Loi immigration : Anne Vignot et sa majorité appellent à la "résistance"

Publié le 21/12/2023 - 20:10
Mis à jour le 21/12/2023 - 20:12

VIDÉO • Anne Vignot, maire de Besançon, entourée des chefs des partis de la majorité municipale, a convoqué la presse à l’accueil du musée de la Résistance et de la Déportation de la Citadelle jeudi 21 décembre 2023 pour s’exprimer sur la loi immigration votée à l’Assemblée nationale mardi.

Les représentants politiques présents : Anne Vignot et Anthony Poulin (Europe écologie Les verts), Nicolas Bodin (Parti socialiste), Kevin Bertagnoli (Génération.s), Hasni Alem (Parti communiste français) et Pascale Billeret (À gauche citoyens !).

”Très en colère”, étaient les premiers mots prononcés par la maire de Besançon ce jeudi après-midi suite au vote de la loi Darmanin, avant d’expliquer le choix ”très volontaire” de cette conférence de presse tenue au musée de la Résistance et de la Déportation à la Citadelle de Besançon, ”haut lieu de la Résistance”.

Dans son discours, on a pu entendre les mots ”rupture majeure”, ”horreur”, ”terreau de la peur et de la haine”, ou encore ”échec de la peur”, ”déshumanisation”, ”archaïsme incroyable”, ”désespoir”. Madame la maire a également parlé de ”résistance” et de ”lutte” contre cette loi pour éviter un retour ”dans les heures les plus sombres de notre Histoire.” 

Interview de Anne Vignot :

”Ce ne sont pas les espagnols ou les italiens, ce sont les noirs et les arabes”

Hasni Alem © Alexane Alfaro

Les autres représentants de la majorité municipale ont également pris la parole pour souligner et dénoncer plusieurs points. À commencer par Hasni Alem, adjoint des quartiers Palente, Orchamps, Clairs-Soleils et Vareilles qui n’a pas mâché ses mots. Selon lui, quand on parle des étrangers à travers cette loi immigration, ”il ne s’agit pas des espagnols ou des italiens, on parle des noirs et des arabes, c’est ça le coeur de la loi.” Et d’ajouter : ”S’il n’y a pas de résistance qu’est-ce qu’il y aura, qu’est-ce que ce sera demain ?” avant de parler d’”optique radicalisante”.

”Un tract des années 80 du FN”

Pascale Billeret © Alexane Alfaro

Pascale Billeret, conseillère municipale déléguée au projet éducatif de territoire a rappelé que lors du dernier conseil municipal début décembre, le projet éducatif 2024-2026 a été voté à l’unanimité, y compris par les élus Les Républicains. Un projet ”qui justement revendique l’idée et les valeurs de la République, à savoir comment on créé les relations avec les autres, comment on ouvre la culture aux autres, c’est l’inverse de ce qu’on peut voir dans cette loi sur l’immigration.”

Une loi qui est, selon elle, est ”un tract des années 80 du Front national”, en insistant sur le devoir de ”continuer à mettre en oeuvre les valeurs de la Républiques, Liberté, Égalité, Fraternité.”

”On ne peut pas faire du ‘en même temps’ avec les droits fondamentaux”

Anthony Poulin © Alexane Alfaro

Anthony Poulin, adjoint en charge notamment des finances, a également dit quelques mots. La Ville de Besançon ”continuera à appliquer le principe d’inconditionnalité des droits, il n’y a pas de distinction pour nous en matière de droit, aujourd’hui, on ne peut pas faire du 'en même temps’ avec les droits fondamentaux, il n’y a pas de principe d’équilibre, une loi d’équilibrée lorsqu’on négocie le coeur-même d’une loi avec le Front National, et c’est cela que nous réaffirmons fortement."

”J’appelle les Françaises et les Français à refuser d’obéir à cette loi”

Kevin Bertagnoli (archives) © Alexane Alfaro

Kevin Bertagnoli, adjoint en charge de la démocratie participative et la participation citoyenne, a déclaré que ”le gouvernement a abdiqué devant des valeurs appliquées par des groupuscules amenant à une forme de racisme et d’autoritarisme et je pense que nous devons prendre nos responsabilités en refusant d’appliquer cette loi”.

Il a également affirmé que ”le racisme et l’autoritarisme, ils ne gagnent pas seulement parce que des hommes politiques ont décidé d’abdiquer sur leurs valeurs, ils gagnent également parce que nous lui opposons un silence coupable et donc j’appelle les habitants, les Françaises et les Français, à se mobiliser à manifester, à refuser d’obéir à cette loi”.

”60% des doctorants à Femto-ST sont étrangers"

Nicolas Bodin © Alexane Alfaro

Enfin, Nicolas Bodin, conseiller municipal délégué notamment à l’attractivité économique, a affirmé que ”si les Français allaient un peu plus loin, dans les cuisines pour voir qui prépare à manger dans les restaurants, aux urgences du CHU de Besançon, sur les chantiers du BTP, très très souvent, ce sont des étrangers qui réalisent ces tâches, donc imaginez-vous une France sans médecin aux urgences le 24 décembre au soir, sans personne pour faire les repas dans les restaurants ou sans personne sur les chantiers, la France serait globalement à l’arrêt, donc il y a une contradiction majeure entre un président de la République qui souhaite la réindustrialisation et le fait de se priver d’une main d’ouvre qui souhaite s’intégrer aux valeurs de la République française.”

À noter également selon lui, un autre point, cette fois dans le domaine de l’enseignement supérieur : ”l’avenir de la France repose aussi en partie sur le diffusion de son savoir d’un point de vue mondial et que les jeunes étrangers qui poursuivent un doctorat deviennent des chercheurs : il faut savoir à l’heure actuel, que 60% des doctorants à Femto-ST sont étrangers, si demain ces gens-là disparaissent, la recherche disparaît”.

Politique

À Besançon, À Gauche Citoyens ! condamne les violences et défend les revendications sociales

L’association À Gauche Citoyens ! condamne les violences, les dégradations et les pillages survenus en marge de la manifestation du 17 octobre. Dans un communiqué daté du 19 octobre 2026, elle défend les revendications portées par les manifestants et critique la politique du gouvernement de Sébastien Lecornu. Le collectif annonce également qu’il ne s’est pas associé à l’appel du maire de Besançon lundi soir.

Rassemblement contre les violences urbaines à Besançon : un appel à l’apaisement qui tourne à la confrontation

VIDÉO • Réunis lundi 19 octobre devant l’hôtel de ville à l’appel de l’Association des maires de France et de France urbaine, environ 250 personnes ont répondu à l’invitation du maire, Ludovic Fagaut. L’arrivée d’un contre-rassemblement d’une centaine de personnes a rapidement tendu l’atmosphère. Entre condamnation des dégradations, revendications sociales et désaccords sur les valeurs républicaines, les échanges ont illustré les divisions apparues après les événements du 17 octobre.

La France insoumise condamne les pillages et dénonce les violences policières après la mobilisation du 17 octobre à Besançon

Dans un communiqué daté du 19 octobre 2026, le groupe La France insoumise au conseil municipal de Besançon revient sur la manifestation du samedi 17 octobre. Il soutient les revendications des manifestants pacifiques, condamne les pillages et met en cause la gestion des événements par l’État et le gouvernement.

À Besançon, le PCF appelle à une conférence sociale et refuse de participer au rassemblement #TouchePasÀMaMairie ce soir

Dans une prise de position communiqués ce lundi 19 octobre 2026, le Parti communiste français de Besançon condamne les dégradations et les violences qui se sont produites lors de la manifestation du 17 octobre, tout en défendant la légitimité de la mobilisation sociale. Le parti appelle le gouvernement à réunir syndicats, organisations patronales et mouvements de jeunesse pour répondre aux revendications.

À Besançon, un rassemblement citoyen prévu lundi 19 octobre contre les violences urbaines

#TouchePasÀMaVille • À l’appel de France urbaine et de l’Association des maires de France, relayé par la Ville de Besançon, un rassemblement républicain et transpartisan est annoncé lundi 19 octobre 2026, place du 8 Septembre, devant l’Hôtel de Ville de Besançon. L’initiative, placée sous le mot d’ordre #TouchePasÀMaVille, entend réunir les citoyens autour du refus des violences et de la défense des valeurs républicaines.

Manifestation et dégradations du 17 octobre : réactions d’élu(e)s à Besançon

MISE À JOUR À 17H30 • Entre 9 500 (préfecture) et 12 000 (FO) personnes ont participé à la manifestation du 17 octobre à Besançon. Alors que le rassemblement était présenté comme pacifique, des commerces ont été pillés, la préfecture du Doubs a été visée par une tentative d’incendie et les forces de l’ordre ont été prises pour cible. Si les réactions politiques divergent sur les responsabilités, elles condamnent les violences.

Manifestation du 17 octobre à Besançon : Ludovic Fagaut appelle au calme et réclame que les casseurs paient

Le soir de la manifestation du 17 octobre 2026, marquée par des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre et des dégradations dans le centre-ville de Besançon, le maire Ludovic Fagaut a pris la parole dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. Aux côtés de sa première adjointe, Emmanuel Huot-Cusenier, il condamne les violences, apporte son soutien aux commerçants et aux forces de l’ordre et demande que les auteurs des dégradations soient identifiés et sanctionnés.

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Hausse ou baisse des dotations dans les lycées de Bourgogne-Franche-Comté ? Les avis divergent à la Région…

Suite à l’assemblée plénière du 15 octobre 2026, les élus du groupe communiste et républicain de Bourgogne-Franche-Comté ont souhaité réagir dans un communiqué au sujet des dotations accordées pour les lycées de la région. Le président, Jérome Durain, a, quant à lui, refait un point sur ces dernières lors de l’assemblée. On en parle.

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Après un conseil municipal de plus de 8h le mois dernier, celui de ce jeudi 15 octobre 2026 n’a heureusement pas instauré un nouveau record. En 5h45, les élus ont toutefois débattu de plusieurs dossiers importants dont la modification du règlement intérieur, le projet des Vaites ou encore du renouvellement de l’Assemblée des Sages.

Besançon, berceau oublié de l’anarchisme ?

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