Alerte Témoin

Couches pour bébés : alerte sur des "risques", les fabricants sommés d'agir

Publié le 23/01/2019 - 14:59
Mis à jour le 23/01/2019 - 14:59

Parfums, dioxines... Certaines substances chimiques détectées dans les couches jetables peuvent présenter des "risques" à long terme pour les bébés et devront être au moins réduites par les fabricants d'ici "quelques mois", a exigé ce mercredi 23 janvier 2019 le gouvernement français après une alerte lancée par l'agence de sécurité sanitaire du pays.

bebe
© RitaE via Pixabay

La France va également travailler à l'élaboration de seuils de toxicité pour ces produits, seuils qui n'existent pas pour les couches, et elle plaidera à Bruxelles pour des règles européennes plus "protectrices".

Les couches jetables sont soumises dans l'UE à la réglementation générale sur les produits de consommation et non à des règles spécifiques comme certains produits cosmétiques ou les protections pour fuites urinaires.

Un risque potentiel "sur le long terme"

Selon l'Agence de sécurité sanitaire Anses, il existe un risque potentiel "sur le long terme" lié au "dépassement des seuils sanitaires pour un certain nombre de substances", a expliqué à l'AFP Gérard Lasfargues, directeur général délégué de l'Anses, saisie en janvier 2017 par le gouvernement après un article du mensuel 60 millions de consommateurs.

Il s'agit de deux parfums (butylphényl méthyle propional et hydroxyisohexyl 3-cyclohexène carboxaldéhyde), ainsi que de certains hydrocarbures aromatiques polycycliques (parfois cancérogènes), de dioxines ou de furanes.

Cependant, précise l'Anses, il n'existe aucune preuve que les couches jetables portées par 95% des bébés de France soient néfastes.

"Je tiens à rassurer les parents, l'Anses dit bien qu'il n'y a pas de risque immédiat pour la santé des enfants", a ainsi déclaré la ministre de la Santé Agnès Buzyn. "Il faut continuer évidemment à mettre des couches à nos bébés".

"Éliminer ces substances"

A la suite de cet avis, les ministres de l'Economie, de la Santé et de la Transition écologique ont convoqué mercredi matin les industriels et distributeurs du secteur pour exiger qu'ils présentent d'ici 15 jours un plan d'action visant à éliminer à terme ces substances.

"Il est évidemment que nous ne tolèrerons pas que ça dure pendant des mois et des mois", a souligné Agnès Buzyn, évoquant un délai de "quelques mois", peut-être "six mois" pour qu'ils changent leur processus de fabrication et réduisent ces produits potentiellement toxiques.

Pour son expertise, "la première" de ce type au niveau mondial sur les couches, l'Anses a évalué le risque potentiel "dans des conditions d'usage réalistes". "On calcule une quantité absorbée en fonction du temps de port de couche, du nombre de couches portées par les bébés, jusqu'à 36 mois, et on compare à des valeurs toxicologiques de référence pour chacune des substances", explique Gérard Lasfargues, précisant qu'un bébé porte entre 3.800 et 4.800 couches.

La cible : "Les parfums"

Première cible, les parfums, que l'Anses appelle à "supprimer" totalement. Potentiellement allergisants, ils sont les seuls de ces produits chimiques à être intentionnellement ajoutés par les industriels.

Comme le suggère l'Agence, les fabricants devront également mieux contrôler "la qualité des matières premières utilisées" qui peuvent être contaminées au préalable et modifier les procédés de fabrication, comme le blanchiment, "susceptibles d'être à l'origine de la formation de certaines substances", plaident les ministères.

"Nos couches sont sûres et l'ont toujours été", a insisté de son côté dans un communiqué l'entreprise Pampers (groupe américain Procter and Gamble), assurant avoir "déjà mis en place les recommandations formulées par le rapport".

D'autres marques de couches ont également assuré respecter les plus hauts critères de sécurité sanitaire. La présidente de la marque française Joone, Carole Juge-Llewellyn, s'est dite "extrêmement satisfaite" du rapport de l'Anses, assurant avoir lancé sa marque pour "répondre à cette problématique d'opacité" de cette industrie.

L'avis de l'Anses est basé sur des analyses de 23 couches "parmi les plus utilisées", mais ne cite aucune marque, les données ayant été anonymisées. "La contamination concerne tous types de couches, y compris les couches dites écologiques", assure Gérald Lasfargues.

(Source AFP)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Santé

220 professionnels du CHU formés au « retournement sur le ventre » pour les détresses respiratoires aigües

L’un des éléments importants de la stratégie thérapeutique pour les patients Covid-19 souffrant de détresse respiratoire aiguë est la pratique du décubitus ventral, la technique de "retournement sur le ventre". Ainsi, 220 professionnels volontaires suivent une formation accélérée du "Team décubitus ventral", habituellement réservée au service de réanimation.

Quand un fabricant de literie se met à produire des masques…

Pénurie de masques • Le Groupe Maliterie,  et notamment son usine de Voray-sur-l'Ognon en Haute-Saône, a répondu à l'appel du ministère pour fabriquer entre 500 et 1.000 masques de protection par jour à partir du 15 avril 2020. Les masques seront commercialisés en priorité dans le Doubs et en Haute-Saône.

Coviplasm : un essai clinique avec du plasma de patients guéris

À partir du mardi 7 avril 2020, un test va démarrer en Ile-de-France, dans le Grand-Est et en Bourgogne-Franche-Comté auprès d'environ 200 patients guéris. L'essai clinique consiste à transfuser du plasma sanguin de personnes guéries du Covid-19 vers des "patients en phase aiguë de la maladie". Le Pr Pierre Tiberghien de Besançon (EFS Bourgogne-Franche-Comté) mènera cette étude avec le Pr Karine Lacombe.

Une plateforme régionale pour mettre en lien les fabricants de matériel médical et les hôpitaux

stopcovid19.fr •

L’Agence Régionale de Santé Bourgogne-Franche-Comté et les services de l’État ont lancé  une plate-forme régionale contributive en ligne permettant d’identifier la disponibilité de matériel médical nécessaire à la prise en charge des personnes atteintes du COVID19.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

 10.96
ciel dégagé
le 09/04 à 21h00
Vent
2.11 m/s
Pression
1023 hPa
Humidité
62 %

Sondage

MUNICIPALES 2020

Les résultats dans votre commune