Recycler nos médicaments pour faire des économies : bonne ou mauvaise idée ?

Publié le 14/08/2025 - 10:02
Mis à jour le 14/08/2025 - 08:13

Pour limiter le gaspillage des médicaments, estimé à 1,5 milliard d’euros, Catherine Vautrin, ministre du travail et de la santé, propose de recycler les médicaments rapportés en pharmacie. En pratique, cette initiative ne pourrait concerner que certains médicaments, selon des conditions strictes.

 © Thomas M / stagiaire mCi
© Thomas M / stagiaire mCi

Actuellement, la majorité des médicaments retournés aux pharmaciens sont incinérés pour produire de l’énergie, ce qui, selon les chiffres du gouvernement, permet d’éclairer environ 7 000 logements chaque année. Selon le syndicat convergence infirmière, les comprimés non consommés perdus chaque année représenteraient près d’1,5 milliard d’euros.

Catherine Vautrin souhaite répondre à cette problématique en mettant en place une politique de recyclage. Selon la ministre, l’idée est de "travailler avec les professionnels de santé pour que les produits qui sont rapportés à la pharmacie soient analysés, afin d’être éventuellement remis dans le marché".

Une mise en pratique conditionnée

Bien que le recyclage puisse sembler plus attrayant que l’incinération, plusieurs conditions doivent être réunies. Il est tout d'abord essentiel de s’assurer que le coût du recyclage soit inférieur à celui de la fabrication, ce qui n’est pas le cas pour tous les médicaments.

Phillipe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques, s’exprime sur ce point : "Le comprimé de paracétamol vaut 10 centimesSi vous me ramenez un comprimé, que je dois l'envoyer à une filière spécifique qui va faire un tri, un contrôle qualité... ça va couter plus cher que 10 centimes."

De plus, il faut garantir que le médicament rapporté ait été conservé conformément aux indications, généralement au sec et au frais, à une température inférieure à 25°C, ajoutant ainsi une difficulté supplémentaire au processus de réutilisation.

"c'est dommage qu'une boîte de médicaments à 10 000 euros soit détruite"

Cependant, pour certains médicaments plus coûteux, le recyclage pourrait permettre de réaliser des économies. Phillipe Besset, lors d’une interview avec RMC, donne l’exemple des médicaments contre le cancer :  "il y a des médicaments qui sont très chers, qui valent 10 000 euros la boîte pour des patients cancéreux. Quand malheureusement le patient décède, c’est dommage qu’une boîte de médicaments à 10 000 euros soit détruite. En le donnant à l’hôpital, des procédures de contrôle peuvent être faites et le médicament réutilisé". 

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