Le Parlement a adopté l'allongement de la durée de l'IVG : de 12 à 14 semaines de grossesse

Publié le 23/02/2022 - 08:31
Mis à jour le 23/02/2022 - 16:44

Une dernière réforme de société et un signal envoyé aux électeurs de gauche : le Parlement a voter ce mercredi 23 février l’allongement du délai de l’IVG, en adoptant un texte concocté par une députée d’opposition, mais soutenu par la majorité.

La loi prévoit de rallonger de 12 à 14 semaines le délai légal de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) pour répondre à un manque de praticiens et à la fermeture progressive de centres IVG. Elle a été votée ce mercredi après-midi, via un ultime vote de l'Assemblée, au bout d'un long parcours parlementaire entamé en octobre 2020.

Présenté par l'ex-députée LREM Albane Gaillot, devenue écologiste, le texte transpartisan a été poussé par le président des députés LREM Christophe Castaner. Rien n'était acquis et ce choix a pu être présenté comme une rare marque d'indépendance du groupe LREM vis-à-vis d'Emmanuel Macron, qui a plusieurs fois exprimé ses réticences sur le sujet.

"Le parcours atypique de cette proposition de loi est une leçon à tirer sur le fonctionnement de nos institutions. Elle montre qu'il faut faire fi des étiquettes politiques. Quand une idée est bonne, elle n'est ni de droite, ni de gauche", a affirmé à l'AFP Albane Gaillot, qui ne se représentera pas lors des prochaines législatives.

Des femmes qui avortent à l'étranger

Selon la députée socialiste Marie-Noëlle Battistel, 2.000 femmes seraient contraintes chaque année de se rendre à l'étranger pour pouvoir avorter car elles ont dépassé les délais légaux. Ce sont les "femmes les plus vulnérables, les très jeunes, les plus éloignées du système de soins, les femmes qui ont le moins accès à l'information sanitaire, celles qui n'ont pas de moyen de locomotion ou encore celles victimes de violences".

La proposition de loi prévoit en outre d'étendre la pratique de l'IVG instrumentale aux sages-femmes. "Plus nombreuses que les médecins en France, elles peuvent déjà pratiquer les IVG par voie médicamenteuse depuis 2016", explique Mme Gaillot.

Initialement, le texte prévoyait de supprimer la "clause de conscience spécifique" permettant à des médecins de refuser de pratiquer un avortement. Mais cette évolution a été rayée pour permettre à la proposition de loi d'avancer dans son parcours parlementaire.

  • Le ministre de la Santé, favorable à titre personnel à l'allongement du délai de l'IVG, en avait fait un préalable.

"Traumatisme"

Les prises de position sans équivoque du chef de l'Etat ont paru longtemps torpiller la réforme. Marquant son opposition dans une interview en juillet 2021, M. Macron avait encore estimé à son retour d'une visite au pape cet automne que "des délais supplémentaires ne sont pas neutres sur le traumatisme d'une femme". Il avait ajouté cependant "respect(er) la liberté des parlementaires".

Ces propos lui avaient valu une volée de bois vert de la part des défenseurs des droits des femmes et c'est finalement Christophe Castaner qui décida de renverser la table, en reprenant la proposition de loi au compte des "marcheurs". Et ce, avant que le gouvernement ne fasse le dernier pas en l'inscrivant aussi à l'ordre du jour du Sénat.

Un trophée pour les LREM dont le centre de gravité politique à l'Assemblée est réputé pencher à gauche, tout du moins sur les questions de société. Cet allongement de la durée de l'IVG est l'un des petits cailloux semés en fin de quinquennat pour donner une orientation plus progressiste au bilan macroniste.

La proposition de loi hérisse les militants pro-vie de l'Alliance Vita et une partie de la droite au Sénat et à l'Assemblée nationale, qui a donné de la voix dans les hémicycles et s'est essayée à l'obstruction parlementaire.

Dans un entretien au magazine ELLE, la candidate LR à l'Elysée Valérie Pécresse a déploré avec le délai à 14 semaines "une fuite en avant qui détourne le regard du vrai problème : l'accès au centre d'IVG, l'absence de gynécologues et de sages-femmes (...) il faut garantir le libre choix des femmes".

Sondage après sondage, les Français continuent à être très majoritairement en faveur de ce droit à l'IVG remis en cause ailleurs en Europe, notamment à l'Est. En France, aucun candidat n'a prévu d'y toucher.

(Source AFP)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Politique

Huit ans après la fusion, le Mouvement Franche-Comté lance une nouvelle pétition pour séparer la Bourgogne de la Franche-Comté

Le Mouvement Franche-Comté, présidé par Jean-Philippe Allenbach, a lancé ce dimanche 15 janvier, une nouvelle pétition pour la séparation de la Bourgogne et de la Franche-Comté, soit huit ans, quasi jour pour jour, après la fusion des régions.

Menaces sur le développement ferroviaire du centre Franche-Comté : des élus alertent l’État et la Région

DOSSIER • Plusieurs élus du pôle métropolitain Centre Franche-Comté et de six agglomérations de Franche-Comté ont signé une déclaration commune publiée le 4 janvier 2023 pour le développement ferroviaire dans la région. Objectif : alerter sur les menaces qui pèsent aujourd’hui sur plusieurs lignes de train sur le territoire.

La ministre déléguée à la transition écologique en visite officielle en Haute-Saône le 6 janvier

Dominique Faure, ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur et des Outre-mer et du ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, chargée des Collectivités territoriales et de la Ruralité, se rendra en Haute-Saône, à Vesoul, le vendredi 6 janvier 2023.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 -0.14
couvert
le 27/01 à 18h00
Vent
3.13 m/s
Pression
1021 hPa
Humidité
79 %