Inflation oblige, le Smic augmentera de près de 35 euros brut au 1er octobre

Publié le 16/09/2021 - 08:35
Mis à jour le 16/09/2021 - 08:35

Les salariés rémunérés au Smic toucheront près de 35 euros brut de plus au 1er octobre 2021, grâce à la revalorisation mécanique du salaire minimum due à l’inflation, une telle hausse en cours d’année liée à l’évolution des prix étant inédite depuis dix ans.

 © Geralt/Pixabay
© Geralt/Pixabay

La dernière hausse automatique du Smic due à l'inflation, hors 1er janvier, était de 2,1 % le 1er décembre 2011.

Actuellement de 1.554,58 euros brut par mois, le Smic sera porté à 1.589,47 euros, soit une hausse de 34,89 euros, selon un communiqué du ministère du Travail, publié à l'issue d'une réunion avec le groupe d'experts sur le Smic. Le Smic horaire brut devant passer de 10,25 à 10,48 euros.

Cette hausse est mécanique car le code du Travail (article L3231-5) prévoit que "lorsque l'indice national des prix à la consommation atteint un niveau correspondant à une hausse d'au moins 2 % par rapport à l'indice constaté" lors de l'établissement du Smic "immédiatement antérieur", le salaire minimum est relevé "dans la même proportion" le mois suivant.

  • Or les chiffres publiés mercredi par l'Insee montrent que l'indice des prix à la consommation a progressé de 2,2 % par rapport à novembre 2020, mois de référence pour la dernière revalorisation.

Comme chaque année, le Smic avait été augmenté au 1er janvier, de 0,99 %. L'année précédente, il avait été revalorisé de 1,2 % pour 2,25 millions de bénéficiaires, soit 13 % des salariés, selon la Dares.

  • Avec la hausse du 1er octobre, et sauf forte accélération de l'inflation à l'automne, la prochaine revalorisation au 1er janvier devrait être plus faible puisqu'elle sera calculée sur la seule évolution des prix entre août et novembre.

Chaque année, certains syndicats (comme la CGT qui revendique un Smic à 2.000 euros brut) demandent au gouvernement d'aller au-delà de la hausse automatique. Mais le dernier "coup de pouce" (de 0,6 % couplé à 1,4 % au titre de l'inflation de façon anticipée) remonte à juillet 2012, au lendemain de l'élection du socialiste François Hollande.

"Le compte n'y est pas"

Les gouvernements qui ont suivi se sont abstenus de toute hausse exceptionnelle, jugeant que cela nuirait à l'emploi des moins qualifiés.

Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a encore souligné la semaine dernière que "donner un coup de pouce (au Smic) c'était aussi donner un coup de canif au redressement de l'emploi". Il met en avant le fait que le gouvernement a déjà agi pour les bas salaires, par exemple en augmentant la prime d'activité.

Alors que la pression monte sur le sujet du pouvoir d'achat à sept mois de la présidentielle, l'exécutif préfère pousser aux négociations de branche et presser les entreprises d'augmenter les bas salaires.

Le Premier ministre Jean Castex a ainsi demandé la semaine dernière l'ouverture de négociations dans de nouvelles branches, dont l'hôtellerie-restauration et les industries agro-alimentaires.

Certaines ont déjà engagé des discussions, avec des accords conclus par exemple dans le commerce de détail (hausse des salaires de 1,5 % à 2 % selon les niveaux de qualification).

Pour les syndicats, qui mettent en avant les travailleurs de la "deuxième ligne", particulièrement exposés pendant la crise sanitaire, cette hausse automatique du Smic est insuffisante.

La CFDT estime que les "deuxième ligne" méritent ainsi "mieux qu'une hausse de 2,2 % du Smic". Les employeurs "à travers les négociations de branche, ont les cartes en main", affirme le syndicat, notant que "certains ne jouent pas le jeu". Et le gouvernement "peut intervenir pour éviter les propositions indécentes (...) en conditionnant le versement des aides publiques à un dialogue social de qualité".

Pour la CGT, "le compte n'y est toujours pas", après une augmentation "indécente" en janvier. Le syndicat souligne que la proportion des "deuxième ligne" au Smic est "très importante", sa revalorisation étant "donc fondamentale".

Yves Veyrier (Force ouvrière) a souligné de son côté sur Twitter que l'augmentation automatique "n'était que le rattrapage de l'inflation", revendiquant "un plan immédiat de revalorisation d'ensemble des emplois confinés aux bas salaires", dont les "deuxième ligne".

Tout en saluant une "bonne nouvelle pour les travailleurs", la CFTC a assuré qu'elle continuerait de "militer" pour un coup de pouce, tandis que François Hommeril (CFE-CGC) a estimé sur BFM business que si la hausse du Smic "a un impact positif sur les rémunérations dans leur ensemble, c'est une très bonne chose".

(Source AFP)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Economie

Okaïdi sollicite son placement en redressement judiciaire : 14 magasins concernés en Bourgogne Franche-Comté

Le groupe IDKIDS, propriétaire notamment de la marque de vêtements pour enfants Okaïdi, a annoncé mardi 27 janveir 2026 demander l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire pour ses activités en France. Le groupe y emploie environ 2.000 salariés. Quatorze magasins sont implantés en Bourgogne Franche-Comté.

Joël Baud au Sénat avec Pierre Hermé pour défendre les savoirs-faire pâtissiers français

Afin d’appuyer le dossier de candidature de reconnaissance des savoir-faire de la pâtisserie française à l’inventaire national du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, le pâtissier bisontin Joël Baud ira au Sénat ce mardi 27 janvier 2026. Il accompagnera le chef pâtissier-chocolatier Français Pierre Hermé. 

Un nouveau souffle pour le logement : un statut de bailleur privé ou “Dispositif Jeanbrun” prometteur

Le gouvernement confirme son engagement en faveur de la relance du secteur du logement avec l'introduction d'un nouveau statut pour les bailleurs privés. Ce dispositif, prévu pour entrer en vigueur dès la publication de la loi de finances 2026, représente un signal fort et positif pour les investisseurs particuliers et le marché immobilier.

“Tournerie et Tabletterie du Massif du Jura” : une nouvelle indication géographique industrielle et artisanale

La "Tournerie et tabletterie du massif du Jura" devient la 25e Indication Géographique Industrielle et artisanale. Elle a été officiellement homologuée par l’Institut National de la Propriété Intellectuelle (INPI) le 28 novembre dernier. Le lancement officiel a été effectué le 23 janvier 2026 à Moirans-en-Montagne dans le Jura.

France 2030 : une réunion du comité départemental de suivi pour faire le point sur le déploiement du programme en Haute-Saône

Le 20 janvier 2026, le comité départemental de suivi France 2030 s’est réuni, à la préfecture de la Haute-Saône, sous la présidence du secrétaire général adjoint, sous-préfet chargé de mission. Cette réunion a permis de faire le point sur le déploiement du programme France 2030 dans le département.

Quand les lunettes “made in Jura” d’Emmanuel Macron à Davos reflètent la rébellion à Trump

Si le Premier ministre canadien Mark Carney a reçu une standing ovation à Davos pour son discours contre Donald Trump, Emmanuel Macron a incarné la contre-offensive face au président américain, symbolisée à son corps défendant par ses lunettes de soleil fabriquées par la maison Henry Jullien basée à Lons-le-Saunier dans le Jura.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 4.73
nuageux
le 29/01 à 18h00
Vent
1.23 m/s
Pression
1001 hPa
Humidité
84 %