Sécheresse à Besançon : "De toute façon on n’aura pas le choix, tout le monde va devoir s’adapter !"

Publié le 29/06/2023 - 07:47
Mis à jour le 28/06/2023 - 17:53

Depuis quelques années, saison chaude rime avec sécheresse sur le territoire bisontin. Des épisodes de plus en plus intenses qui altèrent sévèrement la biodiversité, les territoires et la qualité de vie de ses habitants. Geoffrey Darmencier, directeur du département Transition écologique de la Ville de Besançon, décrypte pour nous les symptômes, les enjeux et les solutions possibles pour faire face à ces bouleversements. Interview.

Quels sont les impacts environnementaux visibles de la sécheresse sur le territoire bisontin ?

Geoffrey Darmencier nous explique que "les effets sur le paysage urbain sont particulièrement visibles. La sécheresse se fait ressentir dans les milieux naturels, principalement les parcs et jardins, mais aussi au niveau du volume et du débit du Doubs". Et d’ajouter : "Ensuite, il y a les impacts moins visibles comme les pénuries dans les eaux souterraines et les nappes phréatiques."

Le Département du Doubs a été placé en situation d’alerte il y a deux jours (le 26 juin 2023, ndlr). A partir de quand décrète-t-on l’état de sécheresse ? Autrement dit, quels sont les critères et qu’est-ce que cela implique ?

Décréter l’alerte sécheresse relève de la compétence du préfet de département. Le directeur du Département Transition écologique souligne l’existence de "plusieurs niveaux d’alerte, en fonction de la disponibilité de la ressource en eau relevée dans différentes zones du département ; il y a donc une progressivité dans les mesures de restrictions. Aujourd’hui nous sommes au premier stade d’alerte." Concrètement cela signifie qu’il reste possible d’arroser jardins et pelouses entre 20h et 8h et que le nettoyage des voitures, des façades des maisons ainsi que le remplissage des piscines font l’objet de restrictions. Geoffrey Darmencier nous explique "lorsque le niveau de ressources en eau s’amenuise au point de menacer la disponibilité de l’eau potable, on passe au stade de "crise". C’était le cas l’été dernier. Il faut s’y préparer. "

Les restrictions d'usage de l'eau en fonction des différents stades d'alerte © Préfecture du Doubs

Besançon a déjà subi de plein fouet la sécheresse l’année dernière, comment expliquer cette récurrence ?

A cette question, Geoffrey Darmencier nous explique que "le climat d’un territoire se mesure selon deux critères : la température et le niveau de précipitations. Aujourd’hui à cause du réchauffement climatique la température augmente." Le régime de précipitations quant à lui se modifie : "les pluies sont plus intenses sur un temps plus court, avec des épisodes parfois très espacés. En l’occurrence il pleut de moins en moins sur les mois d’été. Dans cette situation, le sol s’assèche." Or, lorsque la pluie tombe sur une terre trop sèche, "elle ruisselle sans s’infiltrer en profondeur dans les sols, ce qui affecte les niveaux des eaux souterraines", précise Geoffrey Darmencier, "c’est un phénomène de plus en plus récurrent et les prospectives climatiques ne vont pas dans le bon sens : à mesure que les températures continuent d’augmenter, nous entrons dans un régime très chaud et très sec pérenne."

Comparaison climatologique annuelle des températures moyennes année 1980 / année 2022 à Besançon - Thise © Info.climat

Comparaison climatologique annuelle du niveau de précipitations année 1980 / année 2022 à Besançon - Thise © Info.climat

Que fait la ville de Besançon pour répondre à ce problème ?

La Ville a présenté en mai 2023 le Plan eau, qui établit une approche globale sur la question. "Premier objectif : réduire les prélèvements en eau de manière anticipée sur les futures restrictions, par exemple au niveau de l’entretien des espaces verts et voiries", annonce Geoffrey Darmencier avant de poursuivre : "Deuxième angle d’approche sur le plus long terme : réduire les impacts de la sécheresse en adaptant les politiques publiques, notamment en investissant dans la réduction des fuites sur les réseaux d’eau ou encore en réutilisant au maximum les eaux usées. Par exemple, des milliers de mètres cubes issus des eaux de vidange des eaux de la piscine Mallarmé pourraient être réutilisées".

Autre risque induit par la sécheresse : celui des incendies. Une nouvelle menace que "la Ville de Besançon prend très au sérieux étant donné la proximité des forêts par rapport à la ville", souligne Geoffrey Darmencier. Un travail en coordination avec l’ONF et les services de l’état pour la prévention et l’anticipation du risque d’incendies est en cours.

A l’échelle individuelle, quels sont les bons gestes à adopter ?

"Contre les températures extrêmes il y a tout d’abord des moyens simples de garder le frais chez soi à coût zéro : fermer les rideaux le jour, aérer la nuit", énonce Geoffrey Darmencier. "Concernant l’eau, il faut réduire les usages non essentiels, comme le jardinage de loisir, le remplissage des piscines individuelles ou le lavage des voitures", préconise-t-il.

Comment pensez-vous que ces mesures seront reçues par les Bisontins ?

"Ce qui pouvait sembler anecdotique il y a encore quelques années est aujourd’hui la norme. A mesure que les épisodes de sécheresse se répètent, le cadre réglementaire se durcit. Nous sommes assez confiants sur la capacité des habitants à intégrer les nouvelles règles du jeu. De toute façon on n’aura pas le choix, tout le monde va devoir s’adapter", conclut le directeur.

Nature

Le PCF se mobilise pour dénoncer la gestion de l’eau de la Ville de Besançon

Des élus et militants du Parti communiste français ont mené une action symbolique ce samedi matin à Besançon pour dénoncer la politique de gestion de l'eau de la municipalité. Ils reprochent notamment à la Ville de poursuivre l'arrosage de ses nouveaux massifs de fleurs malgré la sécheresse et les restrictions. 

Au Malsaucy, la Maison départementale de l’environnement rouvre ses portes pour l’été

La Maison départementale de l'environnement, située sur le site du Malsaucy, a rouvert ses portes le 22 juillet 2026 pour sa saison estivale. Jusqu'au 31 août, le Département du Territoire de Belfort propose une programmation composée d'expositions, d'ateliers, de sorties nature et d'animations scientifiques destinées à tous les publics.

Franche-Comté : un week-end contrasté entre chaleur, éclaircies et passages nuageux les 25 et 26 juillet 2026

Le week-end des samedi 25 et dimanche 26 juillet 2026 s’annonce globalement estival en Franche-Comté, avec des conditions météorologiques variables selon les secteurs. D’après les prévisions disponibles de Météo-France, la région devrait connaître un temps partagé entre périodes ensoleillées, températures élevées en plaine et passages plus nuageux, notamment sur les reliefs du massif jurassien.

Territoire de Belfort : Cédric Perrin demande l’autorisation de remplir les mares pour protéger la faune sauvage

Face aux effets de la sécheresse qui touche actuellement le Territoire de Belfort, le sénateur Cédric Perrin a adressé, ce vendredi 24 juillet, un courrier au préfet afin de demander une adaptation de l’arrêté préfectoral encadrant les restrictions d’usage de l’eau.

Frelon asiatique à pattes jaunes en Bourgogne Franche-Comté : une aide financière existe pour détruire des nids

Dans le cadre du Plan régional de lutte contre le frelon asiatique à pattes jaunes, Fredon Bourgogne-Franche-Comté, en copilotage avec la section apicole de GDS BFC, annonce, vendredi 24 juillet 2026, la mise en place d’une aide financière de l’État pour accompagner les particuliers dans la destruction des nids en 2026.

Idée rando d’été : La Cluse et le Château de Joux

À Pontarlier, cette boucle de 11,6 km traverse la ville et la montagne ! Le départ est donné à l'église Saint-Bénigne, dont personne ne connaît vraiment l'origine exacte : la première trace remonte au XVe siècle, avec son clocher à l’impérial. Après quelques mètres, la route du Larmont commence à grimper : le chemin s'enfonce alors dans la forêt, direction le Belvédère du Fer à Cheval. Vous entrez sur le territoire des chamois (n’oubliez pas vos jumelles !).

Loi d’urgence agricole : en Franche-Comté, seule la députée Dominique Voynet a voté contre

Ce lundi 20 juillet, l’Assemblée nationale a adoptée l’ensemble du projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricole, soit 296 pour, 224 contre et 41 abstention. Comment ont voté les député(e)s des départements de Franche-Comté ? Réponses.

Feux de forêt : les réflexes à adopter pour prévenir les incendies

Le constat est sans appel, 9 feux de forêt sur 10 sont d'origine humaine, dont la moitié du fait d’une imprudence. De nombreux gestes, anodins en apparence, peuvent provoquer un départ de feu de végétation: mégot de cigarette, barbecue, combustibles stockés... On fait le point avec le site Service-Public.fr sur les bons comportements à adopter durant l’été pour éviter toute imprudence. 

Ces souvenirs de plage qui peuvent vous coûter très cher

En vacances, les instants passés en famille ou entre amis à la plage sont généralement de très bons moments. On est donc bien souvent tenté de rapporter un souvenir directement ramassé sur la plage qui nous permettrait de nous rappeler de ces moments privilégiés. Oui mais voilà, même si vous prévoyez d’agrémenter votre jardin ou encore de décorer votre intérieur, il existe une réglementation qui protège l'écosystème fragile des littoraux, avec des amendes pour atteinte au domaine public pouvant être très élevées. On fait le point avec le site du service public

À Andelnans, L214 détourne les codes des soldes pour dénoncer l’élevage intensif

À l’occasion des soldes d’été, les militants de L214 se sont mobilisés ce samedi 18 juillet 2026 devant le magasin Carrefour à Andelnans, comme dans 24 autres villes de France. Leur action visait à interpeller le groupe sur son recours massif à l’élevage intensif et la commercialisation des produits qui en sont issus et ont appelé Carrefour "à ne plus brader les vies des animaux".

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 19.88
légère pluie
le 27/07 à 11h00
Vent
2.32 m/s
Pression
1019 hPa
Humidité
82 %

Sondage