Féminicide : Nicolas Zepeda jugé une troisième fois pour l'assassinat de Narumi Kurosaki

Publié le 17/03/2026 - 08:50
Mis à jour le 17/03/2026 - 08:28

Le Chilien Nicolas Zepeda est jugé pour la troisième fois, à partir de mardi 17 mars 2026 à Lyon, pour l'assassinat en 2016 de son ex-petite amie japonaise à Besançon et devrait, sauf coup de théâtre, continuer à nier malgré des indices confondants. Même en l'absence de cadavre, de preuve et d'aveu, il a déjà été condamné deux fois à 28 ans de prison, en 2022 puis en appel en 2023, un verdict annulé par la Cour de cassation en 2025 pour un vice de procédure. 

Son avocat Sylvain Cormier a prévenu : le jeune homme de 36 ans continuera de plaider son innocence devant la cour d'assises du Rhône, où le nouveau procès est prévu pendant près de trois semaines.

Nicolas Zepeda, en prison depuis son extradition du Chili en 2020, nie farouchement, malgré les ingrédients "évidents" d'un "féminicide" prémédité suivi de la dissimulation du corps de l'étudiante de 21 ans, selon un scénario reconstitué par l'accusation.

Les deux jeunes avaient noué une relation en 2014 au Japon. A la rentrée 2016, Narumi Kurosaki arrive à Besançon pour des études de français et quitte un mois plus tard son copain rentré au Chili qu'elle trouve trop possessif et inquisiteur. Après des messages tantôt énamourés tantôt menaçants, Nicolas vient fin novembre en France. Pour ses études, dira-t-il d'abord aux enquêteurs. Mais les bornages du téléphone de son ex, et de sa voiture de location, ainsi que des témoignages d'étudiants qui l'ont vu se cacher dans la résidence, démontrent que le Chilien a épié Narumi et son nouveau petit ami étudiant français.

La jeune femme est vue vivante pour la dernière fois le 4 décembre, regagnant sa résidence universitaire. La nuit, des voisins entendent des hurlements terrifiants, "comme dans un film d'horreur". Lui assure aux enquêteurs qu'après une rencontre "fortuite", puis un dîner au restaurant, ils ont des relations sexuelles dans la chambre de l'étudiante ce qui, selon lui, explique les bruits émis par la jeune femme.

"Incohérents"

L'enquête a mis au jour nombre d'indices "concordants" démontrant qu'un Zepeda éconduit et enfermé dans son orgueil de "mâle blessé" avait prémédité et commis un crime de "possession", avait asséné l'avocat général aux premiers procès. Selon le magistrat, il a enterré ou immergé le corps dans un sous-bois bordé d'une rivière. Où son GPS et son téléphone ont prouvé qu'il avait passé du temps cinq jours plus tôt, puis à nouveau après avoir quitté la chambre de la Japonaise.

Les enquêteurs ont exclu la fugue : le portefeuille de Narumi, 565 euros, ses deux cartes bancaires, son manteau d'hiver, ses chaussures, son portable et sa carte SNCF étaient dans sa chambre, qui portait les traces d'un nettoyage récent au détergent. Quatre jours plus tôt, Zepeda avait acheté un bidon de cinq litres d'un produit combustible, des allumettes, un pulvérisateur de détergent à l'eau de javel.

Autres indices : les jours suivants, des courriels et messages incohérents, prétendument écrits par Narumi pour rassurer son entourage, disant qu'elle est à Lyon pour renouveler son visa d'étudiant, formalité qui relève du consulat japonais de Strasbourg.

Et l'achat sur internet le 6 décembre, depuis un centre commercial où Zepeda se trouvait, d'un billet de TGV Besançon-Lyon au nom de Narumi. TGV qu'elle n'a jamais pris.

Enfin, à Barcelone avant d'embarquer pour le Chili, Zepeda interrogeait son cousin sur "la mort par asphyxie" et comment savoir si une personne est "vivante ou morte" après une pendaison.

(AFP)

narumi

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