Panama Papers : "l’évasion fiscale se développe dans l’opacité la plus totale"

Publié le 08/04/2016 - 09:39
Mis à jour le 15/04/2016 - 13:34

C’est son cheval de bataille. Le député du Doubs a toujours affiché son combat contre l’évasion fiscale et pour plus de transparence. Éric Alauzet n’est pas réellement surpris par cette affaire « Panama Papers ». Il revient sur ces révélations, l’impact pour la France, les lanceurs d’alerte, etc. Interview.

 maCommune.info : À votre connaissance les révélations de Panama Papers concernent-elles des Francs-Comtois ?

 Éric Alauzet : On ne sait pas encore si les révélations du Panamapapers concernent nommément des Francs-comtois et peut-être ne le saura-t-on dans quelque temps tant il faudra de la patience pour analyser l'ensemble des 11,5 millions de fichiers qui ont été subtilisés au cabinet Mossack Fonseca avant d'être remises à la presse. En revanche, tous les Francs-Comtois comme tous les Français et la plupart des citoyens du monde sont concernés par le détournement colossal – évalué à 25 milliards d’Euros, lié à l'évasion fiscale

 maCommune.info : Ces révélations nourrissent-elles votre souci de transparence fiscale ? 


É. A :Nous sommes au cœur du sujet. C’est une évidence que l’évasion fiscale, souvent nommée pudiquement "optimisation fiscale", se développe dans l’opacité la plus totale. Il s’agit pour les responsables de se cacher, de dissimuler leur argent. Dans le cas présent, on assiste à des montages en cascade d’une grande complexité qui visent à faire disparaître l’identité des bénéficiaires dans les limbes. Pour les multinationales – un sujet différent et au fond plus lourd par ses montants et sa complexité – l’opacité réside en partie dans la manière de donner un prix exorbitant à un certain nombre de services tels que la marque ou les prestations juridiques et financières localisées artificiellement et facilement  dans les paradis fiscaux. La solution réside donc dans la compréhension et la mise au grand jour de tous ces mécanismes ainsi que dans l’analyse des failles des systèmes politiques, juridiques et administratifs des pays concernés 

maCommune.info : Quelles retombées en France ?

É. A : Pour la France, pour la collectivité, pour l’État, la perte financière est estimée entre 30 et 80 milliards d’euros par an, soit l’équivalent de la dette qui nous fait tant de misères. En effet, c’est bien la dette qui exige des réductions de la dépense publique, et qui conduit à des augmentations de l'impôt pour les ménages et les entreprises.

maCommune.info : Ces révélations ne sont pas sourcées ? Pour vous, cela pose-t-il un problème ?

É. A : C’est une question importante et en arrière-plan celle des libertés qui est posée. Il faut y prendre garde. J’expliquais juste avant les conséquences que pouvait entrainer ce détournement massif d’argent. Avec la spoliation de l’État, des entreprises et des ménages qu’entraine l’évasion fiscale, c’est l’assèchement de la démocratie qui se profile, le désarroi et la désaffection de nos concitoyens vis-à-vis de la politique et des élections, voire la colère et le vote extrême. C’est à cette aune, qu’il faut considérer l’exigence de transparence et le fait qu’elle doit primer. Alors il faudra expliciter précisément quelle peut être l’atteinte aux libertés pour considérer qu’il faut brider la transparence alors même que le spectre de l’atteinte aux libertés peut être brandi par ceux-là même qui ont intérêt à ce que l’opacité perdure.  Bien entendu, la situation des lanceurs d'alerte est importante. Se pose à la fois la question de leur protection qui doit être renforcée, notamment en France, mais aussi la question de la fiabilité de leurs informations. La France prévoit qu'ils puissent être incriminés s'ils n'étaient pas de bonne foi. Dans l'affaire Panama papers, ce dernier point reste sans réponse à ce stade puisque leur identité n'est pas connue et encore moins révélée. En conséquence il est impossible de connaître quelle législation pourrait s'appliquer en cas d'information erronée…

maCommune.info : les médias ne livrent pas tous les mêmes noms, et/ou pas de la même manière. Que cela vous inspire-t-il ?

É. A : C’est une question de crédibilité de l’information. Le sujet est tellement important que l’information délivrée doit être sûre. Déjà pour ne pas livrer en pâture des personnes qui pourraient être injustement incriminées  -on revient sur le risque d’atteinte aux libertés- mais aussi pour l’efficacité même de cette bataille. Si des informations étaient démenties alors c’est la crédibilité même des lanceurs d’alerte et des médias qui serait questionnée et, au fond, la lutte contre les tricheurs et les criminels.

maCommune.info : Michel Sapin évoque l'idée d'une rémunération, sous certaines conditions, de lanceurs d'alerte. Qu'en pensez-vous ?

 É. A: Cela mérite réflexion. Ces dispositions existent dans le monde anglo-saxon et fonctionnent plutôt bien. Il est donc souhaitable d'y réfléchir même si aujourd'hui  je ne peux trancher en l'état. Il faut vraiment que cela soit efficace sans restreindre nos libertés. 

Propos recueillis par Albert Ziri pour maCommune.info

Politique

Face au changement climatique, les élus écologistes bisontins veulent construire des propositions avec les habitants

À Besançon, les élu(e)s Ecologistes, Génération.s et Société Civile du conseil municipal de Besançon misent sur le dialogue citoyen pour préparer la ville au changement climatique. C’est en ce sens qu’ils organiseront à la rentrée de septembre une convention citoyenne autour du sujet de la canicule et de la sécheresse afin de "nourrir des propositions" qu’ils présenteront ensuite en conseil municipal. D’ici là, les élus mèneront un cycle d’échange sous forme de rencontres informelles tout au long de l’été pour alimenter les réflexions.

Présidentielle 2027 : “Si on veut s’en tirer, faut se tirer !” selon le Mouvement Franche-Comté

Le président du Mouvement Franche-Comté (MFC), Jean-Philippe Allenbach, estime que les perspectives de l'élection présidentielle de 2027 justifient une réflexion sur l'avenir institutionnel de la Franche-Comté. Dans un communiqué intitulé ”Présidentielle 2027 : Si on veut s’en tirer, faut se tirer !”, il affirme que, compte tenu de la candidature annoncée de Marine Le Pen et des sondages actuels, les Francs-Comtois pourraient se retrouver sous la présidence de Marine Le Pen ou de Jean-Luc Mélenchon, ce qu'il craint.

Marine Le Pen éligible, mais sous bracelet électronique, donnera sa décision pour la présidentielle à 20h00

Éligible, mais sous bracelet : la justice a ouvert mardi 7 juillet 2026 la voie à une possible quatrième candidature à la présidentielle de Marine Le Pen en réduisant sa peine d'inéligibilité à seulement quinze mois ferme, déjà purgés, mais la dirigeante d'extrême droite devrait faire une partie de sa campagne sous bracelet électronique si elle se lançait malgré cette condamnation.

Manque de stationnement aux Hauts-du Chazal : Laurent Croizier demande la création d’un pôle multimodal à Franois

Laurent Croizier, député du Doubs et conseiller communautaire au Grand Besançon Métropole, alerte ce 7 juillet 2026 sur la nécessité de mettre en place un pôle multimodal "train, tram, stationnement, bus, vélos" à Franois afin de faire face aux problèmes de stationnement sur le secteur des Hauts-du-Chazale et autour de l’hôpital Minjoz à Besançon.

Jean-François Longeot appelle le Sénat à évaluer la gestion de la crise liée à la canicule

Après une canicule dont ses conséquences continueront de se faire sentir ces prochains temps, le sénateur du Doubs Jean-François Longeot, président de la commission de l’Aménagement du Territoire et du Développement Durable, estime qu’il est nécessaire d’engager sans attendre une évaluation de la gestion de cette crise. Pour l’élu, ”il ne s’agit pas seulement de comprendre ce qui vient de se passer, mais de préparer dès aujourd’hui les réponses aux crises climatiques qui s’annoncent.”

Coupe du monde : les élus communistes de Besançon réclament une fan zone pour le match France-Maroc

Dans un communiqué publié le 6 juillet 2026, Hasni Alem, au nom des élus communistes de la ville de Besançon, appelle la municipalité à organiser une fan zone à l'occasion du match de quart de finale de la Coupe du monde France-Maroc, jeudi 9 juillet. L'élu demande à la Ville d'agir rapidement afin de permettre aux Bisontins de suivre la rencontre ”dans un cadre populaire, sécurisé et accessible à toutes et tous”.

“Soutien aux violeurs étrangers” : la porte-parole de Némésis condamnée après une plainte d’Anne Vignot

La porte-parole du collectif d'extrême droite Némésis, Yona Faedda, a été reconnue coupable de diffamation par la justice à la suite d'une plainte déposée par Anne Vignot, ancienne maire de Besançon, a-t-on appris vendredi 3 juillet 2026. il s'agit de la première condamnation pénale de ce collectif Némésis.

Golden Coast Festival : le RN demande la suspension des subventions après l’annonce de la venue du rappeur Médine

Le groupe Rassemblement national (RN) au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté demande la suspension des subventions publiques accordées au Golden Coast Festival après l'annonce de la participation du rappeur Médine, prévue le 30 août 2026 à Dijon.

Laurent Croizier élu vice-président de la mission parlementaire sur “le maillage scolaire à l’épreuve du défi démographique” 

Face à la baisse des effectifs scolaires et à ses conséquences sur l’organisation du service public d’éducation, l’Assemblée nationale a créé une mission d’information consacrée au "maillage scolaire à l’épreuve du défi démographique". Le député du Doubs Laurent Croizier a été élu vice-président de cette mission, aux côtés du président David Habib et du Rapporteur Loïc Kervran, a-t-on appris ce jeudi 2 juillet 2026.

Chaleur : quand la mini-prairie de la place Leclerc venge Anne Vignot face au fleurissement de Ludovic Fagaut

À son tour, l'ancienne maire écologiste de Besançon, Anne Vignot, a réagi dimanche 28 juin 2026 sur les réseaux sociaux à la gestion des espaces verts de la ville en pleine période de fortes chaleurs. Sa publication fait suite au maintien de la végétation de la place Leclerc, alors que plusieurs mini-prairies urbaines de ce type, mises en place dès le début de son mandat, ont été remplacées sous l'actuelle municipalité de Ludovic Fagaut par des plantations géométriques de fleurs qui ne tiennent pas le choc de la canicule.

La canicule assèche les nouvelles fleurs à Besançon : LFI fustige la politique municipale des espaces verts

Dans un communiqué du 27 juin 2026, Séverine Véziès, conseillère municipale La France insoumise (LFI) à Besançon, remet une nouvelle fois en question plusieurs choix de la municipalité concernant la gestion des espaces verts, qu'elle juge incompatibles avec les objectifs d'adaptation au changement climatique puisque les fleurs plantées au printemps dans la ville ne résistent pas à la canicule malgré l'arrosage.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 29.88
ciel dégagé
le 09/07 à 14h00
Vent
4.04 m/s
Pression
1013 hPa
Humidité
41 %

Sondage