Déplacements, concours... : Castex précise les annonces anti-Covid

Publié le 01/04/2021 - 10:41
Mis à jour le 01/04/2021 - 13:29

Mise à jour • Jean Castex a précisé ce jeudi 1er avril 2021 devant l’Assemblée nationale les nouvelles restrictions annoncées la veille par Emmanuel Macron pour tenter de juguler la troisième vague de Covid-19, avant un vote qui devrait être marqué par un boycott massif des oppositions. La consommation d’alcool sur la voie publique sera interdite, a notamment annoncé le Premier ministre.

L’Assemblée nationale a approuvé jeudi 1er avril  par 348 voix contre 9 les nouvelles restrictions annoncées par Emmanuel Macron face à l’épidémie de Covid-19, mais la quasi-totalité des oppositions ont boycotté le scrutin en dénonçant « une mascarade« .

A l’issue d’un discours du Premier ministre Jean Castex et d’un débat, la majorité LREM-MoDem-Agir a voté pour ainsi qu’une poignée de députés dont l’ex-ministre Delphine Batho. Ont voté contre députés RN ainsi que Nicolas Dupont-Aignan (DLF) et les ex-députés LREM Joachim Son-Forget et Guillaume Chiche.

Le Sénat à majorité de droite doit se prononcer à son tour dans l’après-midi et le même scénario d’un boycott massif se profile, selon des sources parlementaires.

Au Palais Bourbon, aucun des groupes d’opposition n’a pris part à ce vote qui n’engageait pas la responsabilité du gouvernement, le chef de file LR Damien Abad refusant d' »adouber la parole jupitérienne« , celui de LFI Jean-Luc Mélenchon disant son « exaspération » de « voir l’Assemblée exclue de la stratégie » sanitaire.

La patronne des députés PS Valérie Rabault n’a également pas voulu « cautionner la manière » dont l’exécutif gère la crise. Et le dirigeant du groupe communiste André Chassaigne a vu dans ce débat en application de l’article 50-1 de la Constitution « un hochet tiré du coffre à jouets pour faire comme si on était une démocratie« .

La présidente du RN Marine Le Pen, qui ne dispose pas d’un groupe à l’Assemblée, a ciblé ses critiques sur le fond des mesures, prises par Emmanuel Macron avec « peu de convictions, et beaucoup d’indécision » selon elle. La députée du Pas-de-Calais a exposé la politique sanitaire qu’elle privilégierait, d’un confinement territorialisé à un « moratoire sur la réduction des capacités hospitalières« . « Le pays a davantage besoin d’être conduit qu’ingénument rassuré« , a glissé la candidate à la présidentielle de 2022. La gauche a quitté l’hémicycle lors de son intervention.

Jean Castex a condamné "sans réserve" ceux qui ne respectent pas "les règles sanitaires", visant notamment les participants à de récents "rassemblements festifs" ou ceux refusant le port du masque, qui devront être poursuivis "systématiquement" par les parquets.

Alors que crèches et établissements scolaires vont fermer pendant trois à quatre semaines, dont une à deux semaines de cours à distance et deux semaines de vacances unifiées sur tout le territoire, il a précisé que les motifs impérieux permettant des déplacements hors de son département incluront "ceux liés à un motif familial, comme par exemple accompagner ou aller chercher un enfant chez un parent, un grand-parent ou un proche."

Les concours de l'enseignement supérieur prévus au cours des quatre prochaines semaines "seront maintenus" et leurs conditions d'organisation "adaptées". Les examens ne pouvant se faire en distanciel seront en revanche "reportés autant que possible" sur "le mois de mai".

Le gouvernement compte aussi aider les "familles modestes dont les enfants n'iront plus à la cantine ou ne pourront plus bénéficier de petits-déjeuners gratuits", a promis Jean Castex, avec des modalités précisées "dans les prochains jours".

Débutée à 9h00 dans une ambiance houleuse, la déclaration du Premier ministre "sur l'évolution de la situation sanitaire et les mesures nécessaires pour y répondre" est suivie d'un débat et d'un vote devant les deux chambres du parlement.

Ce débat qui se poursuivra au Sénat l'après-midi intervient au lendemain de l'allocution radio-télévisée d'Emmanuel Macron, annonçant un nouveau tour de vis face à l'épidémie du Covid-19 et appelant les Français à "fournir un effort supplémentaire" mais sans confinement strict.

Signe de l'intérêt des Français, ces annonces ont été suivies 30,8 millions de téléspectateurs, toutes chaînes confondues, soit 90,7% de part d'audience globale, selon Médiamétrie.

Emmanuel Macron a par ailleurs annoncé que les restrictions en vigueur depuis la mi-mars dans 19 départements  seront étendues à l'ensemble du territoire pour quatre semaines à partir de samedi. Seront ainsi fermés partout les commerces non-essentiels, notamment d'habillement, et les déplacements seront limités à 10 km.

Selon Bercy, cette extension va faire passer le nombre d'établissements fermés de 90.000 à 150.000 et le coût total des aides aux entreprises à 11 milliards d'euros par mois.

Grâce à cette mobilisation en avril, le chef de l'Etat a promis la réouverture de certains lieux de culture et des terrasses de bars et de restaurants à partir de la mi-mai.

Ce retour espéré à la normale sera rendu possible grâce à une accélération de la campagne de vaccination, élargie aux plus de 60 ans à partir du 16 avril, puis aux plus de 50 ans le 15 mai et à partir de la mi-juin aux moins de 50 ans.

Emmanuel Macron a par ailleurs promis des "renforts supplémentaires" en réanimation pour faire face à l'afflux de malades graves du Covid-19 et passer "dans les prochains jours" à 10.200 lits, selon une précision de Jean Castex, contre 7.665 actuellement.

"Piétinement du Parlement"

Les oppositions de droite (LR) comme de gauche (LFI, PS, PCF) ont annoncé qu'elles ne prendraient pas part au vote, dénonçant un "piétinement du parlement" appelé à se prononcer sur des mesures déjà actées par l'exécutif.

Ces nouvelles mesures sont "nécessaires pour nous permettre de franchir un cap, espérons-le un dernier cap, dans la perspective du déploiement massif de la vaccination et d'un retour à une vie normale", a justifié Jean Castex.

"Il n'y a pas d'opposition entre le pouvoir politique et le pouvoir médical, nous tenons le plus grand compte des avis, des analyses, des modèles et des prévisions des experts, conseils scientifiques et médicaux", a-t-il aussi souligné alors que l'exécutif est accusé d'avoir tardé à serrer la vis quand scientifiques et opposition de droite comme de gauche l'y appelaient.

(AFP)

Politique

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