Fonctionnaires : "modernisation" pour Bercy, "mise à mort" du statut pour les syndicats

Publié le 14/02/2019 - 08:55
Mis à jour le 14/02/2019 - 08:55

Recours élargi aux contractuels et pont élargi entre public et privé, harmonisation du temps de travail en particulier dans la fonction publique territoriale, rémunération au mérite, refonte des instances de dialogue social : le projet de loi sur la fonction publique pour moderniser le statut des fonctionnaires a du mal à passer. Après un an de concertations sur le texte qui s’accompagne d’une coupe de 120.000 agents d’ici 2022, sept syndicats de fonctionnaires sur neuf ont « claqué la porte » et dénoncent une « mise à mort » du statut de la fonction publique

© Twitter @dgafp ©
© Twitter @dgafp ©

Sept syndicats de fonctionnaires sur neuf ont "claqué la porte" mercredi 13 février 2019  de la réunion animée par le secrétaire d'Etat Olivier Dussopt, en charge de cette réforme explosive, pour dénoncer une profonde "remise en cause du socle" et du statut de la fonction publique.

Dans le projet de loi qui doit être présenté ce jeudi 14 février 2019 à la presse, fin mars en Conseil des ministres et dont l'AFP a obtenu copie, il est évoqué la création d'un "comité social d'administration", instance unique qui en remplacera deux ("CT" et "CHSCT") en s'inspirant de ce qui a été fait dans le secteur privé. Selon Bercy, il s'agit de rompre avec des "instances trop nombreuses, traitant de chaque cas individuel" et qui font que "le dialogue social perd en efficacité".

Les prérogatives des commissions administratives paritaires seront restreintes aux situations exceptionnelles (procédures disciplinaires, recours). Ces "CAP" ne gèreront donc plus la mobilité des fonctionnaires.

Un point technique mais crucial, s'inquiètent les syndicats, comme l'Unsa qui pense que cette "transformation renforcera l'individualisation des relations entre le supérieur hiérarchique et l'agent". Luc Farré, secrétaire général de l'Unsa, y voit une "tentation" de mise à l'écart des syndicats chez les 5,5 millions de fonctionnaires.

La réforme prévoit aussi, comme attendu, une rémunération au mérite qui "peut tenir compte" des "résultats professionnels", sur le modèle du secteur privé, même si le détail passera surtout par voie réglementaire.

"Riposte"

Autre point d'achoppement, le projet élargit les possibilités de recours à des contractuels sur des postes à haute responsabilité, notamment de directeurs généraux.

Afin d'en finir avec un excès "de normes et de lourdeurs (qui) entravent" les agents, selon les termes du cabinet d'Olivier Dussopt, il est encore prévu dans cette réforme d'élargir le recours aux contractuels pour les emplois publics de toutes les catégories lorsque les fonctions ne nécessitent pas de "formation spécifique".

Par ailleurs, entre autres ponts jetés entre le public et le privé, le texte introduit l'expérimentation de la rupture conventionnelle pour les agents en CDI et la garantie, dans le cadre de "plans de départs volontaires", d'un reclassement ou d'un accompagnement dans le privé.

La réforme doit également intégrer dans la loi un protocole sur l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Une harmonisation du temps de travail, en particulier dans la fonction publique territoriale est également prévue. En effet, les collectivités bénéficient de dérogations : le temps de travail y est en moyenne de 34 heures par semaine. Augmenter ce temps de travail permettrait de dégager l'équivalent de 32.000 emplois (temps plein), soit près de la moitié des suppressions de poste dans la fonction publique territoriale promises par Emmanuel Macron d'ici à 2022.

"Cette réforme n'est pas celle de la fin du statut ou de la +casse+ du service public. C'est au contraire celle d'un statut modernisé, adapté aux (...) nouveaux besoins de la société", souligne-t-on à Bercy.

A l'inverse, les organisations syndicales ont "claqué la porte car le texte n'est pas acceptable" et qu'Olivier Dussopt "n'entend rien de nos revendications", a déploré auprès de l'AFP Gaëlle Martinez, déléguée nationale de Solidaires-Fonction publique à la sortie de la réunion.

Les organisations réclament, a minima, le renforcement des postes statutaires et un dégel du point d'indice, qui fige le salaire des fonctionnaires depuis 2010 (à l'exception de 2016 et 2017).

Le projet de loi, qui doit désormais passer en Conseil commun de la fonction publique le 6 mars pour validation, "reprend les pires craintes qu'on pouvait avoir", insiste Jean-Marc Canon, secrétaire général de la CGT-Fonctionnaires, premier syndicat de la branche.

Avec seulement deux semaines pour proposer des amendements, c'est "un passage en force sans précédent" et une "mise à mort" à terme du statut des fonctionnaires. Qui appelle, selon M. Canon, une "riposte syndicale sans précédent". Les organisations se réuniront lundi prochain pour déterminer si elles appellent à la grève.

(AFP)

Politique

Armes létales et vidéosurveillance à Besançon : les élus insoumis saisissent le préfet du Doubs

À Besançon, le conseil municipal de rentrée du 17 septembre 2026 continue de susciter des réactions. Les élu(e)s de La France insoumise, Séverine Véziès, Hélène Magnin-Feysot et Martin Mellion, mettent aujourd’hui en cause la légalité de deux délibérations adoptées lors de cette séance, l’une concernant l’armement létal de la police municipale, l’autre l’extension de la vidéosurveillance. Ils ont saisi le préfet du Doubs afin qu’il exerce son contrôle de légalité et demande, le cas échéant, au tribunal administratif de suspendre ces décisions.

Violences sexistes et sexuelles : premier feu vert à l’Assemblée pour la loi " intégrale "

Les députés ont approuvé mercredi 24 septembre 2026 en commission la loi "intégrale" contre les violences sexistes et sexuelles (VSS), texte-fleuve censé répondre aux failles révélées par plusieurs scandales ces dernières années, avant l'arrivée dans l'hémicycle le 1er octobre.

Insee : en Bourgogne-Franche-Comté, les femmes investissent les conseils municipaux mais peinent encore à devenir maires

L’Insee a publié le 22 septembre 2026 une étude concernant la place des femmes lors des dernières élections municipales en Bourgogne-Franche-Comté. Il ressort de l’enquête que même si la part de féminisation progresse grâce notamment aux listes paritaires, elles restent très peu à occuper dans la région un poste de maire.

Un mur qu’on efface ne fait pas disparaître les idées

BILLET • L’art n’est pas là pour plaire, il n’est pas là pour flatter, rassurer ou obtenir l’approbation de tout le monde. L’art est là pour exprimer, pour questionner, pour déranger parfois, bousculer, pour provoquer, pour faire réfléchir. Et, de temps en temps, pour mettre en colère. C’est précisément pour cela qu’il est précieux.

À Besançon, la fresque de Nacle dénonçant les violences policières déjà recouverte

Dévoilée ce mardi 22 septembre 2026 sur le mur d’expression libre de la Malcombe, la nouvelle fresque du street artiste bisontin Nacle n’aura été visible que quelques heures. Dénonçant les violences policières, elle a été condamnée par le maire de Besançon, Ludovic Fagaut, avant d’être aussitôt recouverte dans l’après-midi par les services de la Ville.

Eau, transports, budget : les dossiers qui vont animer le prochain conseil de Grand Besançon Métropole 

VIDÉOS • En amont du Conseil communautaire du jeudi 24 septembre, le président de Grand Besançon Métropole, Ludovic Fagaut et ses vice-présidents ont présenté les principaux points à l'ordre du jour lors d’une conférence de presse lundi 21 septembre 2026.

Élue LFI menacée, son quartier révélé : les communistes interpellent le maire de Besançon

Lors du conseil municipal du 17 septembre, le maire a révélé publiquement le quartier de résidence de Séverine Véziès, présidente du groupe LFI. Les élus communistes dénoncent une prise de parole qu’ils jugent particulièrement préoccupante dans une lettre ouverte du 22 septembre, alors que l’élue concernée a reçu des menaces au cours de ces derniers mois.

Conseil municipal de Besançon : LFI accuse Fagaut de " censurer " et de ”passer en force”

Le conseil municipal de Besançon du jeudi 17 septembre 2026 continue de susciter de vives réactions dans les rangs de l’opposition. Dans deux textes distincts, le groupe d’élus La France insoumise (LFI) et le groupe des élus communistes mettent notamment en cause la manière dont les débats ont été conduits par le maire, Ludovic Fagaut. Ils dénoncent également la révélation publique du quartier de résidence de l’élue insoumise Séverine Véziès, dans un contexte où cette élue subit des menaces.

Ce que l’on a retenu du conseil municipal de Besançon du 17 septembre

Le conseil municipal de Besançon a effectué sa rentrée ce jeudi 17 septembre. À l’ordre du jour, plusieurs dossiers importants, dont la décision budgétaire modificative n°2, portant sur 800 000 euros. Un sujet qui a particulièrement animé les débats entre les élus de la majorité et ceux de l’opposition.

École, sécurité, agriculture, Assemblée nationale, présidentielle… Les confidences de Laurent Croizier sur son mandat et sur 2027

Le député de la première circonscription du Doubs (Modem), réélu en 2024, revient sur son action depuis 2022. À l’échelle locale comme nationale, il met en avant l’école, la sécurité, l’industrie et le numérique. Il défend également une approche qu’il veut pragmatique sur l’agriculture et critique le fonctionnement actuel de l’Assemblée nationale.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 13.35C°
ciel dégagé
le 27/09 à 02h00
Vent
1.61 m/s
Pression
1021 hPa
Humidité
72 %

Sondage