Dijon : 15 ans de réclusion pour la tentative de suicide par explosion de gaz qui avait fait des blessés

Publié le 22/06/2019 - 09:05
Mis à jour le 22/06/2019 - 09:14

L'homme de 53 ans qui avait provoqué en 2016 une explosion de gaz et fait une quinzaine de blessés lors d'une tentative de suicide à Dijon a été condamné ce vendredi 21 juin 2019 à 15 ans de réclusion criminelle.

explosion 2016 dijon immeuble.jpg
Explosion dans un immeuble à Dijon ©François Grz
PUBLICITÉ

La peine prononcée par la cour d’assises de la Côte-d’Or est supérieure aux réquisitions de l’avocat général qui avait demandé aux jurés 12 ans de réclusion. Elle est assortie notamment d’une obligation de soins psychiatriques et psychologiques. Le jury a reconnu une altération du discernement.

16 septembre 2016 : une « scène de guerre » à Dijon

Les faits remontent au 16 septembre 2016: peu après 9h, une déflagration secoue le quartier de la gare à Dijon. L’immeuble d’un étage est presque entièrement détruit. Autour, certains bâtiments menacent de s’effondrer mais la déflagration n’a fait que des blessés.

Alors qu’il est retiré des décombres par les secours – certains parleront de « scène de guerre » – l’accusé Yves Naudé indique de lui-même avoir ouvert des bouteilles de gaz et mis le feu pour mettre fin à ses jours.

Brûlé sur 20% du corps, le quinquagénaire est conduit dans un service pour grands brûlés à Metz. Il sera mis en examen quelques semaines plus tard et placé en détention provisoire.

« Peut-on condamner un homme qui a voulu mourir ? »

« Peut-on pénalement condamner un homme désespéré qui a voulu mourir?« , a demandé l’avocat général avant de répondre par l’affirmative. « Sous les décombres on aurait pu retrouver des dizaines de morts« , a-t-il lancé.

« Ce dont M. Naudé a besoin, c’est de soins« , a rétorqué l’avocate de la défense, Me Aurélie Champenois, qui jugeait déjà les réquisitions du ministère public « disproportionnées » pour « l’acte d’un déséquilibré qui voulait mourir« .

Un homme qui voulait en finir à cause d’une déception sentimentale.

Follement amoureux d’une voisine, avec laquelle il entretenait des relations amicales, il avait été éconduit à plusieurs reprises.

Aux jurés, l’homme a raconté ses sentiments, sa colère, mais nié avoir menacé sa voisine ou avoir voulu faire du mal à d’autres. Il a dit, aussi, avoir du mal à se souvenir, la faute aux médicaments et à l’alcool qu’il aurait consommés avant les faits.

Une femme amputée de la jambe

Parmi la cinquantaine de parties civiles, une femme aujourd’hui âgée de 59 ans est la plus grièvement touchée. Elle se trouvait à Dijon pour des raisons professionnelles et a dû être amputée d’une jambe. Son témoignage a ému la salle et fait pleurer l’accusé. »Sa présence a fait basculer la cour d’assises vers une aggravation des réquisitions, elle a fait basculer le procès« , a estimé son avocat, Jean-Philippe Morel.

(Selon AFP)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Dans la catégorie

VIDEOS – Affaire Narumi : les détails de l’enquête dévoilés…

VIDEOS – Affaire Narumi : les détails de l’enquête dévoilés…

VIDEOS • Les investigations concernant l'assassinat fin 2016 à Besançon de l'étudiante japonaise Narumi Kurosaki, dont le corps n'a jamais été retrouvé, sont terminées et la France demande l'extradition du suspect chilien Nicolas Zepeda Contreras, a indiqué jeudi 10 octobre 2019 le procureur de Besançon Etienne Manteaux, qui dévoile les détails de l'enquête (voir vidéos ci-dessous).

La préfecture du Doubs demande l’arrêt complet de l’exploitation de la carrière de Semondans

La préfecture du Doubs demande l’arrêt complet de l’exploitation de la carrière de Semondans

Après le jugement du tribunal administratif de Besançon d'annulation de dérogation "espèces protégées" de la carrière de Semondans, la préfecture du Doubs met en demeure la SAS Maillard de régulariser sa situation administrative en cessant l'activité irrégulière ou déposant un dossier de demande d'autorisation environnementale. En attendant, le fonctionnement de la carrière est suspendu.

Affaire Narumi : la France s’apprête à demander l’extradition du suspect chilien

Affaire Narumi : la France s’apprête à demander l’extradition du suspect chilien

Le parquet de Besançon a finalisé une demande d'extradition du Chilien Nicolas Zepeda Contreras, principal suspect dans la disparition fin 2016 à Besançon de l'étudiante japonaise Narumi Kurosaki, qui sera transmise aux autorités chiliennes dans les prochains jours, a-t-on appris lundi de source judiciaire.

Haute-Saône : un aide-soignant soupçonné d’agressions sexuelles sur 13 personnes en Ehpad

Haute-Saône : un aide-soignant soupçonné d’agressions sexuelles sur 13 personnes en Ehpad

Un aide-soignant, écroué en juin pour agressions sexuelles et harcèlement sexuel sur quatre personnes dans un Ehpad de Haute-Saône, est suspecté d'avoir commis des faits similaires sur neuf autres victimes dans plusieurs établissements de la région, a indiqué ce jeudi 3 octobre 2019 le parquet.

Le tribunal de Dijon refuse le prénom « Jihad »

Le tribunal de Dijon refuse le prénom « Jihad »

Le tribunal de Dijon a annulé vendredi le prénom "Jihad" donné il y a presque un an par une mère à son nouveau-né, et que la justice considère comme ayant une "acception péjorative", a-t-on appris vendredi 27 septembre 2019 auprès du parquet.

Anesthésiste de Besançon : le docteur Péchier reste en liberté

Anesthésiste de Besançon : le docteur Péchier reste en liberté

La Cour de cassation a rejeté ce mercredi 18 septembre 2019 le pourvoi formé par le parquet général contre le maintien en liberté du Dr Frédéric Péchier, anesthésiste de Besançon soupçonné de dizaines d'empoisonnements, qui reste donc libre, a-t-on appris de source proche du dossier et auprès de son avocat.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

 14.33
ciel dégagé
le 14/10 à 0h00
Vent
3.4 m/s
Pression
1016.09 hPa
Humidité
80 %

Sondage