Motion de censure de gauche rejetée, le gouvernement "au travail"

Publié le 12/07/2022 - 08:17
Mis à jour le 12/07/2022 - 08:22

Seulement 146 votes pour: l'Assemblée nationale a rejeté lundi 11 juillet 2022 la motion de censure de gauche du gouvernement d'Elisabeth Borne, qui avait dénoncé par avance un "procès d'intention", là où la Nupes y voit une "clarification".

Assemblée nationale © D Poirier
Assemblée nationale © D Poirier

L'alliance de gauche n'a pas complètement fait le plein des 151 voix des insoumis, socialistes, écologistes et communistes. Six socialistes ont fait défection, dont Valérie Rabault, l'ancienne présidente du groupe PS. Le seul votant hors Nupes est le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan.

C'est loin de la majorité absolue de 289 voix nécessaire pour renverser le gouvernement, inaccessible sans les suffrages des LR et RN.

"Ce n'était pas une surprise. La Nupes a voulu se compter", a réagi auprès de l'AFP Mme Borne. "Maintenant, on se met au travail". Pour le porte-parole du gouvernement Olivier Véran, "le congrès de la Nupes est terminé".

"Voici venu le moment de vérité. Cette motion de défiance tiendra lieu de clarification politique", avait attaqué auparavant la cheffe de file du groupe LFI Mathilde Panot. "Ceux qui ne voteront pas cette motion de défiance seront les partisans de votre politique", de la réforme des retraites à "la politique de casse et d'injustice sociale", avait-elle ajouté dans une ambiance houleuse.

  • La motion a été conçue comme une démonstration de "défiance" à l'égard d'Elisabeth Borne qui n'a pas de majorité absolue à l'Assemblée nationale et n'a pas sollicité de vote de confiance le 7 juillet, lors de sa déclaration de politique générale.

"Vous ne tirez votre légitimité ni des élections législatives, ni même du Parlement" et "vous êtes, à cette fonction (de cheffe du gouvernement), une anomalie démocratique", a encore lancé Mme Panot, devant des rangs clairsemés notamment dans la majorité.

Mme Borne de rétorquer aussitôt: "Nous débattons d'une motion de censure cousue de procès d'intention qui fait obstacle au travail parlementaire". "Les Français en ont assez des dialogues stériles et de la loi des postures", a ajouté la cheffe du gouvernement qui avait appelé la semaine dernière les oppositions à "bâtir ensemble" des compromis au Parlement.

"Vous avez un peu trop pris la confiance", a répondu le communiste Pierre Dharréville, quand le numéro un du PS Olivier Faure pointait la "majorité tacite" formée par les macronistes avec LR et "le risque d'une majorité d'opportunité avec le RN".

"ni défiance, ni confiance"

Pour sa part, le groupe d'extrême droite, en quête de respectabilité, a refusé de voter en faveur de la motion, cherchant à incarner "une opposition digne, ferme, constructive", a justifié Alexandre Loubet à la tribune. "Nous n'avons pas besoin d'une crise de régime".

Côté LR, même absence de soutien à la motion de gauche, perçue par certains comme "outrancière". "Vous n'avez pas notre défiance aujourd'hui, mais vous n'avez pas notre confiance pour autant", a justifié Michèle Tabarot, dont le groupe jugera sur pièces.

Les "Uber Files" sont restés un sujet lointain. La gauche n'a fait que de simples allusions à ces révélations par la presse d'échanges privilégiés entre la société et Emmanuel Macron quand il était à Bercy. Selon Mathilde Panot, le président "roule pour Uber".

Dans la soirée, l'Assemblée s'est emparée du projet de loi sur la sécurité sanitaire et ses "mesures de freinage" face au regain de Covid-19, premier texte de la législature.

En ouverture, le ministre de la Santé Francois Braun en a appelé solennellement lundi soir "au civisme de chacune et chacun" sur le port du masque "dans les lieux bondés et les transports en commun".

  • Le texte vise à proroger des dispositifs de collecte de données de santé (tests Covid, vaccination) et mettre en place un pass sanitaire aux frontières si la situation épidémique l'exige, jusqu'à fin janvier 2023.

Dans une ambiance électrique, LFI a défendu une motion de rejet préalable, repoussée de peu par 192 voix contre 174. "Habituez-vous à trouver des limites à vos abus de pouvoir", a lancé l'Insoumise Raquel Garrido, soutenue par les autres groupes de gauche.

Le RN a voté la motion en fustigeant la suspension des soignants non vaccinés.

Le président de la commission des Lois, Sacha Houlié (LREM), a porté le fer contre les "populistes" qui ont "communié main dans la main contre les vaccins" en commission. "Non, les vaccins n'empêchent pas les contaminations mais, 1.000 fois oui, les vaccins empêchent de contracter des formes graves, (...) les vaccins sauvent des vies !", a-t-il insisté.

(Source AFP)

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