Les animaux sauvages seront bientôt interdits dans les cirques

Publié le 30/09/2020 - 09:16
Mis à jour le 30/09/2020 - 09:00

La présentation d’animaux sauvages dans les cirques itinérants va être progressivement interdite en France, ainsi que la reproduction et l’introduction de nouveaux orques et dauphins dans les trois delphinariums du pays, a annoncé ce mardi 29 septembre 2020 la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili.

©Alexane Alfaro ©
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Elle n’a toutefois pas donné de délais pour la mise en application de ces dispositions. “Mettre une date ne résout pas tous les problèmes, je préfère mettre en place un processus pour que ça arrive le plus vite possible”, a-t-elle justifié.

400 collectivités ont déjà interdit les animaux sauvages dans les cirques en France

La ministre, qui a présenté une série de mesures sur le “bien-être de la faune sauvage captive”, comme le montre notre vidéo en tête d’article, a également annoncé la fin “sous cinq ans” de l’élevage des visons d’Amérique pour leur fourrure, relevant que “notre époque a changé dans son attitude à l’animal sauvage”. Barbara Pompili a également précisé que le gouvernement soutiendrait les initiatives collectives des zoos en faveur du bien-être animal et en particulier des conditions de vie des animaux.

Ces dernières années, la question de la présence d’animaux tels que des lions, tigres ou éléphants dans des cirques s’est posée, au nom du bien-être animal.  La ville de Marseille, par exemple, a promis durant l’été de l’interdire après la circulation d’images “insoutenables” d’un rhinocéros en captivité. Plus d’une vingtaine de pays européens ont déjà limité ou interdit la présentation d’animaux, tout comme environ “400 collectivités” en France, selon la ministre.

Or avec environ 500 fauves en captivité dans des cirques selon les professionnels -des animaux qui ne peuvent aucunement être remis en liberté car ils y sont totalement inadaptés-, il faudra aux autorités trouver des solutions au cas par cas en vue d’acter cette fin des animaux sauvages au cirque. Par ailleurs, seuls les cirques itinérants sont concernés, ce qui signifie qu’il faudra encore attendre avant de voir décrétée la fin des spectacles d’animaux en France.

Des discussions avec les circassiens

De même, plusieurs oppositions ont eu lieux entre défenseurs de la cause animale et acteurs du monde circassien. Ce mardi, sur BFMTV, l’ancien directeur du cirque Pinder a par exemple affirmé que le public ne viendrait plus assister à ces spectacles sans animaux sauvages, assurant qu’une telle décision signerait l’arrêt de mort de ce milieu.

Dans son allocution, Barbara Pompili a néanmoins précisé que la mise en œuvre de toutes ces mesures se ferait avec la participation des professionnels des différents secteurs concernés (circassiens, montreurs d’ours, éleveurs de dauphins...). “Je sais combien les annonces d’aujourd’hui sont difficiles pour certaines et certains. Mais ma responsabilité, c’est de ne pas leur mentir, de leur indiquer quel est le chemin que notre pays souhaite et de les aider dans cette transition.”

“Il est temps que notre fascination ancestrale pour ces êtres sauvages ne se traduise plus par des situations où l’on favorise leur captivité par rapport à leur bien-être”, a lancé la ministre lors d’une conférence de presse.

La ministre a expliqué avoir échangé la semaine passée avec les représentants des cirques, et notamment des conditions de détention d’animaux sauvages et des problématiques que cela pose. “Ces décisions, je les prends pour le bien-être des animaux (...) parce qu’il n’est plus raisonnable aujourd’hui de transporter des animaux ou des fauves de commune en commune”, a continué Barbara Pompili.

Le gouvernement va débloquer une enveloppe de 8 millions d’euros “pour la reconversion des cirques et des personnels des delphinariums”, a-t-elle annoncé. Aucun nouveau delphinarium ne pourra être créé, a indiqué la ministre qui a évoqué l’idée d’un “sanctuaire” pour accueillir à terme les dauphins et les quatre orques en captivité dans les trois existants. Elle a indiqué qu’une période de “7 à 10 ans pour préparer la suite” pour ces espèces.

(Avec AFP)

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