Après le vent du boulet...

Publié le 14/12/2015 - 09:41
Mis à jour le 14/12/2015 - 09:41

A dix-huit mois de la présidentielle de 2017, ce n’est plus un coup de semonce auquel se doit de répondre la classe politique. Le boulet tiré par un bon nombre d’électeurs a provoqué des dégâts à son passage. Et s’il n’a pas (encore) fait tomber une position convoitée, il en a sérieusement ébranlé les défenses.

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Jusqu'au dernier moment, en Bourgogne Franche-Comté comme dans bien d'autres régions, le suspens FN a été maintenu. Le Front national a su occuper l'espace médiatique. Être l'objet central sur lequel toute l'attention restera focalisée. Imposant ses thèmes de campagne, éloignés des compétences régionales mais surtout à forte connotation nationale tout au long de cette séquence électorale. Des thématiques, plus porteuses pour le FN que la gestion des lycées, ou encore les transports régionaux.

Hier, les politiques qui s'exprimaient, au niveau national, comme chez nous au niveau régional, déclaraient que rien ne pouvait être comme avant. Ce qu'ils disent depuis 1983, ces municipales qui virent le FN connaître ses premiers succès électoraux. Qu'ils avaient compris le message des français...On le mesure bien ce matin, ils avaient bien compris...

Bien sûr impossible de faire le bilan d'hier sans tenir compte du terrible contexte des attentats. Le souci sécuritaire ne peut être évacué. Mais il n'est pas la seule insécurité que nous vivons. Il en est d'autres, liés à l'emploi, au déclassement social, à la désertification des territoires ruraux qui voient disparaître les services publics par exemple. Et notre région n'en est pas épargnée.

Le tripartisme

La vie politique française est profondément et durablement modifiée. Du bipartisme nous passons au tripartisme. Il sera difficile de l'ignorer même dans notre nouvelle région Bourgogne Franche-Comté. Les électeurs, c'est clair, ont mis le FN en tête, au premier tour suivi de la Droite, et ensuite de la Gauche. Signe d'une grande insatisfaction des citoyens quant aux propositions politiques pour nos territoires.

En nombre de voix, l'arithmétique est têtue, la gauche arrivée hier en tête du scrutin, dans notre région, représentait à peu près un électeur sur dix dimanche dernier ! Elle la dirigera pour la mandature qui s'ouvrira le 4 janvier 2016.

 "L'effet repoussoir du FN a encore une fois rempli son office"

La droite se voyait il y a quelques mois réaliser un grand chelem en raflant toutes les régions ou presque. Hier soir elle en mettait sept dans son escarcelle dont deux prises à la gauche avec des voix de gauche au bénéfice d'un Front républicain, barrage contre le FN voulu par la gauche et refusé par la droite. Drôles de victoires...

La gauche, elle, était promise il y a quelques mois à une débâcle électorale qui lui faisait perdre la quasi-totalité des régions. Elle en conserve cinq conquises à l'occasion de triangulaires. L'effet repoussoir du FN a encore une fois rempli son office. 

Les explications dans les partis politiques risquent d'être sévères en interne dans tous les partis politiques anti-FN. Au PS bien sûr. Les frondeurs n'en continuent pas moins leur petite musique du "pas assez à gauche". Mais ont-ils bien compris les électeurs qui ont désavoué leurs cousins des partis de la gauche de la gauche ? Ceux-là ont fait de petits scores indiquant bien que leurs solutions ne séduisent pas ! Pas plus pour EELV tenté d'une alliance avec eux.

À droite, ce n'est pas mieux. Entre candidats à une droitisation à outrance de leurs options - type Sarkozy modèle Buisson - ou la ligne Juppé, plus "concorde nationale" face aux défis qui nous sont imposés, qui l'emportera ?  Et ce ne sera pas aisé à écouter les analystes s'écharper sur les raisons de la situation qui est la nôtre. Les uns calquent le vote FN sur celle du chômage, les autres invoquant des motivations plus profondes liées à l'histoire longue des territoires. Pendant ces doutes le FN prospère. Ici, dans notre région comme ailleurs dans l'hexagone.

Une très courte majorité pour la gauche

Avec 51 sièges remporté sur 100, la gauche dirigera donc la Bourgogne Franche-Comté, à une courte majorité. Et les oppositions, LR-UDI d'une part, et FN de l'autre, ne sont pas disposées à faire de cadeaux.

Le Fn a réalisé hier son meilleur score électoral, plus haut que celui de la présidentielle de 2012...ce qui doit laisser à réfléchir, beaucoup même ceux qui voyaient dans l'émergence de l'extrême droite dans le paysage politique français un phénomène passager...! Et cela vaut aussi pour notre région. L'espace rural, autour de nos villes, vient de le démontrer, il a beaucoup voté FN ! 

Alors une leçon à retenir : les victoires de la droite et de la gauche à ces régionales ne sont pas celles dues à l'adhésion à des projets.  Elles sont celles d'un encore puissant rejet, jusqu'à présent, du FN. Jusqu'à présent... 

Politique

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