Christiane Taubira : "Il faut faire en sorte que les ex-détenus reviennent dans la société progressivement pour limiter le risque de récidive"

Publié le 11/07/2014 - 18:21
Mis à jour le 12/07/2014 - 13:48

Christiane Taubira, ministre de la justice et Garde des sceaux, a inauguré le service pénitentiaire d'insertion et de probation du Doubs et du Jura ou SPIP au 48 avenue Georges Clemenceau à Besançon ce vendredi 11 juillet 2014. Stéphane Fratacci, préfet du Doubs, Jean-Louis Fousseret, maire de Besançon, Claude Jeannerot, président du conseil général du Doubs, Eric Alauzet, député du Doubs EELV, Barbara Romagnan, députée du Doubs PS, Annie Genevard, députée du Doubs UMP, Martial Bourquin, sénateur-maire d'Audincourt PS et Marie-Guite Dufay, présidente de la région Franche-Comté ont participé à la visite de l'établissement.

Visite officielle

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Christiane Taubira a déclaré : « Lorsque vous laissez sortir des personnes qui n’ont pas d’hébergement, qui sont en rupture familiale, qui sont parfois faibles du point de vue de la qualification professionnelle, qui sont sous addiction d’alcool ou de stupéfiants, sans aucun accompagnement ni aucune contrainte, vous savez objectivement que vous avez des risques de récidive. »

Qu’est-ce que le SPIP ?

Le service pénitentiaire d’insertion et de probation intervient non seulement au sein des établissements pénitentiaires mais également en milieu ouvert pour effectuer le suivi des personnes placées sous main de justice (PPSMJ). Il a pour mission principale la prévention de la récidive. Les Spip participent à l’exécution, à l’individualisation et à l’aménagement des peines prononcées par l’autorité judiciaire.

Il met en oeuvre les peines alternatives à l’incarcération, contrôle et fait respecter les obligations imposées aux personnes placées sous main de Justice, tout en favorisant la mise en place d’actions d’insertion ou de réinsertion avec les partenaires associatifs.

Des missions et compétences…

Des missions communes en détention et en milieu ouvert :

  • Aider les PPSMJ à réfléchir sur leur passage à l’acte et à donner du sens à leur peine en leur proposant un accompagnement individuel ou collectif.
  • Les accompagner dans leurs démarches d’insertion et de réinsertionen lien avec les partenaires et les intervenants locaux
  • Evaluer la situation sociale, familiale et matérielle des personnes condamnées ou poursuivies et proposer aux magistrats des aménagements de peine ou des alternatives à l’incarcération.

Pour prévenir la récidive

En milieu ouvert, assurer le suivi des mesure de probation : contrôler le respect des obligations imposées par les magistrats aux personnes placées sous main de justice.

En milieu fermé, proposer un accompagnement aux personnes incarcérées : accompagner les personnes détenues dans leur projet de préparation à la sortie. Limiter les effets désocialisants de la détention en favorisant le maintien des liens familiaux et sociaux des personnes incarcérées.

Les personnels

Les Spip sont des services à vocation pluridisciplinaire, composés de cadres directeurs d’insertion et de probation (DPIP), de conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation (CPIP), d’assistants de service social, de personnels administratifs, de surveillants pénitentiaires chargés de la pose et de la dépose des bracelets électroniques et du contrôle des incidents, ainsi que de psychologues.

La ministre a indiqué que « Ce que nous avons mis en place dans la loi c’est cette libération sous contrainte, c’est à dire éviter ce que nous connaissons actuellement : 80 % de sorties sèches. Il faut éviter cela et faire en sorte que les personnes reviennent dans la société progressivement, pour limiter le risque de récidive. La libération sous contrainte, c’est un sas, un temps intermédiaire entre la sortie en détention et le retour dans le corps social. »

Propos recueillis par Léon Gama

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