Européennes: le Rassemblement Nationale devance la liste Macron. Les Verts créent la surprise

Publié le 26/05/2019 - 21:21
Mis à jour le 26/05/2019 - 21:42

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Le Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen est arrivé en tête dimanche des élections européennes, devançant légèrement la liste soutenue par le président Emmanuel Macron, avec une troisième place surprise pour les écologistes, selon les premières estimations.

Près de 47 millions d’électeurs sont appelés à désigner les 79 eurodéputés français, soit cinq de plus qu’en 2014, après la décision du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne. Les cinq derniers élus devront toutefois attendre que le Brexit soit effectif pour siéger. Le Parlement européen compte au total 751 membres, élus par les quelque 427 millions de citoyens des 28 pays de l’Union.

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Le premier scrutin intermédiaire depuis le début du quinquennat, marqué par une participation nettement plus élevée que prévu, au-delà des 50%, confirme le duo de tête attendu. Mais il a été riche en coups de théâtre, avec la dégringolade des Républicains de Laurent Wauquiez – à un plus bas historique – et celle de la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon.

Selon les premières estimations, le mouvement d’extrême droite et sa tête de liste Jordan Bardella obtiendraient entre 23 et 24,2% des suffrages, proche de son score des européennes de 2014 (24,9%). La liste Renaissance pro-Macron menée par l’ex-ministre Nathalie Loiseau est elle créditée de 21,9% à 22,5%, légèrement en deçà du résultat d’Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle (24,01%).

L’entourage du chef de l’Etat a défendu un « score honorable ». Emmanuel Macron compte « intensifier l’acte 2 de son quinquennat » et ne fera « pas de changement de cap », a indiqué l’Elysée. Mais pour Marine Le Pen, le président « n’a d’autre choix que de dissoudre l’Assemblée nationale ». « Le pouvoir en place essuie un véritable échec. Ce soir c’est lui et sa politique qui sont rejetés », a fustigé M. Bardella.

« Vague verte »

Les écologistes d’Europe Ecologie-Les Verts sont la principale surprise du scrutin, en arrivant troisièmes selon les instituts, entre 12,5 et 13%, alors qu’ils étaient donnés sous les 10% par les sondages. « C’est une vague verte européenne dont nous sommes les acteurs« , s’est enthousiasmé sa tête de liste Yannick Jadot, faisant allusion à la percée des Verts allemands au-delà des 20%. Ses partisans criaient « Les gagnants de la soirée, c’est nous! »

L’ambiance était diamétralement opposée chez les Républicains. Emmenés par le philosophe conservateur François-Xavier Bellamy, ils tombent sous la barre des 10% (8% à 9% selon les sondeurs) soit le pire score de l’histoire de la droite et très loin du score de l’UMP en 2014 (20,81%). « La reconstruction sera longue et exigeante« , a reconnu Laurent Wauquiez, en accusant Emmanuel Macron d’avoir été « l’artisan de la progression » du RN.

L’échec est cinglant également pour la liste de la France Insoumise (LFI) qui navigue selon les estimations entre 6 et 7%, très loin du score réalisé par Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle (19,58%). « Décevant », a reconnu la tête de liste Manon Aubry.

Quant à l’alliance Parti-Socialiste-Place Publique menée par Raphaël Glucksmann, elle recueille également entre 6 et 7%, là aussi son plus mauvais score à des européennes, mais qui lui permet néanmoins de garder des eurodéputés.

Les autres listes (Debout la France, Parti communiste, Générations, UDI…) ont obtenu moins des 5% nécessaires pour envoyer des représentants au Parlement européen. Un nombre record de 34 listes, dont deux listes issues des « gilets jaunes » à 0,5% cumulé, concouraient à cette élection qui renouait avec une circonscription nationale unique.

Sur les 79 sièges dévolus à la France au Parlement européen, le RN obtiendrait entre 22 et 24 sièges, LREM/MoDem 21 à 23, EELV 12 à 13, LR 8 à 9, PS-Place Publique et LFI 6 à 7 sièges chacun.

La première surprise de ce scrutin a été la participation nettement plus forte qu’attendu malgré une campagne atone. Le nombre d’électeurs s’élèverait selon les instituts de sondage entre 51% et 54%, soit sept à dix points de plus que lors du dernier scrutin en 2014.

Revers pour Macron ?

Après six mois de crise des « gilets jaunes », la deuxième place de la liste Renaissance (LREM-Modem-Agir…) constitue un nouveau revers pour l’exécutif d’Emmanuel Macron et de son Premier ministre Edouard Philippe, qui s’étaient tous deux activement impliqués dans la campagne. Même si la majorité semble limiter les dégâts, au vu des premières estimations.

Le président avait affirmé le 9 mai qu’il allait « mettre toute (son) énergie pour que le RN ne soit pas en tête ». Le Premier ministre a pour sa part écumé une dizaine de meetings depuis début mai.

Depuis les premières élections européennes de 1979, la liste soutenue par le chef de l’Etat ne l’a emporté qu’à deux reprises (1979 sous Valéry Giscard d’Estaing et 2009 sous Nicolas Sarkozy). Sinon, elle a systématiquement été battue.

La liste Renaissance évite toutefois les récentes déroutes de partis au pouvoir, comme le PS en 2014 (14%).

Abstention en recul

La participation, au-delà des 50%, s’annonce comme la plus forte pour un scrutin européen depuis un quart de siècle (52,7% en 1994), voire depuis 35 ans (56,7%) en 1984, rompant avec l’érosion du vote lors des récents scrutins européens.

Près de 47 millions d’électeurs étaient appelés à désigner les 79 eurodéputés français, soit cinq de plus qu’en 2014, après la décision du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne. Les cinq derniers élus devront toutefois attendre que le Brexit soit effectif pour siéger.

Partout dans l’Union européenne, les résultats officiels ne seront publiés qu’à 23H00, heure de clôture du scrutin en Italie.

 

Partout dans l’Union européenne, les résultats officiels ne seront publiés qu’à 23h, heure de clôture du scrutin en Italie, avec les premières estimations prévues dès 20h.

Les Français semblent s’être bien plus mobilisés qu’en 2014 pour les élections européennes, avec une participation supérieure de huit à dix points, selon les estimations. Selon l’Ifop-Fiducial, elle sera de 54% des électeurs inscrits sur l’ensemble de la journée. Pour Harris-Interactvie/Epoka, la participation s’élèvera à 52,2%.

Comme dans 20 autres pays, les bureaux de vote ont ouvert ce dimanche 26 mai 2019 pour les élections européenne. En France, le ministère de l’intérieur a dévoilé le taux de participation de 17h : 43,29 %. Un chiffre en nette augmentation en comparaison aux précédentes élections. A la même heure, ce taux de participation était  35,07 % en 2017 et de  33,18 % en 2009. En Franche-Comté, il est de 44,94% et  oscille entre 44 % dans le Doubs (32,16% en 2014) à 46,77% en Haute-Saône : lire notre article

34 listes en France

Trente-quatre listes sont en lice, dont la moitié seulement émanent des partis traditionnels. Deux listes sont issues des « gilets jaunes ». Pour leur 28e samedi consécutif de manifestations, à la veille du scrutin européen, ils étaient environ 12.500 dans toute la France, selon le ministère de l’Intérieur, la mobilisation la plus faible de ce mouvement social.

Un envol des mouvements nationalistes et populistes est attendu, ce qui devrait faire perdre du terrain aux deux groupes les plus importants au Parlement européen, le Parti populaire européen (PPE, droite pro-européenne), actuelle première force, et le Parti socialiste européen (PSE). Droite et gauche se partagent le pouvoir de manière quasi ininterrompue depuis 1979 au Parlement de Strasbourg.

En France, pour ces premières élections intermédiaires du quinquennat d’Emmanuel Macron, la liste du RN pourrait devancer celle de LREM, avec une avance oscillant entre 0,5 et 2,5 points selon les sondages, très loin devant les autres listes.

Les Républicains espèrent ravir la troisième place avec 12,5 à 14% des suffrages. Les autres candidats ont plutôt peiné à émerger. Eparpillée en cinq listes (PCF, LFI, Générations, PS/Place publique, EELV), la gauche notamment est apparue plus divisée que jamais.

A la mi-journée, la participation aux élections européennes s’élevait à 19,26% en métropole, en hausse de 3,5 points par rapport à 2014, pour ce scrutin aux lourds enjeux y compris nationaux. En 2014, le taux à la mi-journée s’établissait à 15,70%.

Depuis 20 ans, moins d’un électeur sur deux se déplace en France pour élire les eurodéputés. Il y a cinq ans, le pourcentage de votants n’avait atteint en fin de journée que 42,4% pour la France entière.

La tendance est la même au niveau européen: si le Parlement n’a cessé d’accroître ses pouvoirs au fil des années, le scrutin est généralement marqué par une faible participation (42,6% en 2014), particulièrement spectaculaire à l’Est. La Slovaquie avait battu le record il y a cinq ans avec 13% de votants.

Les têtes de liste ont montré l’exemple, Jordan Bardella (Rassemblement national), à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Ian Brossat (PCF) Raphaël Glucksmann (PS/Place Publique), Nathalie Loiseau (La République en marche), Manon Aubry (LFI) et Yannick Jadot (EELV) à Paris et François-Xavier Bellamy (LR) à Versailles.

Emmanuel Macron a voté à la mairie du Touquet à la mi-journée en prenant tous les bulletins présentés, après s’être offert un bain de foule et serré plusieurs mains.

La présidente du Rassemblement national (RN) Marine Le Pen a voté dans son fief de Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), sans faire de commentaire.

Le vote est déjà terminé dans plusieurs territoires ultramarins, qui ont voté dès samedi. En Guyane, la participation s’est affichée en progression: 10,2% à 17H00 (contre 7,3% en 2014), tout comme en Martinique (10% contre 8%) et en Guadeloupe (12,10% contre 7,42%). En revanche, elle était en baisse à Wallis-et-Futuna (26,6% contre 38,7% en 2014), et en Nouvelle-Calédonie (16,2% contre 18,2%).

« Le vote c’est l’essentiel »

« Il est toujours utile de rappeler à nos concitoyens » que « dans une démocratie, le vote c’est l’essentiel », a glissé le Premier ministre Edouard Philippe, qui a fait son devoir civique au Havre, par un vote électronique.

 

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