1D Sens fête ses 3 ans : "Les soirées rap à Besançon marchent mieux qu’à Bordeaux !"

Publié le 06/01/2016 - 11:35
Mis à jour le 06/01/2016 - 17:05

L’association bisontine 1D Sens, spécialisé dans la musique et l’univers hip-hop fêtera son troisième anniversaire à La Rodia le 6 février 2016. Encore discrète à Besançon, Charlie, Nico et Martin, les trois fondateurs de l’association passionnés, assurent une belle dynamique en comparaison avec de grandes villes françaises.

maCommune : Comment est composée l'association 1Dsens ? 

Martin : "Nous sommes trois à la base de l’association, Charlie, Nico et moi-même, rencontrés en études "Carrières Sociales" à Belfort en 2008… Nicolas s’est orienté vers d’autres projets au bout d’un an, et Tomil et Moon ont progressivement intégré la petite équipe. Nous sommes donc quatre à développer l’association. L’asso est relativement jeune, mais nous avons (déjà !) de 27 à 32 ans. Une quinzaine de personnes supplémentaires sont sollicitées pour certains gros événements, ou pour des tâches plus ou moins ponctuelles." 

Pourquoi "1DSens" ?

Martin : "On avait listé une trentaine de noms quand on était encore en réflexion avant de concrétiser le projet… C’était difficile de trouver un nom "original", qui reflète en même temps notre image. 1D Sens peut donc être associé à "indépendant", "sensé", et un tout petit peu "indécence"…" 

À Besançon, il existe des associations plutôt rock, plutôt métal ou encore reggae… 1DSens promeut plutôt la musique hip-hop. Pourquoi ce choix ? 

Martin : "En premier lieu, c’est la musique qu’on écoute depuis de nombreuses années, qu’on connait bien et qu’on suit avec attention. Il était évident que la création d’une structure serait autour du hip-hop. Ensuite, les assos de Besançon sont bien représentées dans chaque style, on se croise d’ailleurs souvent… On n’allait pas se lancer dans une asso de rock alors qu’on n’y connait rien et que des gens sont bien actifs dans ce milieu, Mighty Worm dans le rock, Uppertone dans le reggae…

Enfin, il y a un vrai public hip-hop à Besançon, malgré la taille moyenne de la ville. Les soirées rap ici marchent mieux qu’à Bordeaux par exemple ! On se rendait compte qu’il y avait une demande des gens et on a attendu le bon moment dans nos parcours respectifs pour lancer ça." 

Le hip-hop n'est pas seulement un style de musique c'est aussi un univers artistique mêlant à la fois musique, graffiti, deejaying, entre autres. Pourriez-vous nous en parler en quelques mots (pour ceux qui ne connaissent pas cet univers...) 

Martin : "Le hip-hop concentre cinq disciplines : rap, deejaying, graffiti, beatbox et danse. C’est vraiment un univers, une culture qui évolue tous les jours, mais les valeurs du hip-hop sont celles du respect et du partage. Aujourd’hui, beaucoup sont aux antipodes de ces idées, mais pas tous !

Il faut apprendre à distinguer la manière de faire, l’objectif final de la démarche, la manière de communiquer… Le rap ne se résume pas à Maître Gims et Jul, et on tente encore et toujours de mettre en lumière les artistes méritants et       avec peu de moyens… Comme le graffiti ne se résume pas au "vandale", il y a plusieurs "thèmes" dans chaque discipline du hip-hop.

Je pense qu’on a contribué, bien sûr dans une certaine mesure, à faire changer un peu l’avis des gens sur ce sujet. Beaucoup ne connaissent pas ou peu le rap, et en écoutant des artistes comme Kacem Wapalek, Dooz Kawa, Flynt par exemple, ils finissent par y trouver un intérêt alors qu’ils n’auraient pas eu accès au travail de ces artistes en temps normal. C’est un peu notre objectif inavoué, je crois que les gens se mettent au hip-hop grâce à nous J" 

Quelle est la place du hip-hop à Besançon voire même en Franche-Comté ? On peut avoir l'impression que ce style est plus "discret" que le rock par exemple. Est-ce une réalité ou pas du tout ?

Martin : "Je connais peu la scène rock locale, difficile de comparer… Pour parler du rap, il y a beaucoup d’acteurs je trouve par rapport à la taille de la ville. DJ’s, rappeurs, beatmaker, il y a une grosse dynamique. Certains sortent des projets, font des concerts. Le problème principal dans le rap, c’est la structuration… Y’a pleins de mecs talentueux, mais qui ont du mal à sortir un projet ou à se développer. Rares sont ceux qui sollicitent la presse, démarchent des professionnels, s’inscrivent à des tremplins ou concours… Du coup, hormis le réseau de proches et  le réseau virtuel, c’est dur de se faire connaître. Après, tout le monde n’a pas les mêmes objectifs, disponibilités ; certains sortent des clips pour le fun, d’autres enregistrent en studio sans but précis, d’autres encore ont un bon réseau qui leur permet de sortir de la ville. Mais c’est globalement une ville productive à ce niveau, le nom revient souvent dans le petit milieu hip-hop !"

Au niveau de la scène locale, avez-vous des artistes préférés avec lesquels vous travaillez ?

Martin : "Alors, l’un des principes de l’asso est de ne pas se positionner sur un artiste en particulier, ou plusieurs. On n’a pas vocation à devenir un label, à mettre en avant nos artistes. On est organisateur, donc l’idée est de donner un coup de pouce à ceux qui le méritent, qui bossent et qui ont envie de faire. On a dû programmer une trentaine de locaux, je pense, rares sont ceux qui ont joué deux fois avec 1D Sens ! J

Sur le sujet, je suis obligé de parler de BlackList tout de même, artiste qui n’est pas affilié à 1D Sens, mais avec qui Moon et moi travaillons beaucoup depuis deux ans. C’est un artiste discret, mais très efficace sur scène, et on prépare la sortie de son projet pour ces prochaines semaines. Donc non, BlackList ne fait pas partie de 1D Sens, il a joué une seule fois dans le cadre de nos soirées, mais oui, nous sommes amis et nous bossons ensemble !" 

L'association a été créée en février 2013. Vous allez fêter ses 3 ans à La Rodia le 6 février. Quels sont les événements les plus marquants pour l'association jusqu'aujourd'hui ?

Martin : "La plus belle satisfaction est d'avoir rempli la petite salle de la Rodia il y a un an, aucune vente au guichet : pour une première, ça motive ! On a mis en place également à deux reprises un bus pour aller dans un gros festival de hip-hop Parisien début juillet : 50 personnes à chaque fois, c’est devenu notre petit rituel qui arrange beaucoup de monde…

Une anecdote : un jeune du collège Diderot en décrochage scolaire et social, qui faisait partie du groupe d’élèves qui suivaient nos ateliers graffiti… Le jour du « vernissage » de la fresque peinte sur un mur de l’établissement, il a spontanément sorti son plus beau costume et a fait une présentation spontanée du projet à tous ses profs : on était sous le choc ! Globalement, on est contents de ne jamais avoir annulé de projets, et on est satisfaits que les gens avec qui on bosse apprécient notre travail et nos projets. Amener du rap aux Passagers du Zinc, ou du graffiti à Zone Art, ce sont de belles avancées !" 

Pour revenir au 6 février, que va-t-il se passer à La Rodia ?

Martin : "C’est la première fois que nous organisons une soirée en grande salle de A à Z. Trois cents places sont déjà parties à un mois de l’événement, on sera donc nombreux ce soir-là ! 

Le Bisontin Yenich ouvrira la soirée avec un set varié, et la présence de quelques invités. C’est une satisfaction de pouvoir donner cette place à cet artiste, qui est un vrai passionné et qui s’est entourée d’une talentueuse équipe, Mary J Productions. Ensuite, Dooz Kawa prendra le relais : artiste atypique, au flow particulier, qui énumère des thèmes profonds et qui fait preuve d’une incroyable écriture. C’est personnellement mon coup de cœur de la soirée ! Les Lyonnais bien connus du collectif L’animalerie présenteront leur dernier album « la plume et le brise-glace ». Pour cette date, il y aura les deux MC’s Lucio Bukowski et Anton Serra, accompagnés du talentueux beatmaker Oster Lapwass et de Baptiste à la guitare. Une formule originale, tantôt rock, tantôt électro, mais toujours hip-hop. Enfin, Demi Portion sera la tête d’affiche de la soirée. On l’avait déjà programmé fin 2013 aux Forges de Fraisans, et on l’a croisé plusieurs fois ces derniers temps. C’est un artiste d’une grande humilité, qui s’est fait connaître à un plus large public cette année avec la sortie de son album « Dragon Rash ». C’est vraiment un plaisir pour nous de le voir gravir les échelons tout en restant simple et authentique. Ce jour-là, ce sera d’ailleurs l’anniversaire de sa première scène, le 6 février 1996, il a commencé très tôt dans le milieu !  

Enfin, le beatmaker Sorg, originaire de Besançon, ambiancera le bar entre les concerts et en fin de soirée. Ambiance hip-hop garantie ! Cette soirée s’annonce vraiment très bien, tout est réuni pour ! Il y aura également le collectif Visual Break pour qui filmera la soirée et proposera un reportage peu après, et Mesh sera le principal photographe : il nous suit depuis nos débuts ! Nous aurons également des tee-shirts sur notre stand, à 10 euros, modèles filles et garçons, de différentes couleurs… Une centaine de vêtements ont déjà trouvé preneur !"

Quels sont les projets d'1DSens ?

Martin : "Nous avons récemment réorganisé notre équipe, en donnant une place à ceux qui souhaitaient s’investir. Chacun va se voir « attribuer » un rôle précis : responsable merchandising, lien avec la technique, administratif… De plus, un groupe de projet tuteuré de l’IUT Info-Comm nous suit depuis septembre, en travaillant sur l’envoi de newsletters, la création du site Internet, le développement d’autres réseaux sociaux.

La prochaine date arrêtée est le vendredi 15 avril prochain, à la Poudrière de Belfort, une première pour nous. Nous faisons venir Gavlyn et Reverie, deux artistes féminines américaines, qui sont en tournée européenne pendant deux semaines. C’est une belle satisfaction de pouvoir faire apparaître notre nom sur cette tournée entre Paris, Athènes, Berlin… On va remettre en place la scène Granvelle pour la fête de la musique, et refaire le bus à destination de Paris début juillet. Pour la fin d’année, nous retournerons surement au Moloco à Audincourt et nous commençons à plancher sur un partenariat autour d’une soirée « 100% féminine »… L’odyssée suit son cours !"

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