La rentrée de septembre ne se limite pas au retour des élèves en classe. Plusieurs dispositions législatives et réglementaires entrent en vigueur ce mardi 1er septembre 2026. Elles concernent notamment les retraites, l'assurance chômage, les arrêts de travail, le remboursement de certains médicaments, le prix du gaz ou encore la rénovation énergétique.
Voici les principales mesures à retenir.
Retraites : de nouvelles règles pour les carrières longues
La suspension de la réforme des retraites modifie, à compter du 1er septembre, les conditions de départ anticipé pour carrière longue.
Les personnes ayant commencé à travailler avant 21 ans peuvent, sous certaines conditions, bénéficier d'un départ plus précoce. Le nouveau dispositif concerne notamment les assurés nés entre 1964 et 1970 dont la retraite prend effet à compter du 1er septembre 2026. Pour certaines générations ayant commencé à travailler avant 20 ans, l'âge de départ est abaissé de quelques mois par rapport au calendrier qui résultait de la réforme de 2023.
Deux autres évolutions concernent les parents. Les bonifications et majorations de durée d'assurance liées aux enfants sont désormais davantage prises en compte dans le calcul des périodes réputées cotisées pour la retraite anticipée pour carrière longue. Les nouvelles règles doivent notamment améliorer la prise en compte des carrières des femmes.
Ces changements s'inscrivent dans la suspension jusqu'en 2028 d'une partie de la réforme des retraites de 2023.
Chômage : l'indemnisation après une rupture conventionnelle est raccourcie
Le changement est particulièrement important pour les salariés qui quittent leur entreprise dans le cadre d'une rupture conventionnelle individuelle.
À partir du 1er septembre, la durée maximale d'indemnisation chômage est réduite. Pour les personnes âgées de moins de 55 ans, elle passe de 18 à 15 mois.
Pour les salariés de 55 ans et plus, la durée maximale est fixée à 20,5 mois, contre 22,5 mois auparavant pour les 55-56 ans et 27 mois à partir de 57 ans.
Des règles spécifiques sont prévues pour l'Outre-mer, à l'exception de Mayotte. Service-Public précise par ailleurs que certains textes d'application restent attendus.
Cette évolution fait partie des nouvelles règles issues de la réforme de l'assurance chômage. Elle constitue l'un des principaux changements sociaux de cette rentrée. L'AFP relevait également cette réduction de la durée d'indemnisation parmi les principales mesures entrant en vigueur en septembre.
Arrêts maladie : une première prescription plafonnée à 31 jours
Les règles relatives aux arrêts de travail évoluent également.
À compter du 1er septembre, une première prescription d'arrêt maladie ne pourra en principe pas dépasser 31 jours. Les prolongations seront, elles, plafonnées à 62 jours.
Ces plafonds ne signifient toutefois pas qu'un arrêt plus long devient impossible. Lorsque l'état de santé du patient le justifie, le professionnel de santé peut prescrire une durée supérieure au plafond, dans les conditions prévues par les textes et en tenant compte, lorsqu'elles existent, des recommandations de la Haute Autorité de santé.
La mesure concerne les médecins, les sages-femmes et les chirurgiens-dentistes et ne s'applique pas à Mayotte. Elle a également été relevée par la presse nationale, notamment 20 Minutes, comme l'une des principales nouveautés sociales de la rentrée.
Santé : le remboursement de certains médicaments évolue
Une nouvelle règle concerne les médicaments hybrides et biosimilaires.
Lorsqu'un pharmacien propose de remplacer un médicament de référence par un médicament hybride ou biosimilaire et que le patient refuse cette substitution sans justification médicale, le tiers payant ne s'applique plus dans les conditions habituelles. Le patient peut alors devoir avancer la totalité du prix du médicament avant d'être remboursé par l'Assurance maladie.
La mesure ne concerne pas indistinctement tous les médicaments. Elle s'applique aux produits appartenant à des groupes pour lesquels la substitution est autorisée. Des exceptions existent notamment lorsqu'une justification médicale permettant de ne pas substituer le traitement est portée sur l'ordonnance.
Énergie : le prix repère du gaz augmente de 5,6 %
Le prix repère de vente du gaz naturel publié par la Commission de régulation de l'énergie augmente en septembre.
Il atteint 172,05 euros TTC par mégawattheure, contre 162,89 euros en août, soit une progression de 5,6 %.
Ce prix repère constitue une référence permettant aux consommateurs de comparer les offres des fournisseurs. Il ne s'agit pas d'un tarif réglementé imposé à tous les clients : depuis la disparition des tarifs réglementés du gaz en 2023, les fournisseurs déterminent leurs propres offres.
Cette hausse intervient dans un contexte de tensions sur les marchés internationaux du gaz. TF1 Info, avec l'AFP, avait également annoncé la hausse de 5,6 % pour septembre.
École : le téléphone portable interdit au lycée
L'interdiction du téléphone portable, déjà en vigueur dans les écoles et les collèges depuis 2018, est étendue aux lycées à compter de la rentrée 2026.
Chaque établissement doit préciser dans son règlement intérieur les modalités pratiques de cette interdiction. Les lycées peuvent notamment prévoir le dépôt des téléphones dans des casiers ou dans des dispositifs collectifs.
Cette mesure concerne également les autres objets connectés. Elle s'inscrit dans une politique de « pause numérique » visant à limiter l'utilisation des téléphones pendant le temps scolaire.
La rentrée 2026 concerne environ 11,6 millions d'élèves. Selon une dépêche AFP publiée le 1er septembre, cette rentrée est également marquée par des perturbations numériques dans certaines académies après la cyberattaque ayant touché le ministère de l'Éducation nationale.
Rénovation énergétique : MaPrimeRénov' recentrée
Le dispositif MaPrimeRénov' évolue à partir du 1er septembre.
Plusieurs travaux qui pouvaient auparavant être financés séparément dans le parcours « par geste » sortent du dispositif lorsqu'ils sont réalisés seuls. Sont notamment concernés plusieurs travaux d'isolation, certains équipements de ventilation ainsi que certains systèmes de production d'eau chaude.
L'objectif affiché est de concentrer davantage les aides sur les rénovations énergétiques globales et sur certains équipements considérés comme prioritaires.
Cette évolution concerne les demandes déposées à compter du 1er septembre. Les ménages qui avaient prévu des travaux doivent donc vérifier les nouvelles conditions avant de signer leur devis ou de commencer leur chantier. La mesure avait été annoncée par Service-Public.fr quelques jours avant son entrée en vigueur.
Automobile : une nouvelle aide pour les voitures électriques d'occasion
Une nouvelle aide financée par les certificats d'économies d'énergie (CEE) devient accessible à partir du 1er septembre pour l'achat ou la location d'une voiture particulière électrique d'occasion.
Le véhicule doit notamment être 100 % électrique, avoir été immatriculé pour la première fois en France entre le 1er janvier 2017 et le 31 décembre 2023 et être acheté ou loué auprès d'un professionnel habilité.
Selon Le Parisien, avec l'AFP, le montant de base devrait être de l'ordre de 337 euros par véhicule, même si certaines catégories professionnelles peuvent bénéficier de montants nettement supérieurs.
Cette nouvelle aide complète les dispositifs existants destinés à favoriser l'électrification du parc automobile.
Entreprises : première étape de la facturation électronique
La réforme de la facturation électronique entre dans sa première phase au 1er septembre.
À cette date, toutes les entreprises concernées doivent être capables de recevoir des factures électroniques. L'obligation d'émission est en revanche progressive : elle s'applique dès septembre 2026 aux grandes entreprises et aux entreprises de taille intermédiaire, puis aux PME et micro-entreprises à partir du 1er septembre 2027.
Les entreprises doivent notamment passer par une plateforme agréée pour gérer les factures électroniques dans le cadre prévu par la réforme. Les opérations réalisées avec des particuliers ou certains clients situés à l'étranger relèvent, selon les cas, de mécanismes de transmission de données spécifiques plutôt que de l'e-invoicing proprement dit.
Cette réforme constitue donc un changement progressif plutôt qu'une bascule générale de toutes les entreprises vers l'émission électronique dès ce 1er septembre.


