Cancer du sein : un nouveau traitement disponible en France pour "gagner des mois de vie"

Publié le 24/10/2021 - 18:36
Mis à jour le 28/10/2021 - 11:06

Des centaines de femmes atteintes d’un cancer du sein très agressif auront accès en France dès le mois prochain à un traitement innovant qui allonge la durée de survie de plusieurs mois : un « espoir », en attendant d’autres thérapies.

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Si on pense communément que le cancer du sein se soigne bien désormais, ce n'est pas le cas du cancer dit "triple négatif", qui touche environ 15 % des patientes, soit 9.000 nouveaux cas par an.

Sa caractéristique : il ne présente aucun marqueur (récepteurs hormonaux ou protéine HER2) à la surface des cellules cancéreuses, susceptible de répondre à une thérapie ciblée existante. Les risques de récidives sont élevés: 30 % dans les trois ans qui suivent le diagnostic.

En cas de récidive avec métastases, le pronostic de ce cancer ne s'est pas amélioré au cours des 20 dernières années faute de thérapies efficaces: un taux de survie à cinq ans de 11,3 %. Les femmes touchées sont souvent plus jeunes que la moyenne (40 % ont moins de 40 ans).

Cette nouvelle thérapie est un traitement par anticorps conjugué à une chimiothérapie, fabriqué par le laboratoire américain Gilead, qui s'adresse aux femmes "en échec thérapeutique" après avoir déjà reçu deux autres traitements.

Des résultats d'études ont montré que la médiane de survie sans progression de ces tumeurs était augmentée de quatre mois et que la médiane de survie globale était doublée (12,1 mois, contre 6,7 mois avec la chimiothérapie).

"C'est un vrai progrès, on n'avait jamais eu d'aussi bons résultats dans cette situation pour le cancer du sein triple négatif métastatique", assure à l'AFP Delphine Loirat, oncologue médicale à l'Institut Curie et investigatrice principale de l'étude ASCENT, qui a évalué cette thérapie.

Besoin en urgence"

Le ministre de la Santé Olivier Véran, l'a récemment annoncé à l'Assemblée nationale: le Trodelvy sera disponible en France en accès précoce à compter du 1er novembre.

Jusqu'à présent, en attendant l'autorisation de mise sur le marché (AMM) par l'Agence européenne des médicaments - qui vient juste d'être donnée -, des autorisations temporaires d'utilisation (ATU) nominatives avaient été accordées en France, bénéficiant à quelques dizaines de femmes seulement.

Mais le pays s'était ensuite heurté à un problème d'approvisionnement.

"Grâce à la mobilisation conjointe de nombreux acteurs (associations, oncologues, politiques, médias...), nous avons obtenu du laboratoire un accès précoce pour toutes les patientes qui en ont besoin", se félicite Isabelle Yoldjian, directrice médicaments en gynécologie à l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

Claude Coutier, 52 ans, porte-parole du collectif #Mobilisationtriplettes, constitué il y a moins d'un an par des femmes atteintes du cancer triple négatif, ne peut qu'applaudir le résultat de cette "action collective": "un récent sondage nous a montré que quelque 600 femmes ont besoin en urgence du Trodelvy".

"Des familles vont pouvoir rester ensemble plus longtemps, ça donne l'espoir de voir arriver ensuite d'autres traitements", dit-elle. Car comme d'autres tumeurs, le cancer du sein triple négatif métastatique ne se guérit pas.

"Nous voulons soutenir la recherche, à ce jour les thérapies innovantes pour ce cancer sont quasi-inexistantes, hors essais cliniques", rappelle Claude Coutier.

Parmi les programmes en cours en France, l'essai clinique Mondrian de l'Institut Curie a été lancé pour pouvoir estimer rapidement si un cancer du sein triple négatif répond ou non à la chimiothérapie et gagner ainsi du temps.

L'Institut Gustave-Roussy a de son côté initié le programme Compass, dont l'objectif est d'évaluer l'efficacité de différentes combinaisons de traitements innovants.

Des études ont aussi montré que l'immunothérapie (une approche thérapeutique qui agit sur le système immunitaire) améliore la survie globale de certaines femmes atteintes d'un cancer du sein métastatique triple négatif.

(SOURCE AFP)

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