Décès de Brigitte Bardot : son engagement pour la cause animale en Franche-Comté

Publié le 29/12/2025 - 10:00
Mis à jour le 29/12/2025 - 10:10

Brigitte Bardot s’est éteinte dimanche 28 décembre 2025 à l’aube, à l’âge de 91 ans. L’ancienne actrice est décédée dans sa maison de Saint-Tropez, entourée de son mari Bernard d’Ormale. Entre 2017 et 2024, elle s'était impliquée dans plusieurs campagnes de défense des animaux à Besançon et en Franche-Comté.

En mai 2018. © Fondation Bardot
En mai 2018. © Fondation Bardot

Icône du cinéma français, celle que le monde entier surnommait "B.B." a marqué plusieurs générations grâce à des rôles devenus cultes, notamment dans Et Dieu… créa la femme de Roger Vadim en 1956 ou Le Mépris de Jean-Luc Godard en 1963. Actrice, mannequin et chanteuse, elle s’était ensuite retirée de la scène médiatique pour se consacrer pleinement à la cause animale, devenant l’une des figures majeures de la défense des animaux en France.

À travers la Fondation Brigitte Bardot, elle s’était à plusieurs reprises engagée dans des dossiers concernant le Doubs et la Franche-Comté. Fin 2024, elle avait adressé une lettre ouverte au préfet du Doubs, Rémi Bastille, pour dénoncer un plan de chasse visant les chamois. En 2012, elle s’était également opposée à l’abattage de visons à Émagny. En décembre 2017, la fondation était intervenue dans une affaire de maltraitance animale touchant un cheptel de vaches à Saint-Vit.

L’un des épisodes les plus marquants reste sa réaction en février 2017 à la mort de "Bouloute", un ragondin domestiqué tué par les services municipaux au parc Micaud, à Besançon. Brigitte Bardot avait alors parlé d’"assassinat" dans une lettre ouverte, dénonçant la décision de la mairie et décrivant l’animal comme inoffensif, apprivoisé et apprécié des enfants.

Une longue proximité avec l'extrême droite

Par ailleurs, Brigitte Bardot a longtemps flirté avec l'extrême droite et voyait en Marine Le Pen, patronne du Front national devenu RN, "la Jeanne d'Arc du XXIe siècle", tout en assurant que ses choix politiques étaient avant tout dictés par la cause animale.

"On m'a fermement collé une image de frontiste" pour avoir répondu au début des années 1990 à un questionnaire du quotidien catholique d'extrême droite Présent, affirmait-elle en 2018 dans son livre testament Larmes de combat. "N'ayant jamais fait de politique de ma vie, je ne savais tout simplement pas ce qu'était +l'extrême droite+", assurait l'icône du cinéma français devenue militante de la cause animale. "A partir de ce jour-là, je fus considérée comme raciste, FN, égérie de Jean-Marie Le Pen et j'en passe".

"Je n'ai jamais demandé à personne d'être raciste et je ne pense pas nourrir de haine raciale", affirmait-elle en dépit de plusieurs condamnations, notamment pour des propos contre les musulmans.

Brigitte Bardot, qui prêta ses traits à la Marianne républicaine dans les années 1960, se revendiquait "conservatrice" en politique et "patriote". La droite est le "seul remède urgentissime à l'agonie de la France", écrivait-elle dans son "BBcédaire" paru en 2025.

En 1996, dans sa biographie "Initiales B.B.", elle rendait hommage à Jean-Marie Le Pen, "un homme charmant, intelligent, révolté comme moi par certaines choses" et ne cachait pas partager les idées du fondateur du FN contre "la poussée terrifiante de l'immigration". C'est chez lui qu'elle avait rencontré son quatrième mari, Bernard d'Ormale.

En 2012, B.B. appelait les maires de France à apporter leurs parrainages à Marine Le Pen, candidate à la présidentielle, et annonçait voter pour cette "femme admirable". Avant la présidentielle de 2017, elle affirmait encore : "Marine Le Pen, je l'aime beaucoup et depuis longtemps".

Brigitte Bardot, qui se disait "contre le vivre ensemble", voyait en elle une responsable politique capable de "reprendre la France en main, de remettre des frontières et de redonner la priorité aux Français".

"Le départ de Brigitte est un chagrin immense", a écrit dimanche Marine Le Pen sur X, tandis que Jordan Bardella, président du RN, rendait hommage à "une ardente patriote".

"Perspective identitaire"

Dans le passé, Jean-Marie Le Pen et sa fille ont régulièrement rendu hommage à l'ancienne actrice. "Les plages françaises sont celles de Bardot et Vadim", affirmait Marine Le Pen en pleine polémique sur le burkini à l'été 2016, en allusion au film Et Dieu... créa la femme.

"La référence à Bardot est faite dans une perspective identitaire" et permet au parti de gagner en légitimité, alors qu'il est dans l'ensemble boudé par les artistes, décryptait en 2018 Sylvain Crépon, enseignant-chercheur en sciences politiques, auprès de l'AFP.

Souvent reçue à l'Elysée, Brigitte Bardot a pu avoir la dent dure avec les chefs de l'Etat, pas assez engagés, selon elle, dans la protection des animaux.

Invitée par Charles de Gaulle, elle était arrivée vêtue d'une veste à brandebourgs et avait été accueillie par un "Chic! Un militaire". Valéry Giscard d'Estaing, "son ami", l'avait "draguée", racontait-elle.

François Mitterrand, "maudit soit le jour de son investiture. (...) Toute la détresse que nous subissons est la suite de son oeuvre maléfique", lâchait-elle dans son "BBcédaire".

Quant à Jacques Chirac, "c'est le roi des menteurs" qui "fait la course" avec Nicolas Sarkozy, avait-elle assuré dans une interview à France 2.

Dans une lettre ouverte, elle fustigeait encore l'"inutilité", la "lâcheté" et le "mépris des Français" d'Emmanuel Macron. "Je juge les politiques à l'aune de ce qu'ils proposent pour la cause animale. C'est aussi simple que ça", disait-elle au Monde en 2017.

"J'ai eu un espoir insensé quand le Front national a fait des propositions concrètes pour réduire la souffrance animale. Mais j'ai aussi sollicité (le chef de file de La France insoumise) Mélenchon (...) Si demain un communiste reprend les propositions de ma fondation, j'applaudis et je vote", assurait-elle.

La cause animale a souvent figuré dans les programmes électoraux en France, parmi les pays d'Europe qui comptent le plus d'animaux de compagnie, rappelait le politologue Sylvain Crépon. Mais, selon lui, Brigitte Bardot avait "une sémantique beaucoup plus proche du FN".

(Avec AFP)

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