Un procès pour blanchiment lié à l'acquisition d'un château en Bourgogne...

Publié le 08/11/2022 - 08:23
Mis à jour le 08/11/2022 - 11:00

Le procès du financement obscur de l'achat du château de La Rochepot, joyau de la Bourgogne, s'est ouvert lundi 7 novembre 2022 à Nancy où sept personnes, dont quatre Ukrainiens, vont devoir s'expliquer durant deux semaines sur un montage financier particulièrement opaque.

 © Château de La Rochepot/Facebook
© Château de La Rochepot/Facebook

La présidente, Brigitte Roux, a commencé par rappeler le contexte international dans lequel se tient ce procès, demandant aux différentes parties de "laisser à l'extérieur de la salle d'audience toute autre préoccupation" pour se concentrer "sur le droit", même si chacun a "en tête les événements" actuels en Ukraine.

Les sept prévenus, parmi lesquels quatre Ukrainiens, une avocate française et un ressortissant moldave, sont accusés de blanchiment en bande organisée pour avoir en 2015 acheté le château, l'hôtel du village de Côte-d'Or et une Rolls Royce, pour plus de 3 millions d'euros, avec des fonds provenant d'une escroquerie commise en 2015 en Ukraine, selon l'accusation.

12 millions d'euros

Le principal prévenu, Dmitri Malinovsky, gilet gris sans manche,  fines lunettes, cheveux teints et gominés, aurait soutiré plus de 12 millions d'euros à une société de fertilisants (Dreymoor) dont le siège est à Singapour et dont l'actionnaire majoritaire est un ressortissant russe. La société s'est constituée partie civile. M. Malinovsky s'était ensuite fait passer pour mort en Ukraine, et vivait en France "sous de fausses identités".

D'après les faits reprochés lus par la présidente, les fonds pour l'achat du château ont été mis à disposition par une des prévenues, Olga Kalina, ex-maîtresse de Dmitri Malinovsky, qui a ensuite été remboursée sur son compte en Suisse par cinq sociétés offshore disposant de comptes bancaires en Lettonie et en Estonie.  Ce qui est contesté par l'avocat d'Olga Kalina, Me Stéphane Bonifassi.

Me Charlotte Plantin, qui défend la société Dreymoor, affirme quant à elle avoir "reconstitué" le circuit de blanchiment d'une partie de l'argent, qui établit un lien entre les fonds de son client et ceux utilisés pour acheter le château.

Avec l'argent de la caisse du château

Premier prévenu interrogé, Alexandru Arman, ressortissant moldave arrivé en France en janvier 2015, a expliqué à la cour avoir travaillé comme chauffeur pour Dmitri Malinovsky, sans contrat de travail et payé en liquide. Il ne connaissait son patron que sous le prénom "Rodolphe". Ce qu'a nié M. Malinovsky, qui a affirmé s'être présenté comme "Dmitri" dès l'embauche de M. Arman en mai 2015.

M. Arman est ensuite devenu gérant en 2016 de la SARL qui s'occupait de l'exploitation touristique du château: pour lui, c'est M. Malinovsky qui lui donnait des "instructions" via un téléphone dédié, et lui demandait de payer des dépenses personnelles - dont des notes d'hôtels et de restaurants de luxe où il se rendait avec Olga Kalina, alors sa maîtresse - avec l'argent de la caisse du château.

Des allégations niées par le principal prévenu, qui s'est toujours défendu d'être le propriétaire des lieux.

Infos +

Saisi par la justice en 2018, le château de La Rochepot est depuis fermé et vide : les meubles ont été vendus l'an dernier lors d'une vente aux enchères à Beaune. Un "crève-coeur" pour les habitants de cette commune de Côte d'Or, qui voyaient défiler quelque 30.000 touristes par an grâce au château.

(AFP)

Justice

Féminicide : Nicolas Zepeda jugé une troisième fois pour l’assassinat de Narumi Kurosaki

Le Chilien Nicolas Zepeda est jugé pour la troisième fois, à partir de mardi 17 mars 2026 à Lyon, pour l'assassinat en 2016 de son ex-petite amie japonaise à Besançon et devrait, sauf coup de théâtre, continuer à nier malgré des indices confondants. Même en l'absence de cadavre, de preuve et d'aveu, il a déjà été condamné deux fois à 28 ans de prison, en 2022 puis en appel en 2023, un verdict annulé par la Cour de cassation en 2025 pour un vice de procédure. 

Fraude et travail illégal : la gendarmerie du Doubs a saisi 7,5 millions d’euros en 2025

La gendarmerie du Doubs a saisi près de 7,5 millions d'euros d'avoirs criminels en 2025, dans le cadre de la lutte contre le travail illégal et la fraude, a annoncé samedi 14 mars 2026 la colonelle Elodie Montet, commandante du groupement départemental. Les avoirs criminels sont les profits issus d'une activité criminelle ou délictuelle.

Jugement de Frédéric Vuillaume et Toufik de Planoise à Besançon : un rassemblement de soutien le 12 mars

Frédéric Vuillaume secrétaire général de Force Ouvrière Bourgogne-Franche-Comté, et de Toufik-de-Planoise, journaliste indépendant, seront jugés en appel le 12 mars prochain par la Cour d'appel de Besançon. Un rassemblement pour soutenir les accusés est prévu par le syndicat Force Ouvrière. 

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 8.72
ciel dégagé
le 18/03 à 21h00
Vent
3.15 m/s
Pression
1018 hPa
Humidité
61 %