ANV-COP21 : deux portraits d'Emmanuel Macron décrochés des mairies de Devecey et Cussey-sur-l'Ognon

Publié le 02/03/2020 - 14:00
Mis à jour le 02/03/2020 - 14:15

Après 135 portraits décrochés en 2019, les actions de décrochage de portraits d’Emmanuel Macron dans les mairies se poursuivent avant les élections municipales. Vendredi 28 février, c’est dans les mairies de Devecey et de Cussey-sur-l’Ognon que les portraits du président de la République ont été retirés.

Vendredi dernier, sept militants et militantes d'Action Non Violente-COP 21 se sont emparés de deux portraits officiels du président de la République dans les mairies de Devecey et de Cussey-sur-l'Ognon et les ont remplacés par des affiches questionnant "Où est Macron?". Une lettre expliquant l'action a été laissée dans chaque mairie (à lire en bas de cet article).

Ces actions menées dans de nombreuses mairies de France ont pou objectif de "dénoncer l'inaction et l'hyprocrisie du gouvernement sur les questions écologiques", indique ANV-COP21 Besançon. EN exemple, une des mairies visées a déposé l'année dernière des arrêtés anti-pesticides qui ont été annulés par le tribunal administratif.

Lettre d'explication de l'action de décrochage du portrait d'Emmanuel Macron :

"À l’attention de l’équipe municipale et du personnel de mairie :

Mesdames, messieurs,

Nous avons réquisitionné aujourd’hui le portrait d'Emmanuel Macron situé dans la mairie de votre commune, dans le cadre d'une mobilisation nationale intitulée #DécrochonsMacron. Cette démarche inhabituelle appelle quelques explications, que nous souhaitons vous fournir.

En un an, plus de 130 portraits présidentiels ont été décrochés dans des mairies de toute la France. Ces actions, qui ont été menées avec non-violence envers les personnes et sans dégradation de matériel, contiennent deux symboles : le vide laissé au mur symbolise l’inaction du gouvernement en matière sociale et climatique ; tandis que le fait de sortir le président est une manière de l’emmener voir la réalité du pays, du dérèglement climatique qui est déjà là et qui s’aggrave, de la colère sociale qui s’exprime de mille façons face aux injustices, du déclin de la biodiversité qui menace la vie sur Terre dans un futur proche.

Notre action ne vise donc pas spécifiquement votre commune, ne la voyez pas comme une attaque contre votre propre travail sur le plan écologique et social. Elle ne vise pas non plus l’autorité de l’État, puisque le portrait présidentiel n’est pas un symbole officiel de la République. Son absence ne vous empêchera pas de continuer à travailler pour le bien de votre commune et de ses habitant?es. Nous nous en prenons à l’inaction, voire à l’action néfaste et aux doubles discours du gouvernement concernant les urgences écologiques et sociales. En juin dernier, le Haut Conseil pour le climat a épinglé le gouvernement sur sa politique climatique tandis que le Réseau Action Climat a montré très récemment que l’écart entre les objectifs et la réalité continue de se creuser. (1)

La France comme le reste du monde vit une tendance au réchauffement qui s'accélère (2) avec des épisodes météorologiques violents : sécheresse, vague de chaleur, feux de forêt, etc...

Ne pas tout faire aujourd’hui pour limiter le changement climatique revient à commettre un crime contre les générations futures, qui en subiront les conséquences mais n’auront pas les moyens de le combattre. Les citoyennes et les citoyens ne s'inquiètent pas d'un mur vide, mais de l'inaction politique face aux injustices sociales et au chaos climatique, qui nous menacent tous.

Considérez cette réquisition comme temporaire : nous nous engageons à rapporter le portrait présidentiel dès que le gouvernement aura amorcé une politique en accord avec les engagements pris lors de la COP21, à savoir nous mettre sur une trajectoire ne dépassant pas les 1,5°C de réchauffement climatique, et assurant une justice sociale dans la mise en œuvre de ces mesures. Pour les générations actuelles et futures, faisons en sorte que cela arrive au plus tôt.

(1) https://reseauactionclimat.org/bilan-demmanuel-macron-sur-le-climat/

(2) Article le monde les décodeurs du 03/01/2020 “ 2019 à été la troisième année la plus chaude”

Les membres d’Action non-violente COP21"

Infos +

Le décrochage du portrait du président de la République est, en théorie, s'il est interprété comme un acte de rébellion contre l'Etat, est passible en France de 5 ans de prison et de 75 000€ d'amende. Mais lors deux affaires à Lyon en septembre 2019, un juge avait admis que le portrait officiel du président de la République française pouvait être décroché et brandi ensuite lors d'une manifestation contre sa politique. Il avait alors relaxé deux militants avant de déclarer : "la réalité du dérèglement climatique affecte gravement l'avenir de l'humanité, ce qui légitime d'autres formes de participation des citoyens, dans le cadre d'un devoir de vigilance critique."

Politique

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