Nomination de Bayrou : "Encore un homme blanc de plus de 70 ans" pour Hasni Alem

Publié le 17/12/2024 - 14:31
Mis à jour le 22/12/2024 - 08:58

Élu communiste au conseil municipal de la Ville de Besançon, Hasni Alem a récemment publié sur sa page Facebook une publication sujette à débat concernant la récente nomination de François Bayrou comme Premier ministre. Nous l’avons contacté ce lundi 16 décembre 2024 pour lui permettre d’éclaircir ses propos. S’il dément toute provocation, l’élu assume en revanche sa publication vis-à-vis de "cette génération de dirigeants politiques, toujours là, à plus de 70" et qui l’ "agace au plus haut point".

Le 13 décembre 2024, Emmanuel Macron a nommé François Bayrou comme Premier ministre pour succéder à Michel Barnier. Un choix que n’a pas tardé à commenter l'adjoint de quartier (Palente – Orchamps – Clairs-Soleils – Vareilles) sur sa page Facebook : "Bonnet blanc et blanc bonnet, tout ça pour ça ? On nous promettait une surprise et un changement pour au final échanger un homme de droite blanc de plus de 70 ans contre un autre homme de droite blanc de plus de 70 ans, et sinon la démocratie c’est en option ou quoi ?"

Au-delà du contexte politique actuel, c’est avant tout l’usage du terme "homme blanc" pour décrire François Bayrou et Michel Barnier dans sa publication qui interpelle.

"Je me doute bien que chez certaines personnes ça puisse poser souci sur le fait de mettre en avant cette réalité-là", nous a rétorqué l’élu qui réfute pour autant toute "provocation gratuite" ou volonté de se faire remarquer. L’élu avoue même être surpris de la réaction que peut susciter son poste : "le fait que je mette « blanc » ça gêne pas mal de monde. Quand on parle de mixité en termes « femme/homme » en France ça ne gêne personne, mais dès qu’on met la question ethnico-raciale, il y a cette problématique-là que l’on met en avant. Ça m’a surpris. Il y a quand même une problématique en France sur ces questions-là", nous explique-t-il.

Sans jamais aborder la question du racisme, il poursuit : "je comprends que certains puissent être choqués par ce terme, mais je le maintiens parce que je pense qu’effectivement ça dit quelque chose de la société française. C’est vraiment quelque chose qui, je pense, est un débat de fond en tout cas dans la société. Mais je ne veux pas que l’on réduise ce que je dis et ce que je fais à de la petite provocation".

Un même modèle politique depuis 40-50 ans

Pour l’élu, la politique française serait d’une manière plus large, peu représentative de la population française. "Depuis les années 70/80, il y a une grande population d’origine étrangère" mais pour autant le pays compte peu de ministres ou députés d’origine étrangère, "il y en a eu un certain nombre mais finalement pas tant que ça". Il n’y a d’ailleurs d’après lui "jamais eu de Premier Ministre ou en tout cas de dirigeant de la France qui avait un certain nombre d’origine". Même chose du côté de la parité, "les femmes ont le droit de vote depuis 1944 et pourtant il y a eu seulement deux femmes qui ont été Premières ministres : Edith Cresson et Elisabeth Borne".

Pour Hasni Alem, cette publication était avant tout pour montrer que cette nouvelle nomination est "la continuation de la même politique d’Emmanuel Macron avec le même personnel politique depuis 40 ans-50 ans qui a mené le pays à la déroute comme elle l’est actuellement". L’élu communiste pointe du doigt le "profil de cette génération de dirigeants politiques de plus de 70 ans qui sont là depuis les années 70, sont passés par tous les partis, par toutes les idées, par toutes les idéologies et qui sont toujours là à plus de 70 à faire la même politique en disant qu’ils vont essayer de changer la France, de sauver la France. Ça m’agace au plus haut point". 

"Le nouveau monde ressemble malheureusement au même monde que l’on a depuis 40 ans"

Alors lorsqu’on lui demande cash s’il avait préféré un Premier Ministre avec un profil ethnique différent, sa réponse fuse : "honnêtement non. Ce n’était pas du tout ça. Je ne suis pas dans cette optique-là de considérer que c’est le profil ethnique qui compte. Qu’il soit noir, blanc, à pois, carré, dans l’absolu je m’en fous. Le profil de monsieur Bayrou : un homme blanc de plus de 70 ans qui est de droite, c’est encore une fois la continuation de Macron. Ce n’est pas parce que demain on met une femme d’origine étrangère, lesbienne, handicapée que ça va faire que les politiques seront meilleures. Pas du tout. Mais simplement, c’est ce profil-là, de l’homme politique à papa qui me pose soucis. Le nouveau monde ressemble malheureusement au même monde que l’on a depuis 40 ans".

Conscient du pouvoir des réseaux sociaux qu’il dit utiliser "comme outil de travail politique", il avoue cependant avoir appris à ses dépens à quel point cela l’exposait. "Je m’en suis véritablement rendu compte à partir du moment où j’ai eu des menaces de mort, des insultes racistes. C’est à ce moment que je me suis rendu compte que ma parole publique sur les réseaux sociaux avait plus de poids qu’auparavant effectivement" nous a-t-il confié. Mais pas question pour autant qu’il revoit sa manière de communiquer : "utiliser les réseaux sociaux pour mettre en avant un certain nombre de positions qui me semblent importantes ça je vais continuer à le faire bien entendu" a-t-il conclu.

2 Commentaires

raciste
Publié le 17 décembre 2024 à 16h59 par VINCENT NETTER • Membre
Ce monsieur n'est pas très au courant des opinions de François Bayrou qui est un homme de gauche, même s'il fait parti du centre.
Publié le 17 décembre 2024 à 15h44 par pilote2570 • Membre

3 commentaires

Laisser un commentaire

Politique

”Le Besançon bashing, il y en a marre ! ” : Grand Besançon Métropole lance la Manufacture du bonheur…

Anne Vignot, présidente de Grand Besançon Métropole et Benoît Vuillemin, vice-président en charge de l’Attractivité et du Tourisme ont annoncé ce vendredi 18 avril la création de La Manufacture du Bonheur, une initiative pensée comme une boîte à outils au service de l’attractivité du territoire. Objectif affiché : attirer, accueillir et fidéliser talents, entreprises et nouveaux habitants.

L’ancien maire de Besançon et sa directrice de cabinet convoqués devant le tribunal correctionnel de Besançon

Le parquet de Besançon a été saisi le 25 juillet 2024 d’un signalement de la procureure financière de la Chambre régionale des comptes de Bourgogne-Franche Comté. Ce signalement a été effectué à l’issue du contrôle des comptes et de la gestion de la commune de Besançon, qui a révélé des faits susceptibles, selon la procureure, de constituer une prise illégale d’intérêt et un détournement de fonds publics, annonce dans un communiqué en date du 18 avril 2025, Etienne Manteaux, le procureur de Besançon.

McPhy à Foussemagne : des aides publiques massives pour un avenir très incertain

Moins d’un an après son inauguration, l’annonce de la mise en vente de l’usine McPhy de Foussemagne, spécialisée dans la production d’électrolyseurs, suscite une vive inquiétude parmi les élus communistes et républicains de Bourgogne-Franche-Comté. Dans un communiqué diffusé ce mercredi 16 avril, veille de la visite officielle du ministre de l’Industrie dans le nord Franche-Comté, ils dénoncent un "gaspillage d’argent public" et réclament un changement profond de stratégie pour le développement de la filière hydrogène.

Municipale 2026 à Besançon : Jean-Sébastien Leuba officiellement désigné candidat pour le PS

Le bureau national du Parti Socialiste a validé mardi 15 avril 2025 la Jean-Sébastien Leuba en tant que premier des socialistes pour l’élection municipale de Besançon. Pour rappel, il avait été élu par la section de Besançon le 3 avril dernier avec 80 % des exprimés.

Le ministre de l’Industrie Marc Ferracci, en visite jeudi dans le Pays de Montbéliard

Marc Ferracci, ministre de l’Industrie et de l’Énergie, se rendra jeudi 17 avril 2025 dans le Doubs et le Territoire de Belfort pour un déplacement consacré à l’hydrogène décarboné, à l’occasion de la publication de la Stratégie nationale hydrogène révisée, annoncée par le Premier ministre.

Remise en cause du tarif de rachat bonifié pour le photovoltaïque agricole : Matthieu Bloch interpelle le gouvernement

Dans une question écrite adressée au ministre de l’Industrie, le député LR du Doubs Matthieu Bloch alerte sur les conséquences de la récente décision gouvernementale de revoir à la baisse le tarif de rachat bonifié S21 pour l’énergie photovoltaïque en milieu agricole.

Gratuité partielle des transports : Alternatiba Besançon salue un ”premier pas” mais appelle à aller plus loin

L’association Alternatiba - ANV COP 21 Besançon a réagi ce lundi 14 avril aux récentes décisions de Grand Besançon Métropole (GBM) instaurant une gratuité partielle des transports en commun. Si elle se félicite de cette avancée, elle nuance sa satisfaction et appelle les élu(e)s à renforcer leurs engagements pour une transition écologique ambitieuse.

Gratuité des transports : L. Fagaut dénonce ”un tournant inquiétant pour la cohésion du territoire”

Le conseil communautaire de Grand Besançon Métropole (GBM), réuni le jeudi 10 avril 2025, a été marqué par des désaccords sur la politique de gratuité des transports scolaires, opposant la majorité municipale bisontine aux élus de l’opposition et de plusieurs communes périphériques. Dans un communiqué diffusé ce lundi 14 avril, Ludovic Fagaut, président du groupe Besançon maintenant, dénonce ce qu’il qualifie de "tournant inquiétant pour la cohésion territoriale".

Statue de Jenny d’Héricourt : J-P Allenbach porte plainte contre la maire de Besançon

Le Mouvement Franche-Comté a annoncé par voie de communiqué ce lundi 14 avril avoir déposé une plainte auprès du procureur de la République pour "délit de favoritisme" visant Anne Vignot, maire de Besançon. Cette action judiciaire fait suite à l’attribution, sans mise en concurrence, d’un marché public pour la conception d’une statue de Jenny d’Héricourt à l’artiste grenobloise Lili Reynaud-Dewar.

Bourgogne-Franche-Comté : la commission permanente vote plus de 195 millions d’euros d’aides régionales

Réunis en Commission permanente, les élus régionaux de Bourgogne-Franche-Comté ont adopté un ensemble de mesures représentant un engagement financier total de 195,15 millions d’euros. Ces crédits sont destinés à soutenir un large éventail de projets dans les domaines économique, agricole, culturel, éducatif, environnemental et social sur l’ensemble du territoire.

Place publique devient un parti politique et veut être ”présent” aux municipales 2026 à Besançon

Après avoir été un mouvement citoyen, Place publique (PP), lancé par Aurore Lalucq et Raphaël Glucksmann, député(e) européen(ne)s, devient un parti politique officiel. En Bourgogne Franche-Comté, dont Besançon, des militant(e)s ont été élu(e)s lors du congés national en mars 2025 à Paris. Prochain objectif : les élections municipales en 2026. Gilles Vieille-Marchiset, Annick Avanzi-Oudet et Becaye Gueye, ont présenté les orientations du parti en local et en régional ce lundi 14 avril.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 3.77
peu nuageux
le 26/04 à 06h00
Vent
3.5 m/s
Pression
1016 hPa
Humidité
93 %