Covid-19: qui vacciner en priorité ? les autorités sanitaires posent le calendrier d'une campagne à hauts risques

Publié le 30/11/2020 - 17:55
Mis à jour le 30/11/2020 - 14:54

La Haute autorité de Santé a présenté ce  lundi 30 novembre 2020  ses recommandations pour la stratégie vaccinale de la France, nouvelle étape pour tenter de mettre fin à la pandémie de Covid-19. Les autorités sanitaires ont recommandé lundi de vacciner en priorité les résidents des Ehpad

illustration © jaytaix PXB CC0
illustration © jaytaix PXB CC0

La campagne de vaccination doit démarrer fin 2020-début 2021 pour les publics prioritaires, avant d’être plus massive dans un deuxième temps.

Qui protéger en priorité ? "Les plus vulnérables et ceux qui s'en occupent", a résumé lundi la présidente de la Haute autorité de santé (HAS), Dominique Le Guludec, au cours d'un point presse en ligne.

Dans cette optique et sans grande surprise, la HAS a préconisé que les personnes âgées vivant dans les Ehpad, environ 750.000 personnes, et les salariés de ces établissements présentant "un risque de forme grave" en raison de leur âge ou de leur santé, soit 90.000 à 100.000 personnes, soient visés par la première phase de vaccination.

Avec plus de 16.000 morts parmi leurs résidents (sur un total de 52.000) et des restrictions de visites drastiques des familles, les Ehpad ont payé un très lourd tribut à l'épidémie de Covid-19.

Le calendrier proposé par la HAS se décline ensuite en quatre autres phases:

  • les personnes âgées (d'abord les plus de 75 ans, puis les 65-74 ans) et les personnels sanitaires,
  • les plus de 50 ans,
  • les personnes dont le métier favorise une infection et les personnes vulnérables et en précarité,
  • enfin le reste de la population.

Défi

Emmanuel Macron avait assuré que la première étape commencerait "vraisemblablement dès fin décembre, début janvier, sous réserve de validation par les autorités sanitaires", en premier lieu l'Agence européenne du médicament (EMA), qui examine trois candidats vaccins (Pfizer/BioNTech, Moderna, AstraZeneca/Université d'Oxford). Les groupes pharmaceutiques ont rivalisé d'annonces prometteuses sur leur efficacité, mais sans publication scientifique détaillée.

Le Premier ministre, Jean Castex, a aussi promis jeudi que "la stratégie et l'organisation que nous mettons en place pour le vaccin" seraient présentées cette semaine, alors que des questions restent posées sur le rôle confié aux médecins généralistes et aux collectivités territoriales.

Une telle campagne de vaccination représente un défi logistique énorme, pour l'approvisionnement et le stockage des vaccins - ceux de Pfizer et Moderna nécessitent d'être conservés à très basse température - ainsi que pour toucher les populations concernées.

Le gouvernement est aussi placé devant un défi de taille: convaincre de l'utilité et de l'efficacité d'un vaccin, alors que les enquêtes d'opinion font état d'une population réticente.

La vie normale

"Je pense que les choses vont évoluer à partir du moment où les vaccins seront disponibles, administrés", a espéré la présidente de la HAS. "Probablement que là, il va y avoir autre chose qui se passera, il va y avoir une information concrète. Là on est dans du spéculatif, avec beaucoup de fausses informations qui circulent", a ajouté Dominique Le Guludec.

Dans tous les cas, le retour à une vie normale prendra plusieurs mois. Pas avant "l'automne" 2021 et à condition que "80 à 90%" de la population se fasse vacciner, avait estimé la semaine dernière l'épidémiologiste Arnaud Fontanet, membre du Conseil scientifique, qui guide les choix du gouvernement.

D'ici là, le risque d'un rebond épidémique et d'une troisième vague n'est pas écarté, avertissent les experts sanitaires. Dimanche, 9.784 nouveaux cas positifs avaient été enregistrés dans les 24 dernières heures par Santé publique France, loin du pic de près de 60.000 nouveaux cas comptabilisés en moins de 24 h début novembre. Le nombre d'hospitalisations liées au Covid-19 est stable, avec 28.284 patients dimanche (contre 28.139 samedi et 28.620 vendredi), après un pic de plus de 33.000 le 16 novembre.

La France a pu entamer une nouvelle phase de confinement allégé ce week-end, avec la réouverture des commerces et des limitations de déplacement pour se promener un peu moins strictes (3h et 20 km contre 1h et 1km depuis le 30 octobre). Emmanuel Macron a annoncé que si la situation s'améliore, en fixant l'objectif de 5.000 contaminations par jour, ce serait au tour des cinémas, théâtres et musées de rouvrir au 15 décembre, quand seront également supprimées les restrictions de déplacement en prévision des fêtes de fin d'année.

Dimanche, le gouvernement a subi un nouveau camouflet, le Conseil d'Etat lui ordonnant de revenir "dans les trois jours" sur sa mesure limitant les cérémonies religieuses à 30 personnes.

(AFP)

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