Les maires élisent leur président avant d'être reçus par Macron à l'Elysée

Publié le 17/11/2021 - 11:00
Mis à jour le 17/11/2021 - 10:27

Les plus de 34.000 membres de l’influente Association des maires de France (AMF) désignent mercredi leur nouveau président, entre deux candidats qui s’opposent sur la ligne à tenir face à Emmanuel Macron. Le chef de l’Etat recevra dans la foulée un millier d’élus à l’Elysée.

 © Twitter AMF
© Twitter AMF

Le vote, qui a débuté par internet mardi en fin d’après-midi peu après l’ouverture du 103e congrès de l’AMF, se termine mercredi à 15H00 pour un résultat dévoilé peu après. Il présente plus d’incertitudes que par le passé, les maires pouvant s’exprimer à distance, contrairement aux scrutins précédents.

François Baroin, le président sortant et maire LR de Troyes, a annoncé fin août qu'il ne briguerait pas de troisième mandat. Il avait immédiatement adoubé David Lisnard, du même parti et maire de Cannes, ainsi que vice-président de l'AMF.

Ce soutien avait déplu au secrétaire général de l'AMF, Philippe Laurent, maire UDI de Sceaux, en région parisienne, qui s'est alors lancé dans la course.

Au-delà de la personnalité des deux prétendants, ce sont deux manières opposées d'appréhender les relations avec Emmanuel Macron qui s'affrontent: M. Lisnard, bien ancré à droite, se veut le garant de "l'ADN indépendant" de l'AMF qui a caractérisé les sept années de mandat de M. Baroin, alors que M. Laurent est plus disposé à dialoguer avec l'exécutif.

Dans son discours mardi devant les maires, M. Laurent a défendu une "AMF qui ne soit pour ou contre personne et qui ait une seule boussole: la cause des maires". "Je ne prendrai position pour aucun candidat à la présidentielle", a-t-il assuré.

Pour sa part, M. Lisnard a insisté sur le besoin "d'indépendance du pouvoir quel qu'il soit". "L'AMF ne doit surtout pas être accaparée par un clan", a-t-il souligné.

Un quinquennat de tensions

La proximité supposée de son concurrent avec l'Elysée constitue le principal angle d'attaque du maire de Cannes. Il a reçu le soutien du polémiste d'extrême droite Eric Zemmour qui estime qu'une victoire de Philippe Laurent transformerait l'AMF en "succursale de l'Élysée".

Le maire de Sceaux s'en défend vigoureusement et l'exécutif également: "Nous ne sommes strictement pour rien dans la prise de décision et dans le déclenchement de la candidature de M. Laurent", affirme à l'AFP une source gouvernementale.

"Si Lisnard gagne, LR va essayer de le présenter comme une défaite pour Emmanuel Macron", analyse un cadre de la majorité qui estime que le maire de Cannes "a de quoi faire 70 %" puisqu'il y a "une mobilisation comme jamais de l'appareil LR".

Reste que l'élection à la tête de l'AMF a également créé des remous au sein de LR. Le président de la région Paca Renaud Muselier a appelé les maires de sa région à voter pour M. Laurent, lançant une lourde charge contre M. Lisnard, "niché dans son Palais des festivals", "du haut de son tapis rouge", alors qu'il est du même parti et de la même région.

"Vengeance politique" et "caricature nauséabonde" de Cannes, a fustigé le chef de file des députés LR Damien Abad.

Le candidat à l'investiture LR Eric Ciotti, très proche de M. Lisnard, a plaidé pour une "exclusion automatique de l'infiltré macroniste Muselier".

Cette élection intervient au terme d'un quinquennat marqué par de fortes tensions entre l'exécutif et les maires. Peu après son arrivée à l'Elysée, alors qu'il avait annoncé la suppression de la taxe d'habitation, Emmanuel Macron avait été sifflé lors de sa première intervention au congrès de l'AMF.

Le hashtag #balancetonmaire, lancé un an plus tard sur les réseaux sociaux par la macronie pour dénoncer les élus qui avaient augmenté la taxe d'habitation, est également resté en travers de la gorge de nombreux élus.

A l'issue du scrutin, le président de la République recevra à l'Elysée un peu plus d'un millier de maires lors d'une "réception plutôt informelle" et sans discours, selon la présidence.

Le chef de l'Etat s'exprimera ensuite jeudi après-midi devant eux en clôture du congrès. Selon l'Elysée, "il va remercier les maires pour leur action durant l'épidémie" et "insister sur l'accompagnement des collectivités territoriales depuis le début du quinquennat".

(AFP)

Politique

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