Apéro frondeurs à l'Élysée : François Hollande veut rassembler

Publié le 12/03/2015 - 10:40
Mis à jour le 13/03/2015 - 15:45

Durant plus de deux heures, le président de la République a symboliquement conviés autour de la table du Conseil des ministres quatorze députés PS frondeurs. Parmi eux; la député du Doubs Barbara Romagnan. Un dialogue jugé « très cash ». Une conversation bien loin des sanctions envisagées un temps, quand ces élus avaient contraint le gouvernement à passer en force pour imposer la loi Macron. Au lendemain de cet « apéro frondeurs », la presse estime que François Hollande s’est livré ce mercredi 11 mars 2015 à un exercice « surprenant ».

Par cet entretien et au risque d'irriter les "bons élèves" de sa majorité, le président de la République a souhaité renouer le dialogue avec ces socialistes récalcitrants à l'approche d'élections départementales hautement périlleuses et en vue de 2017.

Barbara Romagnan : "Volonté de rassemblement"

"On a pu exposer nos convictions, nos raisonnements", a déclaré la députée du Doubs Barbara Romagnan, soulignant que de son côté, le président avait affirmé "sa volonté de rassemblement".

"C'était un vrai échange, pendant 2h15, autour de la table du Conseil des ministres, pas une rencontre pour se faire des reproches", a relaté de son côté  le député de la Nièvre Christian Paul.

Le message adressé au président était qu'"en l'état sa politique ne passe pas auprès de la majorité" mais "l'essentiel est qu'il y ait un dialogue", a pour sa part estimé Pouria Amirshahi. Et, selon lui, François Hollande n'était "ni dans le reproche, ni dans la justification totale" de sa politique qui souligne que cette rencontre, est la reconnaissance d'un fait politique :  "c'est nouveau et c'est quelque chose de signifiant".

Déjà à la sortie du Conseil des ministres, Manuel Valls s'était adressé à la presse pour justifier cette mansuétude, et marteler une priorité: "rassembler", dès le premier tour des départementales le 22 mars, les socialistes et la gauche pour contrer "la montée particulièrement inquiétante du Front national". 

2017 en ligne de mire ?

François Hollande veut-il également s'assurer d'une majorité à deux ans de la présidentielle? "Le président souhaite œuvrer au rassemblement à l'unité de tous les Français, c'est l'esprit du 11 janvier", répond son entourage, "il pense que c'est essentiel pour la réussite de son action". Pour autant et "quelles que soient les personnes reçues à l’Élysée, l'idée est d'avoir des discussions très directes et libres mais en aucun cas de discuter de la ligne ou de la composition du gouvernement", assure-t-on de même source. 

Du changement ? Pas vraiment pour maintenant !

François Hollande lui-même l'a affirmé dans un entretien avec Challenges: il n'y aura "pas de changement, ni de ligne ni de premier ministre" en cas de défaite du PS aux départementales.

Pour autant, le chef de l’État n'exclut pas un élargissement de la majorité au nom de l'"exigence impérieuse du combat contre le Front National". Cécile Duflot (EELV), qui a refusé d'intégrer le gouvernement de Manuel Valls en 2014, entraînant le départ des écologistes, "est intelligente, elle comprendra", assure-t-il.

En privé, il le répète à l'envi: "La porte (du gouvernement) reste ouverte" pour les Verts dont il "ne souhaitait pas le départ du gouvernement". "Ce qu'il faut aujourd'hui, c'est retricoter la gauche", décrypte un proche. "Pas la peine d'essayer de rallier le parti de gauche et le PCF mais il faut ramener les écologistes et rallier les frondeurs" dans le but de "ressouder la famille socialiste avec les radicaux et d'y agréger les Verts", explique-t-il. 

Un remaniement n'est "pas du tout la préoccupation du moment", abonde l'entourage du chef de l’État, "notre préoccupation, c'est l'action, pas la réflexion sur la construction d'un mécano".

 Info + : La presse "surprise" 

Ce jeudi matin la presse parle d'un exercice "surprenant" de la part de  François Hollande qui, tout en recevant les «frondeurs» est resté «droit dans ses bottes» au niveau de sa ligne politique et de son Premier ministre pour l’après «gifle électorale» annoncée pour les départementales de fin mars. «Hollande courtise les frondeurs mais ne veut pas changer de cap», résume Le Figaro. 

Une première victoire pour les frondeurs ?

Nicolas Beytout dans l’Opinion voit pourtant dans l’invitation de mercredi une «première victoire pour les frondeurs» à qui François Hollande «donne quitus de leur importance dans le jeu politique». Mais «quelle que soit l’ampleur du désastre annoncé aux élections départementales, Manuel Valls est assuré de demeurer à Matignon», s’étrangle-t-il. «Circulez, il n’y a rien à changer...» 

«Le changement ce n’est plus maintenant», renchérit Jean Levallois (La Presse de la Manche) dans un énième détournement du slogan de campagne du candidat Hollande en 2012. «Affirmer qu’il ne saurait y avoir un fléchissement de sa politique et recevoir dans la foulée ceux pour lesquels cette politique fait problème et les conduit à faire une grosse colère, c’est tout à fait surprenant», relève-t-il, parlant d’un président «droit dans ses bottes».

 «A vingt jours d’une nouvelle gifle électorale sur laquelle chacun s’accorde, François Hollande annonce la couleur : il acte lui-même cette débâcle et annonce qu’il ne changera ni de ligne, ni de Premier ministre», analyse Jean-Marcel Bouguereau (L'Obs) . «Hier soir, il recevait les +frondeurs+. Pas pour les conforter dans leur opposition ni pour leur annoncer un tournant vers une +autre politique+, mais plutôt pour essayer d’en débaucher quelques uns». 

Mais «si certains dirigeants d’Europe Ecologie (Placé, Rugy) ou d’autres personnalités (Benhamias, Lepage) sont tentés par des ministères», souligne Bruno Dive (Sud-Ouest), «Cécile Duflot, qui tient l’appareil d’EELV, ne veut pas en entendre parler». Si bien que les «grandes manoeuvres» présidentielles «pourraient tout aussi bien ajouter la confusion aux divisions».

Pour Bernard Stéphan (La Montagne), le maître mot du jour était «rabibocher» grâce notamment à une «opération séduction sans concession sur le fond» à destination des frondeurs. «Le nouveau paysage politique français, ce tripartisme qui semble désormais s’imposer, oblige la gauche au rassemblement» pour être au second tour, ajoute-t-il. 

Selon lui «c’est le but des manoeuvres de l’exécutif pour préparer un retour au bercail de l’union de tous les socialistes, du plus grand nombre d’écologistes et des radicaux sans exception. Au risque du +suicide politique en direct+, selon l’expression de Jean-Christophe Cambadélis». 

(Avec AFP)

Politique

Prix du carburant : les élus communistes demandent à Ludovic Fagaut d’élargir le télétravail pour les agents municipaux

Les élu(e)s communistes au conseil municipal de Besançon, Hasni Alem et Aline Chassagne, ont adressé au maire de la ville, Ludovic Fagaut, une proposition visant à favoriser le télétravail des agents municipaux, dans un contexte de forte hausse des prix des carburants.

Indépendance régionale : le Mouvement Franche-Comté presse Laurent Croizier de suivre l’exemple alsacien

À l’approche de l’examen à l’Assemblée nationale, les 7 et 8 avril prochains, d’un projet de loi porté par la députée Brigitte Klinkert visant à faire sortir l’Alsace de la région Grand Est, le débat sur l’organisation territoriale refait surface dans d’autres territoires, y compris en Bourgogne Franche-Comté...

À Besançon, Place publique appelle à une recomposition de la gauche après la victoire de la droite

À l’issue du scrutin municipal dont le second tour s'est déroulé le 22 mars dernier, les électeurs ont porté au pouvoir une équipe de droite menée par Ludovic Fagaut, marquant un revers significatif pour la majorité sortante. Dans un communiqué du 1er avril, Place publique annonce vouloir ”fédérer les forces de la gauche républicaine et réaliste”.

Tensions au conseil municipal de Besançon : lettre ouverte à Ludovic Fagaut des élus Insoumis(es)

Dans une lettre ouverte adressée au maire de Besançon, Ludovic Fagaut, cinq jours après le premier conseil municipal, les élu(e)s du groupe de La France insoumise dénoncent son déroulement organisé après les élections du 22 mars 2026. Ils pointent à la fois un refus d’expression de l’opposition et un climat de tensions marqué par des incidents verbaux.

Dominique Voynet dénonce les suppressions de postes et de classes dans le Doubs

La députée Les Écologistes du Doubs, Dominique Voynet, a publié un communiqué le 1er avril 2026 pour exprimer son soutien aux enseignants mobilisés contre les réductions de postes prévues à la rentrée 2026. Selon elle, les annonces gouvernementales ne reflètent pas la réalité sur le terrain.

Ludovic Fagaut veut “donner les moyens” à la police municipale de réussir ses missions

VIDÉO • Il avait fait de la sécurité l’un des points forts de son programme de campagne, le maire de Besançon a donc rapidement mis à exécution ses paroles en consacrant sa première visite officielle à la rencontre des agents de police municipaux et de leurs locaux ce mardi 31 mars 2026.

Besançon : une vague de fermetures de classes dénoncée par les élu·es insoumis·es

Les élu(e)s insoumis(e)s au conseil municipal de Besançon tirent la sonnette d’alarme après l’annonce de nouvelles fermetures de classes dans le département du Doubs. Ils dénoncent dans un communiqué du 30 mars 2026, 27 fermetures de classes à Besançon, 109 dans le Doubs sont prévues, pour seulement 28 ouvertures à l’échelle départementale.

“Le Conseil municipal de Besançon n’est pas une Assemblée générale de La France Insoumise” s’insurge Laurent Croizier

Lors du Conseil municipal d’installation de Ludovic Fagaut à la tête de la mairie ce 27 mars 2026, les élus de l’opposition ont quitté l’assemblée suite au refus du nouveau maire de donner la parole à tous les groupes d’opposition, ces derniers n’étant pas encore installés. Laurent Croizier, député du Doubs et membre de la majorité, a souhaité réagir.

Clash au conseil municipal de Besançon : l’opposition quitte l’assemblée

Réactions de l'opposition en vidéo • Les échanges ont été houleux après la prise de parole de la maire sortante Anne Vignot qui s’est exprimée lors du conseil municipal ce 27 mars 2026 à Besançon. Si elle a eu le droit à la parole, elle a été refusée à Séverine Véziès, siégeant pour LFI. Les élus de l’opposition ont quitté le conseil. Les délégués au CCAS et les délégués à la commission d’appel d’offres des marchés publics ont ensuite été élus. Une situation que dénonce Anne Vignot qui veut saisir le préfet et si besoin amener l’affaire au tribunal administratif.

Vivez en direct le Conseil municipal d’installation

C’est un moment historique que s’apprête à vivre la Ville de Besançon. À gauche depuis 1953, elle va laisser siéger Ludovic Fagaut (LR), premier maire à droite depuis Henri Régnier. Après le rappel des résultats, les 55 nouveaux conseillers municipaux éliront leur maire. Suivez le conseil en direct sur maCommune.info.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 19.88
couvert
le 06/04 à 15h00
Vent
1.89 m/s
Pression
1024 hPa
Humidité
46 %