Internet a 50 ans. Qu'est devenu le web ?

Publié le 30/10/2019 - 11:09
Mis à jour le 30/10/2019 - 11:12

Le 29 octobre 1969, le professeur Leonard Kleinrock et ses collègues de la célèbre UCLA (Université de Californie à Los Angeles) ont fait « parler » un ordinateur avec une autre machine, située dans une région qui allait devenir la Silicon Valley (sud de San Francisco). Mais l’enthousiasme des débuts a été entamé par les conséquences néfastes et inattendues de cette innovation – l’ancêtre d’internet.

 © Libre de droit
© Libre de droit

« Je n’avais pas du tout vu venir l’aspect +réseaux sociaux+. Je pensais faire communiquer les gens avec les ordinateurs, ou les ordinateurs entre eux, mais pas les gens entre eux », raconte M. Kleinrock, qui aura 85 ans en juin.

Pour marquer les 50 ans de l'événement, le professeur ouvre un nouveau laboratoire consacré à internet, censé aider à lutter contre les problèmes imprévus qui ont surgi avec l'adoption du réseau à grande échelle.

Quelque 4 milliards de personnes dans le monde utilisent désormais le réseau, qui, croyait-on, allait apporter l'égalité et la connaissance à la majorité.

"En un sens, c'est une invention très démocratique", remarque-t-il."Mais elle recèle aussi une formule parfaite pour le côté sombre de l'humanité. (...) Il y a tellement de choses criées en ligne que les voix modérées se retrouvent noyées et les points de vue extrême, amplifiés, répandant la haine, la désinformation et les abus", constate-t-il.

"En tant qu'ingénieurs nous ne pensions pas aux comportements malveillants." Le nouveau "Connection Lab" ("labo de connexion"), se penchera sur des sujets tels que l’apprentissage automatisé des machines, l'intelligence artificielle, les réseaux sociaux, l'internet des objets ou encore la blockchain, une base de données décentralisée et sécurisée, qui permet une traçabilité réputée inviolable.

"Réseau de réputations"

Leonard Kleinrock s'intéresse tout particulièrement à la possibilité d'utiliser la blockchain pour servir de mesure de confiance. Les internautes pourraient par exemple savoir, en lisant une critique de restaurant, si son auteur a publié des articles considérés comme fiables jusqu'à présent.

"Ce serait comme un réseau de réputations constamment à jour", détaille le professeur. "Le défi c'est comment y arriver de manière éthique et responsable. L'anonymat est une arme à double tranchant, évidemment". Selon lui, dans les premiers temps, la sérénité du réseau n'était contrariée que par des hackers (pirates informatiques) solitaires.

Alors que désormais les agents perturbateurs comprennent les Etats-nations, le crime organisé et des corporations puissantes qui font de "grandes et mauvaises choses", comme réaliser des profits en portant atteinte au respect de la vie privée.

Leonard Kleinrock regrette le manque de fibre sociale des scientifiques de l'époque, qui n'ont pas anticipé la nécessité d'intégrer des outils d'authentification des personnes et des données, dès la fondation d'internet.

"Nous n'aurions pas évité la face obscure du réseau, mais nous aurions pu en atténuer l'impact que tout le monde ressent bien aujourd'hui".

Il garde tout de même une part d'optimisme. "Je crois tout de même qu'au final les aspects positifs l'emportent. Je n'éteindrais pas internet, même si je le pouvais."

Quel genre de monstre ?

A l'origine, le projet s'appelait "Arpanet", du nom de la branche de recherche de l'armée américaine qui le finançait, la "Defense Advanced Research Projects Agency", fondée en 1958.

Les ingénieurs avaient trouvé le moyen de transmettre des données par les ordinateurs en les cassant en plusieurs "paquets numériques".

Le 29 octobre 1969, un étudiant de UCLA commence à taper le mot "LOG" ("connexion"), pour établir le lien avec l'ordinateur à distance. La lettre "L" passe, mais la machine plante juste après la lettre "O".

"Du coup le premier message transmis a été +LO+, comme dans +Lo and behold+ (une expression qui signifie +Et voilà que...+)", relate Leonard Kleinrock. "Nous n'aurions pas pu mieux rêver comme premier message succinct".

L'Arpanet était né. La création d'internet, elle, reste le sujet de débats brûlants, car c'est le résultat de plusieurs étapes, comme les protocoles d'acheminement des données ou la création du "World Wide Web" avec le système de pages en ligne.

"La question à 1 milliard de dollars, c'est quel genre de monstre internet est-il devenu ?", demande Marc Weber, commissaire au Computer History Museum de la Silicon Valley. "Il s'est imposé comme le moyen de communication par défaut des humains, ce n'est pas rien", constate-t-il. "Internet a fait plus de bien que de mal", tempère Olaf Kolkman de l'Internet Society, qui voit dans le réseau de 50 ans un "adolescent turbulent".

(AFP)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Société

“La question n’est pas uniquement la défense des droits, mais aussi leur promotion” (Amnesty International)

Du 17 au 20 mai 2024, l’hôtel de Ville de Besançon accueille l’exposition "We want to break free*". Elle sera ensuite déplacée à la médiathèque Pierre Bayle jusqu’au 1er juin. Sébastien Tüller, responsable de la commission orientation sexuelle et identité de genre d’Amnesty International, nous en parle…

Le tourisme et le commerce bisontin au coeur du prochain conseil municipal de Besançon

Au coeur des sujets du prochain conseil municipal, le tourisme et l'activité commerciale de la Ville de Besançon seront abordés comme thème principaux ce jeudi 15 mai 2024. En conférence de presse, la Ville a dressé le bilan des derniers chiffres de la saison touristique et du commerce bisontin. 

À Besançon la boutique “L’air de rien” ferme ses portes

Ce mercredi 15 mai 2024 les autocollants "déstockage massif" et "avant cessation d’activité" sur la vitrine de la boutique bisontine L’air de rien interpellent. Située au 8 rue des Granges, la boutique avait reçu en 2023 le prix du meilleur commerce indépendant de Bourgogne – Franche-Comté mais s'apprête pourtant à baisser définitivement le rideau.

Journée prison morte : mobilisation des agents pénitentiaires après l’attaque mortelle d’un convoi

L’intersyndicale appelle ce mercredi 15 mai à un blocage national après l’attaque d’un convoi pénitentiaire hier dans l’Eure dans laquelle deux agents sont morts et trois autres ont été gravement blessés. Une minute de silence sera également observée à 11h. 

Sondage – Allez-vous assister au passage de la flamme olympique dans le Doubs ?

Alors que les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 débuteront le 26 juillet prochain, la flamme olympique elle, a d’ores et déjà fait son arrivée le 8 mai dernier sur le sol français. Son parcours s’accompagne généralement d’événements et autres animations dans les villes étapes. Dans le Doubs et plus particulièrement à Besançon, son arrivée est prévue le 25 juin 2024, avez-vous prévu de vous déplacer pour voir le passage de la flamme olympique ? C’est notre sondage de la semaine.

La marche militante des fiertés, c'est ce samedi dans les rues de Besançon

À l’occasion de la journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie, le Collectif 17 mai, dont l'assocaition Nouvel Esprit, organise cette année encore une marche militante qui se tiendra samedi 18 mai à Besançon. Après avoir atteint la barre des 1.000 manifestant(e)s en 2023, l'organisation veut passer celle des 1.500 personnes mobilisées.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 9.68
couvert
le 20/05 à 0h00
Vent
1.35 m/s
Pression
1011 hPa
Humidité
94 %