Fusion des régions : les doutes du maire de Besançon

Publié le 10/07/2014 - 15:07
Mis à jour le 10/07/2014 - 19:21

S’il se dit favorable au changement, Jean-Louis Fousseret n’hésite pas à émettre de nombreuses réserves concernant la réforme territoriale qu’il juge « trop rapide, menée sans concertation »  et aux contours encore trop flous. « On est incapable de dire combien on va économiser et comment on va réformer ! » Sur la question de la future capitale, il déplore, tout comme la présidente de la région Franche-Comté, que le choix se fasse par décret. Il prône un partage des pouvoirs sur le pôle métropolitain Besançon – Dijon et la mis en place de TER Grande Vitesse. « Besançon ne sera jamais la banlieue de Dijon » prévient-il.

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Oui à la réforme territoriale… mais pas comme ça. C'est le résumé de la pensée du maire PS de Besançon qui dénonce à nouveau la méthode. Favorable à faire bouger les lignes pour "donner plus de cohérence à l'action publique et de lisibilité à nos territoires au niveau national, européen et international", Jean-Louis Fousseret souhaite une clarification de la réforme. "Si on veut véritablement un big bang, il doit-être fondé sur des éléments solides :  il faut un diagnostic de la situation et une étude d'impact…" 

"La réforme est vécue comme quelque chose que l'on nous impose et on prend le risque de passer à côté du sujet…" 

Le maire prendre l'exemple des hôpitaux de Besançon et Dijon "Quel sera demain l'impact de la fusion des régions sur les deux établissements aujourd'hui, ils travaillent ensemble et ça se passe bien, mais demain en matière de cancérologie par exemple, comment allons-nous nous organiser . On n' a pas réfléchi à ça." 

"Besançon ne sera jamais une banlieue de Dijon"

En plus du manque de pragmatique de la réforme, le mode de choix de la future capitale de "Franche-Comté / Bourgogne" ne passe vraiment pas pour le maire de Besançon. "Je ne peux pas accepter que si on ne se met pas d'accord entre nous on décide par décret avant le 1er juillet quel sera le chef-lieu. Les mariages forcés ça ne marche pas. Besançon ne sera jamais une banlieue de Dijon et je suis d'accord avec la présidente de région, il faut faire autre chose.  Et je l'ai déjà dit à la ministre et pas plus tard que cette semaine à Serge Morvan, le directeur général des collectivités locales. Ce n'est pas de la décentralisation c'est de la recentralisation…" 

Le choix d'une capitale unique repose, selon Jean-Louis Fousseret sur d'anciens schémas. Il prône volontiers un partage des pouvoirs autour des pôles métropolitains. "Entre Besançon et Dijon Il y a la possibilité d'une porte d'entrée vers la Suisse et vers l'île de France. Il faut jouer la complémentarité et inventer un nouveau mode de gouvernance. Pourquoi pas une répartition des rôles ? une capitale administrative à Besançon et une capitale politique à Dijon ? Ou inversement. Il ne faut pas avoir de complexes…" 

Le TER Grande Vitesse : "un élément indispensable de la réussite" 

Autre condition de la réussite pour l'édile bisontin : la mise en place à fréquence régulière de trains express régionaux à grande vitesse qui utilisent les infrastructures existantes pour relier les deux capitales en une demi-heure.   

Sur la question de la disparition des conseils généraux à l'horizon 2020- 2021, Jean-Louis Fousseret craint une perte de connexion avec le monde rural. "Est-ce que la région est le meilleur échelon pour l'action sociale ?  Je ne le pense pas. Et si on transfère ces compétences aux intercommunalités? Ce serait avec quels crédits ? Là encore, personne n'a encore prouvé la pertinence de la suppression des départements… " 

Politique

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