Dijon : la maison d'arrêt "totalement" bloquée par une grève des agents

Publié le 26/03/2026 - 11:18
Mis à jour le 26/03/2026 - 16:08

"C'est explosif": la maison d'arrêt de Dijon, récent théâtre d'une double évasion, est "totalement bloquée", selon les syndicats, depuis ce jeudi 26 mars 2026, en raison d'une grève des agents dénonçant une surpopulation carcérale "massive" et un manque criant d'effectifs.

 © Alexane Alfaro
© Alexane Alfaro

"On va se retrouver avec une montée des incidents ou une mutinerie": avertit Romain Bernier, secrétaire général de l'union régionale du syndicat UFAP, devant les grilles fermées de la maison d'arrêt, où quelque 70 agents tiennent un barrage fait de pneus de tracteurs et de palettes. "On est tous là. C'est rare! Tout le monde dit que ça ne va pas", souligne à l'AFP Frédéric Stoll, secrétaire général FO Justice.

Interrogée, l'administration pénitentiaire a assuré que le blocage a été "partiellement levé à partir de 11h30" et que "les parloirs, la distribution des repas, l'accès aux douches et les promenades ont été maintenues".

Selon M. Stoll, "100% des personnels" ont cessé le travail dès 05h30 jeudi matin, soit une centaine d'agents, empêchant toute sortie et entrée, promenade ou visite. Les personnels réclament notamment "un désencombrement immédiat" de la maison d'arrêt qui compte 311 détenus, avec un taux d'occupation de 260%, affirment les syndicats. Selon les derniers chiffres officiels, ce taux atteint 186,5% au 1er février.

La "densité carcérale" est de 135,8% en France, ce qui classe le pays parmi les plus mauvais élèves en Europe, derrière la Slovénie et Chypre.

"C'est explosif", résume Frédéric Stoll.

"Les détenus sont à trois dans une cellule de 9 m2. Une cinquantaine dorment sur des matelas à même le sol. C'est source de conflits. Ça crée des tensions", souligne Romain Bernier. Les agents "ne vont pas tenir", estime-t-il. "Il y a eu trois blessés il y a deux semaines", dit le syndicaliste.

Les syndicalistes craignent une répétition d'événements comme l'évasion de novembre dernier, où deux détenus s'étaient enfuis "à l'ancienne", en sciant tout simplement la grille de leur fenêtre. Les prisonniers avaient finalement été repris peu après mais l'événement avait souligné la "vétusté" de l'établissement, construit en 1853.

Les syndicats reçus par la cheffe de la maison d'arrêt

Depuis, des travaux ont été entamés, la maison d'arrêt de Dijon comptant parmi les six établissements qui bénéficient d'un plan "zéro portable" annoncé à l'automne dernier par le ministère de la Justice. Dans le cadre de ce plan, 6,34 millions d'euros doivent être alloués à Dijon. Il s'agit notamment d'installer des caillebotis aux fenêtres et des dispositifs antidrones, afin d'améliorer la sécurité de l'établissement.

"Mais la première des sécurités, c'est les personnels: les fouilles, les contrôles", comme la vérification des barreaux aux fenêtres, rappelle M. Bernier, des missions que les agents ne sont plus en mesure d'effectuer correctement, faute d'être en nombre suffisant. Les syndicats dijonnais ont été reçus dans la matinée par la cheffe de la maison d'arrêt, Ingrid Delabarre, mais sans "aucune" avancée, selon eux.

(Source AFP)

Social

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