La montée du FN n'est pas un motif pour éviter les réformes selon P. Moscovici

Publié le 28/02/2015 - 09:05
Mis à jour le 28/02/2015 - 09:05

Le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici a estimé vendredi que la montée du Front national en France, si elle inquiétait à Bruxelles, n’était cependant pas une raison d’éviter de faire des réformes.

Pierre Moscovici ©roman ©
Pierre Moscovici ©roman ©

"Oui, bien sûr c'est un sujet de préoccupation pour tous mais ce n'est pas un motif suffisant pour se donner de l'air, ça n'est pas un motif pour éviter de faire des réformes", a déclaré l'ancien ministre de l'Economie et des Finances en réponse à une question au cours d'un point de presse à Paris. "Donc, les décisions que nous avons prises le sont sur des bases objectives et heureusement parce que sinon c'est la Commission qui perdrait toute crédibilité", a-t-il poursuivi.

De vives tensions entre les commissaires européens

Deux jours après avoir accordé un délai de deux ans à la France, Bruxelles a dévoilé vendredi la trajectoire exigeante qu'elle fixe au pays, placé sous haute surveillance pour ramener son déficit public dans les clous, au prix de nouveaux efforts. La décision d'accorder à la France un nouveau délai a d'ailleurs occasionné de vives tensions entre les commissaires européens. Le vice-président de la Commission en charge de l'Euro, Valdis Dombrovkis, avait demandé mercredi des sanctions. Finalement, la solution trouvée prône la fermeté sans passer par la case sanctions.

"Tout le monde regarde la France, tout le monde regarde la montée du FN"

"Je l'ai toujours dit, je ne le cache pas, je ne suis pas pour des sanctions", a déclaré M. Moscovici. "Je trouve que les sanctions c'est toujours une erreur parce que cela montre qu'on n'a pas réussi à convaincre un pays de faire des réformes. De l'autre côté cela peut provoquer un sentiment d'humiliation et (...) cela fait monter les extrêmes", a-t-il expliqué. "Tout le monde regarde la France, tout le monde regarde la montée du Front
national, tout le monde regarde la montée des extrêmes avec beaucoup d'inquiétude", a-t-il rapporté. "Il y a sans doute cet élément, il existe mais il n'est pas déterminant", a-t-il dit en réponse à une question sur le fait de savoir si ces craintes avaient incité à ne pas sanctionner la France.

(Source : AFP)

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