Réuni le 25 août en présence de Jérôme Durain, président de la Région, et de Björn Deslet, directeur de la DRAAF, le Conseil de l’agriculture Bourgogne-Franche-Comté a dressé un premier bilan de la sécheresse.
Pour Stéphane Sauce, président de la FRSEA, Thomas Lemée, président des Jeunes Agriculteurs, et Vincent Lavier, président de la Chambre régionale d’agriculture, ”la sécheresse de 2026 est historique de par sa durée et son ampleur”.
Les conséquences sont déjà importantes. Selon les estimations communiquées par le Conseil, plusieurs productions enregistrent des baisses de rendement comprises entre 25 % et 75 %. Le maïs, le soja, le tournesol et la betterave affichent des pertes supérieures à 50 %.
Les prairies sont également fortement touchées, avec des pertes estimées à plus de 30 %. Le déficit pourrait représenter au moins 1,7 million de tonnes de fourrage pour la région.
La production laitière et la croissance des animaux destinés à l’engraissement sont également affectées. En viticulture, les rendements en raisin pourraient reculer de 50 %, tandis que les pertes sont estimées entre 30 % et 50 % pour les fruits et légumes.
Une inquiétude qui dépasse les exploitations
Le Conseil de l’agriculture alerte aussi sur les conséquences humaines de cette situation. Manque de fourrage pour l’hiver, incertitudes financières et surcroît de travail sont susceptibles d’accentuer la fragilité de certaines exploitations.
Les organisations agricoles demandent ainsi aux structures qui accompagnent les agriculteurs de mettre en place des dispositifs d’écoute.

Des mesures d’urgence réclamées
Face à cette situation, les professionnels demandent notamment à l’État une ”année blanche pour alléger les trésoreries”, l’application rapide du cas de force majeure pour la PAC et des dérogations réglementaires liées à la sécheresse.
Ils réclament également l’accélération du versement des aides PAC et des indemnisations liées à l’assurance récolte et à l’indemnité de solidarité nationale pour les cultures non assurées.
Une pause sur la hausse des fermages, une réduction des cotisations sociales et des exonérations de taxe sur le foncier non bâti sont également demandées.
Investir pour mieux faire face au changement climatique
La Région est, de son côté, sollicitée pour mettre en place des prêts à court terme à 0 % et des avances de trésorerie pour les exploitations fragilisées. À plus long terme, le Conseil de l’agriculture demande davantage de soutien pour le stockage de l’eau, l’irrigation et le stockage du fourrage.
Les représentants agricoles entendent désormais rester ”pleinement mobilisés et vigilants” afin que le futur plan d’urgence soit à la hauteur des difficultés rencontrées dans les exploitations de Bourgogne-Franche-Comté.


