Condamnation "inédite" d'une fromagerie pour avoir pollué un ruisseau

Publié le 08/07/2022 - 12:27
Mis à jour le 08/07/2022 - 12:39

La fruitière à comté Monnin a été condamnée vendredi par le tribunal correctionnel de Besançon à 70.000 euros d'amende, dont 40.000 euros avec sursis, pour avoir pollué un ruisseau qui coulait à proximité, une condamnation "inédite", selon le parquet.

La fromagerie Monnin, qui fabrique du morbier et du comté, fromage AOP (Appellation d'origine protégée) le plus vendu en France, a été reconnue coupable du délit de "pollution générale des eaux" entre avril et mars 2021.

"C'est une audience inédite, les fromageries sont très peu contrôlées", a souligné Claire Keller, parquetière spécialisée en charge du pôle régional de l'environnement. Cette condamnation pourrait faire jurisprudence.

La société déversait directement dans le sol une partie des déchets issus de la fabrication du fromage, qui s'infiltraient dans le sous-sol calcaire karstique avant de ressortir dans le ruisseau de Bonnecreau, un affluant de la Loue.

L'alerte avait été donnée par les riverains qui avaient constaté la présence inhabituelle d'algues. Une enquête avait été ouverte, menée par l'Office français pour la biodiversité (OFB).

Le tribunal a également condamné la fromagerie à une contravention de 7.000 euros pour "violation d'un arrêté préfectoral" entre août 2019 et février 2021. Cet arrêté l'autorisait à traiter 21.000 litres de lait par jour, et quantifiait le litrage qu'elle pouvait légalement déverser dans la rivière.

Mais l'enquête a établi qu'elle en avait traité jusqu'à 33.500 litres en mai 2020. Le gérant et son fils ont par ailleurs été condamnés à verser chacun 5.000 euros d'amende, dont 3.000 euros avec sursis, pour "pollution générale des eaux" et 1.000 euros pour "violation d'un arrêté préfectoral".

La fromagerie Monnin, crée à Chantrans en 1994, près d'Ornans, emploie une vingtaine de salariés et dégage un bénéfice annuel de près de 800.000 euros.

Elle avait fait l'objet de trois mises en demeure de la préfecture du Doubs pour se mettre en conformité.

La Fédération de pêche, qui s'alarme de la pollution des rivières du Doubs, notamment réputées pour la pêche à la truite, s'était portée partie civile au titre du préjudice écologique.

(Avec AFP)

Soyez le premier à commenter...

Un commentaire

Laisser un commentaire

Justice

Incendie à Crans-Montana : un plaignant réclame la récusation des procureures chargées de l’enquête

L'avocat du père d'une victime de l'incendie de Crans-Montana, qui a fait 41 morts et 115 blessés la nuit du nouvel an dans la station de ski suisse, a réclamé vendredi 6 février 2026 la récusation des procureures chargées de l'enquête, qu'il accuse de "grave manquements".

Incendie mortel à Crans-Montana : “pas un seul instant nous ne pensons pas aux victimes”, assure le co-propriétaire

Jacques Moretti, co-propriétaire avec son épouse du bar incendié la nuit du nouvel an dans la station suisse de Crans-Montana, a assuré vendredi 6 février 2026 que le couple ne passait "pas un seul instant" sans penser aux victimes du drame, qui a fait 41 morts et 115 blessés.moretti

Affaire Péchier : la demande de mise en liberté examinée le 11 février par le tribunal de Besançon

Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour 30 crimes d’empoisonnement, l’ex-anesthésiste Frédéric Péchier verra sa demande de mise en liberté examinée le 11 février 2026 par le tribunal de Besançon. L’accès à l’audience sera limité en raison de la capacité réduite de la salle.

Besançon : 15 ans de réclusion pour le meurtre d’un Bosniaque sur fond de trafic de drogue

Un homme de 20 ans a été condamné mercredi à 6 février 202615 ans de réclusion pour le meurtre d'un quadragénaire bosniaque à Besançon en 2023 sur fond de trafic de drogue, des faits commis alors qu'il était mineur, a-t-on appris auprès des avocats impliqués.

Un des deux évadés de Dijon condamné à 12 ans de réclusion pour violences sur son ex

Un des deux hommes qui s'était évadé fin novembre de la prison de Dijon, avant d'être rapidement repris, a été condamné lundi à Lons-le-Saunier à 12 ans de réclusion pour des violences sur son ex-compagne, qu'il avait éborgnée en lui plantant une fourchette dans l'oeil.

Il avait tué son compagnon en l’écrasant : peine de 15 ans de prison confirmée en appel   

Un homme de 46 ans a été condamné jeudi 22 janvier 2026 en appel à Lons-le-Saunier à 15 ans de réclusion criminelle pour avoir tué son compagnon en 2022 en lui roulant dessus avec sa voiture, la même peine que celle infligée il y a un an en première instance. L'accusation avait requis 25 ans de réclusion.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 7.66
peu nuageux
le 08/02 à 12h00
Vent
1.38 m/s
Pression
1006 hPa
Humidité
90 %