Accueillante ayant tué son pensionnaire handicapé dans le Jura : peine alourdie à 27 ans

Publié le 01/07/2022 - 17:56
Mis à jour le 01/07/2022 - 17:56

La cour d'assises d'appel de Côte-d'Or a alourdi, vendredi, à 27 ans de réclusion criminelle la condamnation de Marie-Paulette Françoise, 57 ans, pour avoir tué en 2011 une personne handicapée placée chez elle, après l'avoir ligotée et asphyxiée.

 © Alexane Alfaro
© Alexane Alfaro

L'accusation avait requis entre 19 et 22 ans de réclusion criminelle, légèrement moins que la condamnation à 25 ans pour "meurtre sur personne vulnérable" prononcée en première instance par la cour d'assises du Jura, le 22 octobre 2016. L'accusée avait fait appel, s'estimant privée de son droit à s'exprimer : incapable de parler après une ablation du larynx, il lui avait été proposé de s'exprimer par écrit, ce qu'elle n'avait pas accepté. Cette fois-ci, à Dijon, elle a bénéficié d'une traductrice lisant sur les lèvres.

Mme Françoise-Soret, agréée famille d'accueil pour personnes handicapées, a  tué son pensionnaire, handicapé physique et mental de 57 ans, à Plasne (Jura), en juin 2011.

"Je n'ai pas voulu le tuer", a-t-elle affirmé à son nouveau procès, à Dijon. "Il était devenu méchant", s'est-elle défendu, disant avoir eu "peur" d'être violée. Selon elle, la victime s'était allongée nue sur le lit et lui avait demandé de l'attacher, dans un "jeu" sexuel. L'accusée l'avait alors ligoté mais avait quitté la chambre, provoquant les cris de la victime.

C'est pour le faire taire qu'elle l'a attaché au cou avec un noeud coulant, "mais je n'ai pas serré", a-t-elle affirmé. Les cris ne cessant pas, l'accusée lui avait asséné des coups de balai sur la tête avant de couvrir l'homme d'un drap puis d'aller se coucher. Le lendemain, il était décédé.

L'autopsie a révélé que la mort a été due à une lente asphyxie.

L'accusée, qui souffrait d'alcoolisme, avait laissé le corps de la victime dans les escaliers de la cave. L'homme a été retrouvé plusieurs semaines plus tard en état de putréfaction avancée.

"Elle l'a tué comme un chien", avait fustigé l'avocat général Thierry Bas dans ses réquisitions, dépeignant la victime en "brave homme diminué incapable de faire de mal à une mouche" et donc de menacer l'accusée. Mme Françoise, alcoolique de père alcoolique et veuve à l'enfance difficile, a tué dans une sorte d'"exutoire à sa vie miséreuse", selon l'avocat général.

Laëtitia Birenbaum, avocate de l'accusée, avait plaidé la santé très fragile de sa cliente, notamment atteinte d'un cancer, qui a contraint le procès à ne se tenir que quatre heures par jour. Son état est incompatible avec un emprisonnement, selon l'avocate, qui avait donc demandé un simple suivi socio-judiciaire à son domicile, au lieu d'un emprisonnement.

(AFP)

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