Municipales à Paris : Griveaux jette l'éponge après des "attaques ignobles"

Publié le 14/02/2020 - 10:29
Mis à jour le 14/02/2020 - 10:35

Un coup de tonnerre dans la bataille de l’Hôtel de Ville : le candidat macroniste à la mairie de Paris Benjamin Griveaux a retiré sa candidature vendredi 13 février 2020 après la diffusion d’une vidéo intime le mettant en cause.

Suite à des "attaques ignobles" (...) j'ai décidé de retirer ma candidature à l'élection municipale parisienne. Cette décision me coûte mais mes priorités sont très claires. C'est d'abord ma famille, vous l'aurez compris", a dit le candidat de La République en Marche dans une déclaration enregistrée en début de matinée, en présence également de BFM Paris.

Un site avait diffusé mercredi soir une vidéo intime et des messages connotés adressés à une femme, affirmant qu'ils émanaient de l'ancien porte-parole du gouvernement. Ils ont été relayés peu à peu jeudi sur les réseaux sociaux.

"Ce torrent de boue m'a affecté et surtout a fait mal à ceux que j'aime"

"En annonçant ma candidature à la mairie de Paris, je connaissais la dureté du combat politique", a commencé M. Griveaux dans une brève déclaration solennelle, enregistrée au milieu de membres très émus de son équipe de campagne.

"Depuis plus d'un an, ma famille et moi avons subi des propos diffamatoires, des mensonges, des rumeurs, des attaques anonymes, la révélation de conversations privées dérobées ainsi que des menaces de mort", a-t-il poursuivi: "Ce torrent de boue m'a affecté et surtout a fait mal à ceux que j'aime. Comme si cela n'était pas suffisant, hier, un nouveau stade a été franchi. Un site internet et des réseaux sociaux ont relayé des attaques ignobles mettant en cause ma vie privée. Ma famille ne mérite pas cela. Personne, au fond, ne devrait jamais subir cette violence. En ce qui me concerne, je ne suis pas prêt à nous exposer davantage ma famille et moi quand tous les coups sont désormais permis. Cela va trop loin."

En marge de sa déclaration, M. Griveaux a indiqué à l'AFP s'être entretenu tard jeudi soir avec le président Emmanuel Macron, qui l'a selon lui assuré de son soutien "quelle que soit sa décision", en l'invitant à protéger les siens.

Après une investiture dans la douleur par LREM, des propos injurieux à l'égard de ses concurrents relayés dans la presse, c'est finalement la publication d'une vidéo intime le mettant en cause qui a eu raison de la campagne de celui que les sondages plaçaient en troisième position derrière la maire PS sortante Anne Hidalgo et la candidate LR Rachida Dati.

"Peu importe ce qu’on pense de Benjamin Griveaux aujourd’hui, cette histoire est profondément dégueulasse, et inquiétante pour la suite", a réagi peu après l'annonce vendredi l'essayiste et eurodéputé de gauche Raphaël Glucksmann : "La politique, cela ne doit pas, cela ne peut pas être ça. Ressaisissons-nous collectivement ou nous allons tous nous noyer dans la fange."

Jeudi matin, Benjamin Griveaux avait connaissance de cette vidéo lorsqu'il a présenté son programme en conférence de presse, devant une centaine de soutiens et ses têtes de listes dans les arrondissements.

Dans la salle, plusieurs responsables politiques brillaient par leur absence dont deux des porte-paroles, Sylvain Maillard "parti en vacances au ski", selon un responsable, et Marie-Laure Harel. Le patron de LREM, colistier dans le XVIIe arrondissement, et ami proche de Benjamin Griveaux, Stanislas Guerini, était aussi absent.

Réunion à LREM

Alors que la rumeur se diffusait, l'équipe de campagne tentait d'éteindre le feu, et convoquait les élus et candidats vendredi à 09H00 au siège de LREM, "autour de Benjamin Griveaux" pour évoquer "la stratégie à tenir" et "le plan à mettre en place sur base d'une proposition". M. Griveaux s'est rendu à cette réunion aussitôt après l'enregistrement de sa déclaration vendredi.

Selon plusieurs sources au sein de LREM, les noms de la maire sortante du IXe arrondissement (ex-LR), proche d'Edouard Philippe, Delphine Bürkli, et de la secrétaire d'Etat en charge de l'Egalité femmes-hommes, et candidate en deuxième position dans le XIVe arrondissement, Marlène Schiappa, sont cités parmi les successeurs possibles de M. Griveaux en tête de liste.

"Le choix reviendra aux mains du parti", plaide-t-on du côté de LREM.

La ministre de la Santé Agnès Buzyn, également pressentie, a redit vendredi sur France Inter qu'elle ne "pourrait pas être candidate aux municipales" en raison de son agenda ministériel "très chargé".

(AFP)

Politique

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