Un vétérinaire «placardisé» à Besançon réclame sa réintégration

Publié le 14/03/2012 - 08:22
Mis à jour le 14/03/2012 - 08:22

La cour d’appel administrative de Nancy doit se prononcer jeudi sur la demande de réintégration de Robert Gosseye, un ex-responsable des services vétérinaires du Haut-Rhin qui s’estime sanctionné depuis près de 20 ans pour avoir dénoncé des collègues pour des faits de corruption lors de contrôles en douanes. En 1994, il avait été muté d’office à Besançon.

lanceur d’alerte

"Alors que le Dr Gosseye avait utilement œuvré à la mise en évidence de procédés portant gravement atteinte à la dignité du service public, c'est toute une administration du Haut-Rhin, dans ses rouages, qui a multiplié les agissements fautifs à son encontre", estime son avocate, Catherine Suissa.

En 1993, Robert Gosseye, alors directeur-adjoint des Services vétérinaires du Haut-Rhin, avait dénoncé à la justice quatre inspecteurs en douanes qui laissaient passer contre rémunération des camions chargés d'animaux ou de viande d'origine douteuse.

Muté à Besançon puis à Belfort

En février 1994, le tribunal correctionnel de Mulhouse avait relaxé les inspecteurs vétérinaires en douane poursuivis pour "concussion", et M. Gosseye avait été suspendu un mois plus tard puis muté à Besançon. Cette mutation avait été qualifiée d'illégale par le tribunal administratif de Besançon en 1998. Après un passage à Belfort, il est détaché à la DGCCRF de Strasbourg en 2003 où il contrôle les activités des artisans du bâtiment. Le vétérinaire réclamait également sa réintégration à son grade d'inspecteur en chef. Mais le tribunal administratif de Strasbourg l'a débouté de sa requête en février 2011.

Le cas de M. Gosseye "montre la nécessité de protéger les lanceurs d'alerte", a affirmé André Cicolella, responsable du Réseau environnement santé (RES). "Un fonctionnaire qui voit un dysfonctionnement et le dénonce, est sanctionné, placardisé. Il s'est retrouvé seul, sans appui de sa hiérarchie", a-t-il ajouté.

M. Cicolella milite pour la création d'un statut protégé pour les lanceurs d'alerte, qui les libèreraient du principe de subordination. Ce statut, qui existe déjà au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, aurait par exemple permis aux salariés de la société PIP d'alerter la justice des dangers des prothèses mammaires défectueuses, a-t-il souligné.

En 2010, les parlementaires du Conseil de l'Europe avaient demandé que les législations des 47 Etats membres assurent aux lanceurs d'alerte "une protection fiable contre toute forme de représailles".

Robert Gosseye a refusé de s'exprimer, invoquant son devoir de réserve. Les corrompus n’ont jamais été sanctionnés. De nombreux articles de presse ont rendu compte de son action, sans être jamais démentis, et sans que la situation kafkaïenne de Robert Gosseye ne change.

(avec AFP)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Justice

Il avait tué son compagnon en l’écrasant : peine de 15 ans de prison confirmée en appel   

Un homme de 46 ans a été condamné jeudi 22 janvier 2026 en appel à Lons-le-Saunier à 15 ans de réclusion criminelle pour avoir tué son compagnon en 2022 en lui roulant dessus avec sa voiture, la même peine que celle infligée il y a un an en première instance. L'accusation avait requis 25 ans de réclusion.

Le ”droit de correction parentale” n’existe pas, rappelle la Cour de cassation

La Cour de cassation a rendu mercredi 14 janvier 2026 une décision dans une affaire portant sur des faits de violences commises par un père sur ses enfants. Cette décision intervient après la relaxe prononcée par la cour d’appel de Metz le 18 avril 2024, fondée notamment sur l’invocation d’un prétendu ”droit de correction”.

Espoir pour Fralsen à Besançon : des offres déposées au tribunal…

Placée en redressement judiciaire, l’entreprise Fralsen, basée à Besançon, dispose désormais de nouvelles perspectives. Selon nos informations, plusieurs offres de reprise ont été déposées auprès du tribunal des affaires économiques de Lyon. Une étape cruciale alors que la société doit impérativement trouver un repreneur d’ici le 5 février 2026.

La demande de remise en liberté de Frédéric Péchier examinée le 11 février 2026

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Besançon examinera le 11 février 2026 une demande de remise en liberté de l'ex-anesthésiste Frédéric Péchier, condamné en décembre pour l'empoisonnement de 30 patients, dont 12 sont morts, a-t-on appris mardi 13 janvier 2026 de sources concordantes.

Incendie en Suisse : le propriétaire évoque une porte “verrouillée de l’intérieur” dans le bar

Le propriétaire français du bar incendié la nuit du nouvel an dans la station de ski suisse de Crans-Montana a indiqué aux enquêteurs avoir découvert juste après le drame qui a fait 40 morts qu'une "porte de service" était "verrouillée de l'intérieur" lors de son audition vendredi 9 janvier 2026.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 2.1
couvert
le 24/01 à 00h00
Vent
0.56 m/s
Pression
1000 hPa
Humidité
93 %