MIDEST: les sous-traitants francs-comtois inquiets du manque de visibilité

Publié le 17/11/2011 - 14:52
Mis à jour le 17/11/2011 - 16:32

Aves les annonces de suppressions d’emploi chez PSA et la crise qui menace, les entreprises franc-comtoises commencent à douter. Le salon mondial de la sous-traitance à Paris est affecté par ce contexte incertain. 

douche froide

Les entreprises franc-comtoises fréquentent le Midest (salon mondial de la sous-traitance) à Paris depuis ses débuts il y a 41 ans. La région la plus industrialisée de France se doit d’y assurer sa primauté et de conforter sa notoriété. Plus encore quand la situation économique est incertaine et plus encore quand l’industrie automobile annonce des mauvaises nouvelles, notamment pour le site de Sochaux.

Une cinquantaine d’exposants francs-comtois ont pris leur quartier au Parc des expositions du 15 au 18 novembre dont plus d’une vingtaine est regroupée dans un espace collectif sous la houlette de la Chambre de commerce et d’industrie régionale et de la Région. Les autres ont préféré s’installer dans les villages thématiques.

« Les trente glorieuses, c’est fini »

Alors que l’édition 2010 actait la sortie de crise, la version 2011 de la grand-messe de la sous-traitance est plutôt morose. L’incertitude plane sur la plupart des 1700 stands du salon.

« Les trente glorieuses, c’est fini. Maintenant, ça se passe ailleurs. Quand on prend un marché on le prend à quelqu’un, on n’est plus dans une phase de croissance avec des produits nouveaux qui apparaissent », constate Thibaut Oser, PDG de MCT à Delle. Il est d’ailleurs persuadé que 2012 connaitra une crise majeure. « Elle sera peut-être plus forte qu’en 2008 », craint le chef d’entreprise dellois en ayant enregistré un ralentissement depuis septembre sur son créneau de pièces en alliage non ferreux.

Richard Mamecier, directeur général du groupe XP qui emploie une cinquantaine de salariés à Chaux dans le Territoire de Belfort se plaint du « manque de visibilité ». Peu présent dans l’automobile, le groupe XP est plus impliqué dans l’énergie. « Je ne suis ni optimiste, ni pessimiste. Il faut rester serein et gérer en bon père de famille avec beaucoup de souplesse », suggère-t-il en prônant investissement et formation.

« Quand PSA ralentit, on ralentit aussi »

« On se pose des questions comme beaucoup dans la région sur 2012, car on ressent un ralentissement », estime Bertrand Dumont, responsable commercial de DFI (groupe ID Casting) à Delle. « 2011 a été dans les clous jusqu’à présent, mais l’année prochaine sera difficile. Nous avons correctement géré la sortie de crise de 2008, on peut même dire que DFI en est sortie renforcée. Mais quand PSA ralentit, on ralentit aussi », poursuit le fabricant de pièces de fonderie en injonction sous pression d’alliage de zinc.

Stéphane Loichot, consultant à la tête de HLP Services (Ateos) à Montbéliard connait bien la situation de la sous-traitance. « Il y a un fort ralentissement depuis la rentrée et on a une vision complètement floue. Que va-t-il se passer dans trois semaines, un mois ? Personne ne le sait ». « L’industrie automobile est une industrie sous perfusion. Ses sous-traitants doivent se diversifier », recommande-t-il.

D’ailleurs même dans les secteurs qui ne dépendent pas de l’automobile, la confiance est en berne. « Les prévisions de nos clients du ferroviaire et des travaux publics sont en baisse. On sent un tassement pour 2012 », constate également Bernard Cour, PDG créateur il y a 20 ans de l’entreprise MBP (Mécanique baumoise de précision) installée dans le Doubs à Autechaux. Il ne perd pas tout à fait le sourire car au Midest, il a déjà enregistré deux bonnes pistes plutôt prometteuses pour l’année prochaine.

Marie-Guite Dufay : « Il ne faut pas oublier ce qui marche »

Même si la présidente du conseil régional se dit « très inquiète » après les annonces du patron de PSA, elle veut rester optimiste. En faisant le tour des stands francs-comtois réunis au Midest, Marie-Guite Dufay a cherché à repérer les éléments positifs à mettre en avant pour compenser l’ambiance morose. « Les inquiétudes ne doivent pas faire oublier ce qui marche », a-t-elle fait valoir sur le stand du groupe XP impliqué dans l’énergie.

« C’est un salon où j’aime venir, qui est fortement industriel. Il faut que vous soyez convaincus que la Région à une action déterminée pour être à vos côtés », a rappelé Marie-Guite Dufay sur l’espace franc-comtois aux côtés du tout nouveau président de la Chambre de commerce et d’industrie régionale. Gilles Curtit, élu lundi dernier, a profité du salon pour mettre en garde les entreprises franc-comtoises. « Il faut faire attention. Nos forces ne doivent pas seulement être tournées vers l’automobile ». 

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