit, vif, critique, constructif et la vision qu'il avait pour notre pays."

Claude Bartolone, président (PS) de l'Assemblée nationale:

  • "Très touché par la mort de Michel Rocard. il a tant fait pour la France et le socialisme. Un grand homme de notre République s'en va" (tweet)

Gérard Larcher, président (LR) du Sénat 

  • "Hommage à #MichelRocard, grand européen, serviteur de l'Etat qui alimentait le débat d'idées" (tweet)

Nicolas Sarkozy, président du parti Les Républicains:

  • "Il incarnait une certaine gauche qui refusait d'abord le sectarisme au profit d'un plus grand réalisme économique, dans le cadre de la construction européenne (...) Président de la République, j'avais souhaité lui confier la responsabilité de la réflexion et du suivi du programme des investissements d'avenir ainsi qu'une mission internationale sur le changement climatique dans les pôles. Il s'est acquitté de sa mission avec intelligence, animé par le sens de l'Etat"  (déclaration sur twitter)

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF:

  • "Une figure de la gauche s'est éteinte aujourd'hui, je salue la mémoire de l'homme politique, au delà de nos débats." (tweet)  

Bruno Le Roux, chef de file des députés PS: 

  • "Très triste de la disparition de Michel Rocard. Quelle tristesse de ne plus l'entendre ni de pouvoir discuter avec lui. Profond respect #ami" (tweet) 

Jean-Michel Baylet, ministre de l'Aménagement du territoire:

  • "Visionnaire avant l'heure, chef de file de la gauche, inépuisable militant de la justice sociale, Michel Rocard voulait réformer la France. J'ai eu la fierté d'appartenir à son Gouvernement, à la tête duquel il a fait adopter de nombreuses mesures qui améliorent encore aujourd'hui le quotidien de nos concitoyens" (communiqué) 

Valérie Pécresse, présidente (LR) de l'Ile-de-France:

  • "Grande tristesse à l'annonce de la disparition de Michel Rocard un homme d'Etat & un grand Monsieur." (tweet) 

Jean-Claude Gaudin, maire (LR) de Marseille: 

  • "La France a perdu une grande voix. Celle d'un homme d'Etat qui posait un regard lucide sur la situation nationale et internationale et qui n'hésitait pas à avancer à rebours des idées reçues, jusque dans sa propre famille politique et dont le talent et la vision auraient pu le conduire à un rôle plus important encore au service de notre pays." (sur facebook)

Robert Hue, président du mouvement des Progressistes, ancien numéro un du PCF:

  • "Avec le décès de Michel #Rocard disparaît un inlassable combattant d'une social-démocratie à la française. En hommage au militant" (tweet)

François de Rugy, député écologiste réformiste et vice-président de l'Assemblée:

  • "Social-démocrate, homme d'idées et d'action, Il avait intégré l'écologie à sa réflexion. (...) Michel #Rocard laisse un héritage important: paix en #NouvelleCaledonie#RMI#CSG controversée, aujourd'hui consensuelle" (tweets)

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT : 

  • "Avec le décès de Michel Rocard la France perd un grand homme et la CFDT un ami. Tristesse et respect ce soir. Mes pensées vont à ses proches. (Tweet)

FNSEA (syndicats d'exploitants agricoles):

  • "C'est une tristesse pour le monde agricole pour lequel il a toujours gardé respect et affection (...) Son style et son intelligence, mais aussi son pragmatisme (+je préfère le contrat à la loi+) ont toujours permis des propos raisonnés et visionnaires"

Harlem Désir, ancien Premier secrétaire du Parti socialiste:

  • "Immense tristesse d'apprendre la disparition de Michel Rocard". "Hommage au grand socialiste, à l'homme d'Etat exceptionnel, à l'intellectuel engagé, à l'Européen convaincu et au militant infatigable". "Michel Rocard était un géant du mouvement socialiste, il alliait l'engagement politique à l'exigence éthique. Son oeuvre est immense, il aura marqué de façon exceptionnelle l'histoire du mouvement socialiste." (Twitter)

Jean-Luc Mélenchon: 

  • "Des milliers de personnes engagées sont en deuil. Un éclaireur nous a quittés. Sa vie est une leçon. À chacun de la méditer. (...) En ce temps-là, tous les socialistes étaient de gauche même très différemment". (tweets)

 Alain Juppé:

  • "Rocard, esprit agile, culture historique, goût du débat sans concessions mais sans sectarisme. Entre nous,des divergences mais de l'estime" (tweet) 

Jean-Louis Borloo:

  • "Michel Rocard était un scout moderne et socialiste. Père du RMI, de la CSG et des accords de Nouméa, il était un homme de vérité, de vision et de coeur" (à l'AFP)

 François Bayrou:

  • Son décès "affecte profondément tous ceux qui ont reconnu en lui un innovateur politique et un homme de rassemblement. Il a incarné ce qu'on appelait la deuxième gauche, il a choisi de rompre avec les idéologies fermées et l'esprit de sectarisme. Il a constamment voulu que la vie politique prenne en compte les réalités économiques et sociales et très souvent choisi de faire des pas en direction de ceux qui partageaient les mêmes valeurs sans avoir les mêmes étiquettes. Cet homme généreux et ouvert va beaucoup nous manquer" (à l'AFP)

Bruno Le Maire 

  • "Très attristé par la mort de Michel #Rocard, un homme politique qui restera dans notre histoire par son honnêteté et sa droiture." (tweet) 

Xavier Bertrand: 

  • "La France perd, avec le décès de Michel #Rocard, un homme d'Etat et de réformes, un homme de convictions et d'apaisement, un esprit créatif." (tweet)

 Marine Le Pen: 

  • "Sincères condoléances à la famille et aux proches de Michel Rocard, premier ministre de la France, homme de convictions." (tweet)

Politique

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