Arc de triomphe saccagé : 15 mois de prison dont six avec sursis requis pour le bisontin

Publié le 25/03/2021 - 09:45
Mis à jour le 26/03/2021 - 08:43

Les peines de prison aménageables, des travaux d'intérêt général, des amendes et des stages de citoyenneté ont été requis ce mercredi 24 mars 2021 à Paris au procès du saccage de l'Arc de Triomphe pendant une manifestation de "gilets jaunes" en 2018.

1er décembre 2018 -  Arc de Triomphe © capture LCI ©
1er décembre 2018 - Arc de Triomphe © capture LCI ©

Sur le banc des accusés figura Sébastien, ancien militaire né à Besançon. Surnommé "sanglier", cet homme est connu de l'ultra-droite. Après son interpellation, une perquisition avait été menée au domicile de ses parents. Le Parisien expliquait en janvier dernier que "toute la panoplie du nostalgique du IIIe Reich" avait été trouvée  : un tableau et une photo d’Hitler, deux drapeaux nazis frappés de la croix gammée, une carte d’adhésion au groupuscule d’ultradroite Troisième voie et des drapeaux du GUD".

À cela, s'ajoutait un fusil 22 long rifle semi-automatique garni d’un chargeur de six cartouches, un fusil à pompe, un silencieux de fusil 22 long rifle, un pistolet automatique d’alarme, une machette militaire, une baïonnette suisse et deux poignards...

Il n'est "pas du tout" question de les faire "payer" pour les autres, Procureure

Dans cette "affaire atypique", "comment faire rentrer le symbole dans une peine, tout en restant juste ?", s'est interrogée la procureure Florence Lardet pendant ses réquisitions.

Les images de la "prise" de l'Arc de Triomphe, un symbole national, par des manifestants avaient fait le tour des médias et créé un immense émoi. Les neuf personnes jugées pour des vols et des dégradations ce 1er décembre 2018 ne sont pas "les principaux responsables" du saccage et du pillage du monument "emblématique", qui n'ont pas été identifiés, a rappelé la procureure.

Mais s'il n'est "pas du tout" question de les faire "payer" pour les autres, "chacun doit répondre à la hauteur de ce qu'il a fait", et leur responsabilité ne peut être "diluée". "Il faut qu'il y ait une réflexion sur le respect des valeurs républicaines", "visiblement pas comprises", a-t-elle ajouté.

Elle a distingué deux groupes parmi les prévenus, originaires des quatre coins de la France et dont la majorité ont une vingtaine d'années et n'ont aucun casier judiciaire.

Dans le premier groupe figurent ceux qui sont accusés d'être entrés dans le monument, et d'y avoir volé de petits objets (cartes postales, répliques miniatures de l'Arc de Triomphe et de la Tour Eiffel...) - des vols qui "peuvent apparaître comme relativement anodins", a-t-elle reconnu. Les dégâts causés par le saccage avaient été estimés à un million d'euros.

Elle a requis pour ces prévenus 105 heures de travaux d'intérêt général, à effectuer sous 18 mois sous peine d'amende, ainsi qu'une amende de 450 euros, dont 300 avec sursis.

Elle a demandé la même peine, mais un peu plus sévère, pour une jeune femme qui ne s'est pas présentée à l'audience et n'avait pas respecté son contrôle judiciaire. Quand la place a été envahie par le gaz lacrymogène, "elle a été prise de panique, elle ne s'est pas posé la question de savoir si elle était autorisée à entrer", plaidera plus tard son avocate.

Un deuxième groupe avec des peines de prison "aménageables"

Pour le "deuxième groupe", jugé pour des dégradations, la procureure a souhaité des peines de prison "aménageables". Pour l'ancien militaire de 43 ans lié à l'ultra-droite et accusé d'avoir tagué l'Arc de Triomphe, elle a requis 15 mois d'emprisonnement dont six avec sursis.

Pour les jeunes prévenus qui comparaissent pour avoir donné des coups d'extincteur à une porte ou dégradé une statue, elle a demandé des peines allant jusqu'à 15 mois d'emprisonnement, dont neuf avec sursis. Elle a aussi demandé à ce qu'ils effectuent des travaux d'intérêt général et des stages de citoyenneté.

"Quand ils arrivent toutes les dégradations ont déjà été commises", martèle plus tard Sajjad Hasnaoui-Dufrenne, un des avocats de la défense. Pour lui, la "vraie question du dossier", c'est l'absence des "casseurs" au tribunal. "Ce procès est immensément pédagogique", s'est de son côté réjoui avant les réquisitions Jean-Philippe Morel, qui représente une association de défense du patrimoine, partie civile au procès.

La décision du tribunal est attendue jeudi en fin de journée.

(SOURCE AFP)

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