Consultations tous azimuts en vue du "troisième tour" des législatives

Publié le 27/04/2022 - 08:31
Mis à jour le 27/04/2022 - 08:31

La présidentielle à peine digérée, les tractations se sont intensifiées en coulisses mardi, à sept semaines des élections législatives en juin, sur fond du nouveau rapport de force créé par la réélection d’Emmanuel Macron.

Assemblée nationale © D Poirier
Assemblée nationale © D Poirier

Du côté de la majorité, il s'agit de surfer sur la nette victoire du président sortant dimanche face à sa rivale d'extrême droite Marine Le Pen. Traduction : reconduire une large majorité à l'Assemblée nationale et continuer à grignoter aussi bien à droite qu'à gauche de l'échiquier politique.

Le président Macron, qui se cherche aussi un nouveau Premier ministre, consulte, selon son entourage. Resté invisible depuis la soirée électorale, il s'est rendu mardi en début de soirée au siège de campagne pour remercier les équipes.

"Dans les semaines à venir, il va falloir gagner, inspirer, enthousiasmer et continuer à rassembler le pays sur le projet qui est le nôtre", a-t-il plaidé, d'après un participant.

Jean Castex, donné bientôt sur le départ, a passé l'après-midi à l'Elysée, selon une source gouvernementale.

Les députés LREM se réunissent

Et les députés LREM se sont réunis comme chaque mardi. Pour les législatives des 12 et 19 juin, "notre volonté est claire: conforter nos forces et l'élargissement politique", a lancé leur patron Christophe Castaner.

Lundi soir au bureau exécutif du parti présidentiel, son numéro un Stanislas Guerini avait souligné l'"urgence" à disposer d'une majorité parlementaire claire pour "agir" sur le pouvoir d'achat "dès cet été", ainsi que sur le climat dans le sillage du virage vert promis par Emmanuel Macron.

Alors que les investitures des candidats doivent être finalisées, Horizons, le mouvement de l'ancien Premier ministre Edouard Philippe (ex-LR), a l'impression d'être mis de côté.

"On a beau tendre la perche, il y a parfois des comportements un peu irrationnels vis-à-vis d'Edouard Philippe", déplore un membre du bureau politique d'Horizons, qui s'est réuni mardi.

Source de crispation, les accords qui se profilent entre la majorité et certains LR: "Je ne suis jamais tenu par un deal que je n'ai pas passé", a prévenu Edouard Philippe, selon des participants.

"Cour de recréation"

De son côté, Marine Le Pen a pris quelques jours de repos mais elle entend bien mener la bataille des législatives, forte de ses 41,46 % à la présidentielle, le plus haut score jamais réalisé pour un parti d'extrême droite.

C'est néanmoins le président du parti, Jordan Bardella, qui lancera la campagne nationale jeudi à Fréjus, aux côtés du maire RN de la ville David Rachline.

Dès dimanche soir, Marine Le Pen avait dit voir dans son score inédit "une éclatante victoire" et la manifestation du "souhait" des Français d'"un contre-pouvoir fort à Emmanuel Macron".

Son parti espère capitaliser lors des législatives, lui qui ne dispose que de six députés actuellement. Selon un sondage Harris Interactive-Toluna pour Challenges publié lundi, le RN recueillerait entre 75 à 105 sièges dans la nouvelle assemblée, ce qui serait un bond inédit.

Mais ce sera a priori sans alliance avec Eric Zemmour et son mouvement Reconquête !. Les partisans de M. Zemmour, qui a réuni 7 % des voix au premier tour de la présidentielle, ne cessent de frapper à la porte du RN qui répond par une fin de non-recevoir.

Et les échanges acrimonieux se multiplient entre les deux camps. La nièce de Marine Le Pen, Marion Maréchal, passée dans le camp Zemmour et qui hésite à se présenter à Carpentras (Vaucluse), a déploré mardi des débats "de cour de récréation".

Pendant ce temps à droite, les Républicains, fragilisés par leur cuisante défaite à la présidentielle, ont réaffirmé leur "indépendance" face à Emmanuel Macron que certains pourraient être tentés de rallier.

"Il n'y a pas de double appartenance" et "on ne peut pas être Les Républicains et majorité présidentielle", a martelé le président du parti Christian Jacob à l'issue d'un conseil stratégique.

Gérard Larcher (LR), président du Sénat qui resté dominé par la droite, a adressé lundi une lettre de félicitations à Emmanuel Macron pour sa réélection, a fait savoir l'entourage du deuxième personnage de l'Etat.

A gauche, les négociations patinent entre La France insoumise, EELV et le PCF en vue d'un accord aux législatives. Le PS, lui, entre dans la danse via une rencontre avec les Insoumis mercredi.

(Source AFP)

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